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I. Mot polonais qui veut dire seulement

LA BACE SLAVE

Tous ces groupes, en dépit de leurs différences, ont le sentiment d'appartenir à une seule nation, surtout depuis que l'oppression russe et allemande a surexcité chez eux l'idée de la nationalité et de l'union. Seuls les Mazoures de Prusse, que leur religion luthérienne sépare de la masse catholique, se rapprochent des Allemands. Ils parlent polonais, mais ils se sentent Prussiens et réalisent les espérances exprimées par les hommes d'Etat de Berlin, notamment les ministres Studt et Armim. Un publicisté allemand, Tetzner^ a dit d'eux^ : « Le Mazoure évangélique est Prussien de corps et d'âme et se sépare absolument du Polonais catholique. »

J'ajouterai ici quelques considérations relatives à l'anthropologie du type polonais.

Le type des gorals ou montagnards se distingue tout particulièrement de celui des habitants de la plaine. Les Gorals sont de taille moyenne (i°',68i), de teint généralement clair ou mixte. (Talko Hryncewicz considère le type clair comme le type polonais primitif.) Ils sont surtout brachycéphales (entre 80,5 et 82,3). Quand on s'éloigne des Karpates pour monter vers le nord, la brachycéphalie fait place à la dolichocéphalie.

Les brachycéphales représentent en Galicie 83 p. 100, dans le département de Lublin

1. Tetzner. Sh-veii in Deiitsclúand, p. 133. Récemment une revae mazoure imprimée en caractères gothiques, mais écrite en polonais, affirmait ses sympathies pour la France. Tr.

LES POLONAIS

78 p. 100 chez les nobles, et 59 p. 100 chez les paysans, dans le pays de Sandomir 77 p. 100, à Plock, chez les nobles 78 p. 100, 54 p. 100 chez les paysans, à Lomza 68-63 p. 100, à Varsovie 57 p. 100.

Le Goral représente donc un type spécial chez les Polonais, comme chez leurs voisins les Russes. Le teint est plus clair en général chez les Polonais de Galicie, que chez ceux de Varsovie.

Mais les proportions sont tout autres à l'est. Le type le plus pur est le type galicien ; les types de Lomza et de Lublin sont très mêlés. D'autre part, les recherches anthropologiques ont constaté un phénomène intéressant, c'est que la noblesse polonaise diffère beaucoup du tvpe rural ; elle offre plus de brachycéphales, une taille plus haute, plus rarement des yeux clairs. Ce qui semble en partie confirmer la théorie qui lui attribue une origine particulière.

D'après Talko Hryncewicz le prototype polonais, c'est le montagnard des Karpathes.

Plus on s'éloigne de cette région, plus le type se transforme et accuse des mélanges. Voici encore un détail intéressant. D'après les dernières recherches d'A. Ivanovsky, les Polonais offrent au point de vue physique beaucoup d'affinité et de ressemblance avec les Grands-Russes. Ceci est intéressant au point de vue de la question des rapports des Grands et des Petits- Russes.

I 15. — Le groupe polonais le plus excentrique est constitué par les Kachoubes et les Slowiency de la Leba. Beaucoup d'ethnographes les détachent des Polon lis et les rattachent aux Slaves de Poméranie (A. Hilferding, Zubat}^ Ramult et Beaudouin de Courtenay). L'origine polonaise est soutenue par L Karlowicz, Briickner, Krynski, etc.. Lorentz voit dans les Slowiency une branche indépendante à la fois des Kachoubes et des Polonais.

Nous avons décrit grosso modo le territoire occupé par les Kachoubes. D'après les travaux de Al^L Ramult et Nadmorski il s'étend sur la rive gauche de la Vistule inférieure. Il est borné par une ligne qui va de Kamien (Kamin) par Czluchowo (Schlochau) Ferstnowo (Forstenau) vers Starzyn (Starsen) et de la par Bytow (Butow), Lemborg au lac de Zarnow. Le long du fleuve la frontière court vers Dantzig et de là tout droit par Skarszewy (Schœneck), Leng, vers Kamien.

De ce noyau principal se détache un petit îlot compact qui se trouve sur les bords du lac Lebo à l'embouchure de la Leba et de la Lupa.

A côté du nom de Kachoubes, dont on ne connaît pas l'origine, on rencontre vers l'est des noms spéciaux : Karwatcy, Pomarency, Lyczacy, Kociewiacy, Borowiaci, Krajniacy et, sur le lac Lebo, ceux de Kabatcy, Lesacy, Belocy. Mais le plus curieux est celui de Slowiency qui

LES POLO y AI S

remonte évidemment aux temps anciens et qu'on trouve déjà en 1586.

Les Kachoubes sont peu nombreux. D'après une statistique officielle de 1900 ils étaient au nombre de 100.213.

D'après une statistique antérieure de Ramult, il y en avait 174.831 dans leur territoire, au total en Europe 200.000 et 130.000 en Amérique (Etats-Unis, Canada, Brésil.) Au point de vue de la religion, la majorité est catholique. On ne compte que 6 p. 100 d'évangéliques parmi les Slowiency.

Les Kachoubes sont bien peu nombreux. Mais il n'y a pas lieu de désespérer de leur avenir ; car d'une part ils vivent dans une région isolée près de la mer, d'autre part ils sont en rapports constants avec l'élément polonais qui les aide à se maintenir.

i^ Sn ^

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