‹ La race slaveChapitre 29 sur 43 · LES SKIÎBES DE LUS ACE · texte numérisé non relu

LES SKIÎBES DE LUS ACE

1 16.810 âmes, et, si on rectifie ce chiffre d'après les évaluations de Parczewski, de Swjela et de Muka, on obtient environ 156.000 âmes, chiffre lamentable pour un peuple entouré et pénétré de tous côtés par la mer allemande. Ce qui favorise la germanisation, c'est la dépendance où les Serbes sont des Allemands au point de vue économique : le service militaire, la prédication allemande, Tabsence d'une classe intellectuelle, l'isolement complet. Les Serbes qui se défendent le plus énergiquement, ce sont ceux de la Haute- Lusace, dont le centre intellectuel est à Bautzen (Budysin). En Saxe, sur 297 communes dites wendes ^ d'après le recensement de 1900, il y en a en tout 225 avec une majorité slave^ et de purement slaves 7 seulement.

Nous n'avons pas d'autres données sur les Lusaciens, ni sur leur émigration. Il y a, paraît-il, des colonies en Amérique (en particulier dans le Texas Serbin, qui rappelle le nom de la nation, Giddingswenden, West, Yewa, Warda,Burleson) dont les habitants ont quitté l'Europe vers la moitié du siècle dernier, et qui conservent encore la tradition nationale. Il y en a aussi en Australie ( à Angerspark, à Adélaïde près de Melbourne). Elles sont d'origine plus récente.

Les Serbes sont en grande majorité luthériens ; il y a 15.000 catholiques qui vivent en grande partie aux environs de Budysin (Bautzen).

I. Les Serbes de Lusace s'appellent, en allemand, Wenden. (Tr.)

% 19. Différenciation. — Bien qu'ils ne soient qu'une bien petite nation les Serbes n'ont pas Tunité linguistique. Entre les idiomes de la Basse et de la Haute-Lusace, la différence est telle que les gens du peuple ont de la peine à s'entendre et que beaucoup de linguistes ont reconnu deux langues distinctes. Il y a en effet deux langues littéraires fondées sur les deux dialectes les plus éloignés, (celui de Kottbus et celui de Bautzen) et deux littératures. Cette dualité crée un grave péril, d'autant plus 'que les deux fractions sont divisées au point de vue politique. Kottbus appartient à la Prusse et Bautzen à la Saxe. En dehors de la langue, les deux groupes lusaciens diffèrent à beaucoup de points de vue pour ce qui concerne la vie domestique et le costume. D'après Muka la frontière des deux pays courait autrefois de Zahar. (Sagan) sur la Bobra par Muzakov, Grodk, Kolany, Kupsk (Muckenberg), Wikow (Elsternverda) vers Bielagora (Belgern) sur l'Elbe, et elle est restée conforme à cette ligne pour ce qui concerne la population serbe.

LES TCHÈQUES ET LES SLOVAQUES

I 20. Introduction HISTORIQUE. — Les Tchèques eux aussi appartiennent à la branche occidentale, ainsi que les Slovaques qui, à plus d'un point de vue, peuvent être considérés comme ne formant avec eux qu'une nation, bien que la destinée les ait déjà bien séparés et doive selon toute apparence élargir encore cette séparation.

Ces deux branches sont issues d'un centre commun, qui, à côté du centre polonais et polabre, se trouvait quelque part au nord des monts Sudètes et atteignait peut-être la Moravie; c'est de cette région que les ancêtres des Tchèques et des Slovaques vinrent dans les régions où l'histoire constate leur existence.

Ils y vinrent du nord, peut-être tous ensemble d'un seul coup, peut-être à diverses époques. I s textes n'en savent rien ; Tarchéologie, en admettant le caractère slave et particulièrement tchèque des tombes à incinération du type lusacien, peut seulement conjecturer que la Bohême et la Aloravie auraient été occupées avant la moitié du premier siècle antérieur à l'ère chrétienne.

Le berceau des Tchèques et des Slovaques se trouverait donc plus au nord mais, en tenant compte des données archéologiques, on peut dans me certaine mesure les regarder comme étant des autochtones en Bohême et en Moravie. On peut en dire autant de la branche établie en Hongrie. Le D'" Czambel s'est plu à affirmer dans ces derniers temps que les Slovaques ne sont pas venus avec les Tchèques, qu'ils sont venus "à part et d'une autre région, du sud-est, tout cela pour démontrer que les Slovaques n'appartiennent pas au groupe occidental, mais au groupe méridional. Mais cette théorie manque de base au point de vue historique et philologique. La parenté linguistique montre sans conteste que les Tchèques et les Slovaques appartenaient au même groupe que les Serbes de Lusace, les Polonais, les Polabes, et qu'ils opérèrent leur njii^i ation en même temps qu'eux.

Les Tchéco-Slovaques, après avoir franchi les Sudètes et les Garpathes, s'établirent d'abord au nord de la Bohême, de la Moravie et de la Slovaquie hongroise; au sud étaient établies des tribus gauloises, illyro-thraces, plus tard aussi les peuples germaniques des Marcomans et des Quades; après le départ de ces allogènes les Slaves s'étendirent non seulement sur tout le territoire où ils sont établis aujourd'hui, mais encore bien plus loin au sud. Ceci s'applique aux Tchèques de Bohême et de Moravie et aussi aux Slovaques de Hongrie ; ces derniers ont encore de nombreux

LES TCHEQUES ET LES SLOVAQUES

îlots dans les comtats d'Esztergom, de Budapest, au sud dans ceux de Bars et de Nograd et des indications positives attestent que primitivement ils s'étendaient beaucoup plus vers le sud dans des régions où ils se rencontraient avec des colonies Slovènes et bulgares.

A l'est, il est difficile de déterminer les anciennes frontières. La délimitation par le Vag, le Hron et la Tepla ne repose que sur des hypothèses. Nous savons cependant que la frontière de ce temps-là n'allait pas aussi loin qu'aujourd'hui — presque jusqu'à la Tisza. Car la plus grande partie des Slovaques occidentaux se compose de Russes assimilés à l'époque historique. Au nord les Gorals (Montagnards) Polonais avaient pénétré à travers les montagnes dans les régions de Trencsin, d'Orava et de Spies. Au nord la frontière suivait les monts Sudètes (les régions de Sluknov et de Friedland étaient serbes ^ et constituaient le district de Zagozd). Dans la Silésie, la région de l'Opava était tchèque. A Touest, les Tchèques, au xif siècle, d'où date leur histoire écrite, poussaient des pointes à travers les monts de Bohême (Bœmerwald, en tchèque Šumava) jusqu'en Bavière, au sud jusqu'au delà du Danube. Jusqu'où allèrent-ils dans la Pannonie ? Y ont-ils même été établis, eux ou les ancêtres des Slovaques? On ne peutledéter-

I. Il s'agit, bien entendu, des Serbes de Lusace ; voir le chapitre précédent. Trad.

LA HÁCE SLAVE

miner avec précision. Suivant toute vraisemblance, ils allaient au moins jusqu'au lac Balaton, ainsi que l'atteste l'histoire des princes Pribina, Kocelet Svatopluka

De même que les autres peuples slaves, les Tchèques ne formaient pas au début une seule nation. Au début de l'histoire nous savons peu de chose de la situation intérieure en Hongrie, et en Moravie. Il paraît cependant vraisemblable que les divers groupes qu'on rencontre encore aujourd'hui, les Tchèques proprement dits, les Hanaks, les Lahs, les Slovaques et les Valachs existaient dès ce moment-là. Seulement nous ne savons pas où était la frontière des Tchèques et des Slovaques: était-elle sur la Moravie inférieure et moyenne, comme le veut Schaffarik, ou plus loin à Test ?

Nous en savons plus sur les Tchèques ; au x^ et au XI- siècle, en laissant de côté les forêts limitrophes de l'Allemagne, nous voyons apparaître chez eux toute une série de tribus : au nord à partir des sources de TOharka en allant vers l'est, les Sedlicany, Lucany, Lemuze. Deczany, Litoměřice, Pšovany, Charváty (Tchèques?), au centre les Tchèques, auprès d'eux les Zliczany et au sud dans le pays de Budiejovice (Budweiss) les Dudièbes.

Parmi toutes ces tribus, la plus nombreuse et

I. Sur ces personnages, consulter mon ouvrage sur Cvrilh et MétJiode (Paris, librairie Franck, 1 868).

LES TCHEQUES ET LES SLOVAQUES

la plus forte fut bientôt celle des Tchèques ; grâce à leur situation centrale ils dominèrent bientôt les autres tribus et les fondirent en un peuple unique. Dès le ix^ siècle leur nom est employé pour désigner tout l'ensemble des tribus.

Ainsi se forma cette nation. Établie à la ligne de partage des eaux du nord et du sud, près des sources de grands fleuves, protégée par des murailles naturelles, elle se développa dans des conditions excellentes. Et, sans les fautes de ses princes, qui parégoïsme portèrent des coups graves à sa prospérité et à son avenir, l'histoire de cette nation eût été tout autre et elle occuperait aujourd'hui dans le monde slave une autre situation que celle qui lui appartient.

Ce qui lui porta un coup terrible, ce fut la. colonisation allemande en Bohême et en Moravie. Au sud, les Allemands s'avancèrent d'euxmêmes le long du Danube ver l'Orient, refoulant les Tchéco-Slovaques établis dans cet région. C'était là un mouvement tout naturel et qui n'aurait jamais fait grand mal au développement de la nationalité tchèque, attendu que sur la Litava (Leitha) les Allemands se seraient bientôt heurtés aux Magyars.

Ce qui fit surtout du tort aux Tchèques, ce fut la colonisation allemande appelée dans le pays par les princes nationaux delà dynastie des Premyslides, Přemysl Otakar I (i 197-1230), Vacslav I (1230-1253; et surtout Přemysl Otakar II (1253 1 278) et leurs successeurs ; la noblesse et le clergé,

notamment les moines, suivirent leur exemple. Par suite de cette colonisation, l'élément tchèque se trouva bloqué dans l'intérieur du pays par une ceinture de villes et de bourgs allemands, ceinture qui se resserrait sans cesse; d'abord sous les Monts métalliques et le Bœhmerwald, puis sur l'Elbe inférieur, puis dans le pays de Liberec (Reichenbach), Trutnov, Kladsko (Glatz) et dans la région des monts Jeseniky (Gesenke). En outre des groupes allemands s'établirent à l'intérieur du pays. A dater du xiiť siècle la Bohêû.e et la jMoravie devinrent des pays bilingues.

Au point de vue du territoire la zone allemande ne fut ni large ni compacte ; elle se constitua surtout dans les parties défrichées des forêts de l'ouest et du nord-ouest.

Au xiv^ siècle, suivant le professeur Sedlaczek, la frontière des nations en Bohème partait de Kynwart vers Zdar, Kralupy, Chomutov (Komotau) qui était allemand, vers Most, puis vers D'jchcov et Dieczin. Bilin etTeplitz étaient encore tchèques. Puis la frontière passait à Benešov qui était allemand, à Jablonna, franchissait le mont lestied et atteignait les sources de la Jizera. Dès le xiv^ siècle Liberec (en ail. Reichenberg) était allemand. Les Allemands étaient établis dans les montagnes au delà de Vrchlaby (aujourd'hui Hohenelbe) qui était encore tchèque. Pilnikov, Trutnow, Zacler, Staré Buky étaient déjà allemands. Starkov restait tchèque, mais la région de Broumov, et le pays de Kladsko

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étaient germanisés. Olesnica et Rokytnice étaient tchèques. Au delà de Policzka et de Litomyšl la situation était ce qu'elle est aujourd'hui. A Německy Brod il- y avait une île allemande ; Jindřichův Hradec était mixte, ainsi que Budějovice (Budweiss). Krumlov et Prachatice étaient mixtes; les monts Kasperk étaient allemands ; dans la région de Domažlice la frontière était tchèque. Klatovy était mixte, Tachov allemand.

On connaît mxoins bien la pénétration allemande en Moravie et en Silésie. Dès le xiif siècle on voit en Moravie des villes fortifiées en grande partie allemandes. Dans beaucoup de villes, notamment à Brno (Briinn) et à Olomouc, à dater du xiiť siècle se développe une bourgeoisie allemande. Les ordres religieux et le clergé contribuèrent à appeler les Allemands, notamment l'évèque Bruno que l'on a appelé le plus grand germanisateur de la Moravie. Dans le pays de Teschen la frontière tchéco-polonaise était dès le xiv° siècle ce qu'elle est aujourd'hui.

La Slovaquie appartenant à la Hongrie ne fut pas épargnée par l'invasion germanique. Dans la partie septentrionale — peut-être slovaque — la Pannonie, la germanisation commença à pénétrer dès le ix^ siècle, ainsi que nous l'atteste un texte célèbre de 850 : Conversio Bagoiaronim et Carantanoynim. Dans le nord de la Hongrie, dès le xnVsiècle, les régents durant la minorité de Geza n (1141-1161) appelèrent un grand nombre d'Allemands dans le comitat de Spiess pour faire

contrepoids à l'attraction que la Pologne exerçait sur le comitat de Zvolen (magyare Zolyom). Suivant l'exemple de ces premiers colons les Allemands, à dater du xiii^ siècle, pénétrèrent par l'ouest dans les comitats de Pressbourg et de Nitra, par le sud dans ceux de Bars et de Honta où on ne les rencontre pas avant cette époque. Cette immigration se renforça particulièrement après l'invasion tatare de 1241. La Hongrie avait été ravagée et les rois, — notamment Bela IV — demiandaient de nouveaux colons. Ainsi, à la fin du xv^ siècle et dans la première moitié du xvf siècle, il n'y avait pas dans les pays slovaques de commune où quelque famille allemande ne fût établie. Le centre et la base des colonies allemandes à côté des villes de Spiess, c'était l'association des villes minières avec Kremnitz à leur tête. Les sources mentionnent en premier lieu Krupina, en 1238, puis Banská Bystrica en 1255 et Německé Pravno en 1267. Cet état de choses dura jusqu'à la fin du xvi^ siècle et au commencement du xvif. Deux lois promulguées par la diète en 1563 et en 1605 mirent fin aux privilèges des villes allemandes et à l'intrusion germanique- A dater de cette époque les Allemands du nord de la Hongrie furent tour à tour slovaquisés ou magyarisés. 1 Parmi les villes redevenues slovaques on peut citer Pukanec, Nova Bania, Bela, Lubietova et en grande partie Stiavnica et Banská Bystrica.) A côté de la pénétration des régions frontières

LES TCHÈQUES ET LES SLOVAQUES

en Bohême et en Moravie il faut signaler, à dater du xin® siècle, l'influence de Félément allemand sur rintérieur du pays, sur les coutumes, sur la langue. L'allemand prend presque le rôle d'une langue officielle; les habitants allemands reçoivent des privilèges. A la cour, chez les nobles, dans les villes, la langue allemande joue un tel rôle que des patriotes comme DalimiP commencent à redouter la ruine de la langue bohème. Au commencement du xiv' siècle les choses étaient allées si loin qu'au couronnement du roi Jean en 131 1 la plus grande partie du peuple chantait en allemand et la minorité en tchèque. Sous Charles IV et son fils Vacslav une réaction se fit au profit de l'élément slave. La noblesse et le clergé s'}^ intéressèrent. Cette évolution eut son couronnement dans les guerres des Hussites qui luttaient tout ensemble pour la foi et la nationalité tchèque. Les Allemands perdirent leurinfluence dans les villes oufurent entièrement chassés ; la langue tchèque reprit sa place : parmi les villes qui se slavisèrent on peut citer Zatec (Saaz), Litoměřice (Leitmeritz), Usti sur l'Elbe (Aussig), Králové Dvor, Jaromer, Králové Hradec, Německy Brod, Czaslav, Kutna Hora, Pelhřimov, Sušice, Budéjovice, Kaplice, Stribro ct Pilsen étaient déjà tchèques à la fin du xiv" siècle.

T. J'ai depuis bien longtemps signalé l'importance de ce ch queur. Voir Ma Bohême pittoresque et historique (Paris, 1867).

roni-

LA BACE SLAVE

A ce moment, en Bohême, en Moravie, en Sibérie, la langue tchèque devient officielle. Elle est proclamée la seule langue de l'administration à Opava (Troppau) en 1431, à Tésin (Teschen) en 1434, en Moravie en 1480, en Bohême en 1495. En somme, dans le courant du xv^ siècle la Bohême et la^Ioravie se tchéquisèrent rapidement, la conscience nationale se fortifia, d'autant plus que le germanisme s'affaiblissait dans l'intérieur du pays et dans les pays frontières. Néanmoins cette époque si brillante n'eut pas d'effets durables. Dès le xv^ et xvf siècle une partie du territoire tchèque fut de nouveau germanisée par suite de l'introduction du protestantisme et des efforts de la nouvelle dynastie. Puis vint une longue période de guerres et de persécutions qui désola des régions tout entières et alors les colons allemands arrivèrent de nouveau de la Misnie, du Voigtland, de la Franconie et du Paîatinat. Ainsi, au moment même où la langue tchèque était officielle dans le royaume, où la littérature tchèque était florissante, une grande partie du sol tchèque était perdue.

Yini la défaite de la Montagne Blanche (1620) et les événement douloureux qui mirent la nation tchèque aux mains d'une dynastie allemande et absolue. En 1627 une nouvelle organisation fut imposée au pays, l'allemand acquis une importance qu'il n'avait jamais eue jusqu'alors. La Bohême se trouva engagée dans une série de guerres, de misères et de souffrances qui abaissè-

LES TCHÈQUES ET LES SLOVAQUES

rent au dernier degré le nombre et l'énergie de la nation tchèque et la livrèrent en proie aux immigrés dont le nombre augmentait chaque jour. Beaucoup de familles qui conservaient fidèlement la tradition nationale émigrèrent, beaucoup périrent, beaucoup changèrent de nationalité. D'immenses domaines furent confisqués et passèrent aux mains des étrangers. Beaucoup de familles allemandes protestantes des plus distinguées durent aussi quitter le pays.

Ainsi, au xvi^ et au xvii^ siècle, la population allemande s'accrut et la ceinture germanique qui enserrait la Bohême s'élargit. A ce moment les Tchèques perdirent au nord les régions de Zlutice (Luditz), de Zatec (Saaz), où pourtant la langue tchèque se maintint jusqu'à la fin du xvii** siècle, puis celle de Postoloprty^ (Postelberg), Teplice (Teplitz),Usti (Aussig),Bilin, Lovosice (Litoměřice ne fut germanisé . qu'au xvuf siècle), Geska Duba, Steti, Mimon, Vartemberk. Au nord-est ils perdirent les districts de Rokytnice, Vrchlaby. Hostinný, à l'ouest ceux de Primda, Hostoune, Ronsperk, Horsova Tyna, Straže, Bor, Plane, jusqu'àManetin. Le pays allemand, tel que le décrivait dans les années lógg-iyoi le pèlerin tchèque Antonin Frozin, est à peu près identique au pays allemand d'aujourd'hui. D'après les travaux de Slavik, on peut en dire autant de la

I. Ce nom vient tout tout simplement du latin Apostolorum Porta. Tr.

Moravie à la fin du xvii^ siècle. Dans les deux cent cinquante dernières années il y a cependant eu quelques modifications au nord de la Moravie. Les villes d'Usov, Unczov, Zabreh et Silperk se sont germanisées.

D'autre part, chez les Tchèques la langue nationale et, avec elle la conscience nationale, s'e'vanouissaient de plus en plus sous la pression gouvernementale. La noblesse, la classe intelligente, la bourgeoisie cédaient tour à tour. Au xviiť siècle les patriotes désespéraient absolument de Tavenir.

En 1790 Pelcel disait que dans cinquante ans il serait bien difficile de trouver un Tchèque ; en 18 10 Dobrovský écrivait à Kopitar la fameuse lettre: « Causa gentis nostra^, nisi Deus adjuvet, plane desperata est )j. Et encore en 1827 Jungmann dans un moment de découragement laissait échapper ce cri douloureux : « Nous avons eu cette triste destinée d'être les témoins et les complices de l'anéantissement définitif de notre langue maternelle ».

Et cependant quelques hommes réussirent à réveiller la nation, à sauver ce qui pouvait être sauvé. L'histoire delà littérature tchèque depuis la seconde moitié du xvnť siècle nous montre de manière admirable l'œuvre qu'a su accomplir un petit groupe d'hommes obscurs mais passionnés, enflammés pour une grande idée.

Réveillés par les progrès du libéralisme en Europe, par le Josephinisme, ils réussirent à

^ IIO ^

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ressusciter l'étude de la nation, à secouer la torpeur du peuple, d'abord chez les humbles qui avaient conservé la langue, puis dans la classe intellectuelle. Ce peuple tchèque dont l'existence semblait douteuse il va cent ans, dont le pédagogue viennois Kindermann von Schulstein avait, en se fondant sur le nouveau régime scolaire, annoncé la prochaine disparition, ce peuple tchèque, il a aujourd'hui conscience de lui-même, il forme une masse compacte de six millions et demi d'hommes et il constitue une citadelle imprenable contre laquelle viennent se briser, impuissants, les efforts du germanisme acharné à la ruine des Slaves. Il n'y a qu'une chose à regretter, c'est que les circonstances politiques aient empêché l'union et l'assimilation des deux millions de Slovaques établis dans la Hongrie septentrionale.

I 21. Frontières nationales. — La masse compacte des Tchèques et des Slovaques se répartit entre six régions administratives : en Autriche, dans le royaume de Bohême, le margraviat de Moravie et le duché de Silésie, en Hongrie, et, pour quelques fractions, dans la Silésie prussienne.

La frontière ethnographique qui sépare les Slovaques des autres Tchèques traverse la Moravie ; mais les Slovaques de Moravie sont tellement liés à la vie de la nation tchèque et s'en rapprochent tellement chaque jour qu'on peut

â III ^

considérer comme la véritable frontière la ligne politique qui sépare la Moravie de la Hongrie. Là, dans les Karpathes, se dresse une muraille qui sépare les deux groupes tchèque et slovaque et, à moins de circonstances imprévues, il est à craindre que leur unité primitive n'aboutisse au dualisme : Tchèques d'un côté, de l'autre Slovaques.

Grâce à une série de travaux ethnographiques, grâce aussi aux conflits aigus qui éclatent sans relâche sur la frontière tchèque allemande, nous connaissons bien cette frontière et c'est la mieux étudiée chez tous les peuples slaves. En partant à l'ouest de Novy Postrekov auprès de Domažlice elle passe au nord de Klence, contourne Stankov, se dirige vers Manetin, contourne Rakovnik, passe à l'ouest de Rouny, à Terezin (Theresienstadtj sur TElbe.

Sur la rivière Oharka l'élément tchèque a pénétré récemment dans les bassins industriels de Duchcov, de Most (Brux) et de Teplitz. A partir de Leitmeritz la frontière suit en général la rive droite de l'Elbe, passe à Libechov, à Bela (Weiswasser), monte au nord vers Světla, passe à Skuhrov, et atteint auprès de la frontière le village tchèque le plus septentrional, Paseky, puis elle descend au sud-est dans la direction de Jaromeret remonte vers Upice d'où elle passe dans la Silésie prussienne où l'on compte une douzaine de villages tchèques ; elle redescend vers le sud, contourne les monts Orlice et entre à Silperk en Moravie. Dans cette province, la fron-

LES TCHÈQUES ET LES SLOVAQUES

tière par Pisarov, Bludov, Podstat se joint la frontière silésienne, contourne Novy Jiczin, remonte de nouveau à la frontière silésienne et se dirige vers Neplachovice sur la frontière prussienne. Elle pénètre dans l'intérieur de la Silésie prussienne et atteint la frontière polonaise^ à Sulov d'où elle redescend vers le sud-ouest, vers Hodonin et suit le cours de la Morava, puis elle passe à Dacice à Ghlumice, à Suchodol, à Kaplice d'où elle remonte au nord-ouest par Krumlov, Vimperk, Lusice, et rejoint Postrekov.

Dans cette région tchèque il y a un certain nombre d'îles allemandes :

Celle de Budiejovice (Budweiss) comprend quelques communes. Autour de cette ville le nombre des Allemands diminue beaucoup dans ce rayon. Celle dlhlava (Iglau) en Moravie.

Celle de Brno (Brlinn). Celle de Rousinov, de Vyškov, et d'Olomouc (Ollmutz) en Moravie, et la plus considérable, la plus redoutable de toutes dans la région de Lanškroun, Mohelnice, Moravská Třebová (Mœhrisch Trlibau), Svitau et Brezov, enveloppée de villes tchèques. Les villes de Krumlov de Moravie et de Hodonin sont aussi en majorité allemandes ^ Il y a d'autre

1. Nous abrégeons ici une longue énumération de localités qu'il ne serait possible de suivre qu'avec une carte détaillée.

2. Voici quelle était en 1900 la proportion des Tchèques et des Allemands dans un certain nombre de villes : Brno, 58.363 et 68.76J; Olomouc, 6.798,13.982; Iglau, 4.228,19.765; Znaym, 1.854, 14.014; Hodonin, 3,987, 4.976; Krumlov, S79, 1.233.

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part des îles tchèques, mais assez faibles, dans la Basse-Autriche et dans la Silésie prussienne où l'on trouve des noms qui rappellent les traditions nationales, comme ceux de Husinec et de Podiebrady, de Grand et de Petit Tabor, etc.

D'autre part, les Tchèques sont fort nombreux à Vienne iplus de 350.000), à Linz, à Budapest (4.100) à Berlin, à Dresde (3.188), à Zittau. On en trouve encore en Galicie dans le cercle de Zolkiew, dans le Banat hongrois, dans la Groatie- Slavonie (onen acompte jusqu'à 31.587; ils sont venus surtout entre 1880 et 1890). En Hongrie beaucoup de localités qui s'appellent Csehi évoquent le souvenir d'anciennes colonies. Quelques-unes sont déjà slovaquisées. En Russie, dans laVolynie, à dater de 1868, des colonies se sont établies dans les districts de Doubno, de Rovny, de Loutsk, de Jitomir, d'Ostrog, de Vladimir, de Glinsk, de Zdolbounovo, de Koupitchevo, — ces trois dernières sont les plus considérables— en Crimée, à Bohemka et Czechobrod et près de Novorossiisk à Kirilovka-Metodievka et Gliebovka, en Pologne à Kuczow, Zelow, Lodz. On a compté en Russie 50.385 Tchèques, dont 50 p. 100 en Volynie, 4.978 dans le gouvernem.ent de Lodz. 3.360 au Caucase. En Bulgarie, il y a des colonies tchèques à Voïvodov et à Brslianitsi auprès dePlevna.

D'autre part, beaucoup de Tchèques se sont établis dans les Etats-Unis, notamment dans rillinois, le Minnesota, la Nebraska, les Etats de

LES TCHEQUES ET LES SLOVAQUES

New-York, de l'Ohio, du Texas et du Wisconsin; on évalue leur nombre à un demi-million. Dans la Nouvelle-Zélande, il y a près d'Auckland la colonie tchèque-allemande de Puhoj (environ 800 Tchèques).

§ 22. La région des Slovaques est maintenant assez bien connue en Hongrie. Elle part de Devinska Novaves — près de Fembouchure de la Morava dans le Danube — longe la frontière de Moravie et celle de Galicie^ vers Stropkov au .nord deZemplin. De Stropkov elle passe à Breznice, Papin, V. Remety dans le comitat d'Ujgorod (Ungvar), atteint Huta, le village slovaque le plus oriental, puis elle se replie vers l'ouest par Lučence, Levice, Vrable, d'où elle pousse une pointe vers le sud jusqu'à Novézamky, puis elle touche Galanta, Pressbourg, et rejoint Devinska Novaves ^

Dans l'intérieur du pays slovaque il y a des îles allemandes dans les comitats de Nitra et de Turocz, de Bars, de Gemer et de Spies (auprès de Kezmark et de Gelnice). Il y a aussi des îlots russes, polonais et magyares — particulièrement entre Vrablé et Nitra au nord et à Abauj à l'ouest de Kosice (Kasso).

1. Cette ligne enveloppe quelques localités polonaises et russes.

2. Ainsi que nous l'avons fait précédemment, nous avons omis ici un certain nombre de localités que le lecteur ne trouverait point sur les cartes générales. Le tr.

En revanche, il y a de nombreux îlots slovaques dans la Hongrie du centre et du sud, particulièrement dans les comitats d'Esztergom (Gran) et de Budapest. Ces îlots — notamment ceux de Kerepes et de Pilis — sont les restes de l'ancienne population slovaque. On en trouve encore au sud dans les comitats de Bèkes, de Bacska et de Torontal. Les îlots de Keresztur et de Kocava ont été revendiqués par le russe Gnatiouk pour sa nationalité. Mais les philologues tchèques (Pastrnek, Polívka), le russe Sobolevsky et le slovaque Czambel ont démontré que leurs habitants étaient originaires des comitats de Zemplin et de Sarys.

En Slavonie, Stara Pazova est une colonie slovaque; de même dans la Syrmie il y a des colonies slovaques à Ilok, Sid et Semlin. Dans le comitat croate de Virovitica, Punitovci est en grande partie peuplé de Tchèques et de Slovaques.

Une colonie slovaque évangélique s'est dans ces derniers temps établie en Bulgarie, a JMitropolie, près de Plevna.

D'ailleurs, la plus grande ville slovaque est Budapest où on en a compté officiellement 25.000 qui peuvent être portés à plus du double. Il y en a 50.000 à Vienne. Dans ces derniers temps ils ont émigré en très grand nombre dans l'Amérique du Nord.

§ 23. Statistique. — Les recensements offi- ^ 11Ó ^

LES TCHÈQUES ET LES SLOVAQUES

ciels dans les parties allemandes de la Bohême, de la Moravie, de la Silésie et à Vienne — de même que pour les Slovaques en Hongrie — se sont opérés généralement au détriment de la nation tchèque. On exerce généralement sur les gens de service, les petits employés, une pression immorale pour les obliger à déclarer comme langue usuelle Tallemand au lieu du tchèque. Aussi, si l'on veut connaître l'effectif réel de la nation, il est toujours indispensable de rectifier les chiffres officiels. En 1900,1a statistique autrichienne avait compté 5-955,397 Tchèques (dont 3.930.093 en Bohême, 1.727.270 en Moravie, 146.265 en Silésie, 132.968 dans la Basse-Autriche, y compris Vienne avec 102.712. Mais M. A. Stepanek évalue le nombre des Tchèques et des Slovaques dans cette ville à 385.000).

En 1890, on a officiellement recensé à Vienne, 5,3 p. 100 et en 1900, 6,9 p. 100 de Tchèques.

Nous disons donc :

Statistique ojBB.cielle de igoo 5-955-397

Dans l'Empire allemand (chiffre approximatif) 115.000

Slovaques en Hongrie 2. 019. 641

Tchèques en Hongrie 50.000

Tchèques et Slovaques en Amérique

(conjecture) 800.000

En Russie 55.000

Dans le reste de l'Europe 20.000

D'après des conjectures vraisemblables, on •!> 117 ^

peut augmenter le nombre des Tchèques de 2 ou 300.000 pour la Bohème, la .Moravie et la Silésie, à Vienne de 2 ou 300.000; celui des Slovaques en Hongrie de 150 à 200.000; mais d'autre part il faut défalquer les Polonais et les Russes recensés comme Slovaques. On peut admettre quelques centaines de mille de plus, en Amérique, soit environ un million pour les Tchèques et les Slovaques réunis. Ainsi donc nous obtiendrions pour les deux groupes un total de 10 millions à 9.500.000 (même en défalquant 100.000 Polonais et Tchèques considérés à tort comme Slovaques), soit pour les Tchèques sept millions et pour les Slovaques de Hongrie beaucoup plus de deux millions (environ 2.600.000). Je dois ajouter que les Tchèques dans leur domaine, — sauf les exceptions que j'ai indiquées — sont généralement de race pure et •qu'au contraire les Slovaques sont parfois mêlés de Magyares. Le comitat le plus slovaque est celui d'Orava (97 p. 100) puis celui de Trencsin (92,7), celui de Lipto (92,5) et celui de Zvolen

Chez les Tchèques de la Transleithanie on compte 1.056 femmes pour i.ooo hommes. Nous n'avons pas de données certaines pour les Slovaques. Mais, à en juger d'après les statistiques hongroises, le nombre des femmes excède aussi celui des hommes; par exemple dans les onze comitats de l'Ouest et du centre le rapport est de 1 .000 : 1 .060 (population civile, i .050 en comp-

LES TCIÎÈQUKS ET LES SLOVAQUES

tant l'armée), dans les comitats orientaux le rapport est de i.ooo : 1.097.

En ce qui concerne la longévité, si dans ces derniers temps les Tchèques sont, par rapport aux autres Slaves de la Gisleithanie, ceux qui ont le moins d'enfants, en revanche ce sont eux qui atteignent le plus grand âge.

Le nombre des individus de vingt ans est audessous de la normale (45,7 p. 100), mais celui des vieillards est au-dessus de la normale (15,6 p. 100 au-dessus de cinquante ans).

Les gens mariés représentent 36,5 p. 100, ce qui est un chiffre considérable. Seuls les Russes ou Ruthènes ont un chiff"re supérieur en Autriche. L'accroissement a été dans les contrées purement tchèques de 1881 à 1890, de 9,58 p. 100, de 1891 à 1900, de 9,9 (chez les AUemiands de 6.0.]. et 0,67), soit en moyenne par an 9,7 p. 100, ce qui est au-dessous de la moyenne des autres nations. Pour les années 1890 à 1900 l'accroissement absolu n'a été chez les Tchèques que de 8,82 pour 1890-1900 ; pour l'Autriche, de 9,4 p. 100.

Il faut donc considérer comme inexacte la légende sur la rare fécondité des Tchèques, si Ton compare avec celle de leurs voisins les Allemands qui a été de 1890 à 1900, de 36,3 pour 100 habitants. La natalité tchèque a diminué par rapport à celle des Allemands et d'ailleurs elle n'a jamais été beaucoup plus considérable. D'autre part, chez les Allemands il meurt plus

d'enfants et le nombre des enfants naturels est plus considérables

De même chez les Slovaques, d'après les statistiques officielles, les conditions de la natalité sont moins bonnes qu'on ne Timagine. La natalité chez les Magyares est plus considérable que chez eux ; et dans la plaine les mariages sont plus nombreux que chez les pauvres montagnards slovaques.

La natalité ici dépend du bien-être. En revanche, pour la même raison, la mortalité est très forte chez les Slovaques. En somme, d'après les renseignements recueillis par E. Stodola, l'aug-

I. Notons ici que dans la Cisleithanie, si l'on compare les chiffres de 1851 à ceux de 1900. les Slaves augmentent et les Allemands diminuent. Voici le tableau qui a été dressé par M. Zivansky et qui indique cette augmentation. Toutefois, il convient d"y faire quelques réserves :

Années iS5i iSSy 1880 1890 1900

Tchèques .... 22,74 24,3q 23.77 23,32 23,23

Polonais 11,45 11,77 14,86 1^,84 16,57

Russes 13,84 12,64 12,80 i3,23 i3,i9

Slovènes 6,io 6.01 5,23 5, 01 4,56

Serbo-croates . . 3,o3 2,92 2,59 2, 75 2,78

Slaves 57,18 37,73 5q,25 6o,i5 60.44 p. 100

Allemands. . . . 36, I2 3^, 71 36,75 36,95 33,7Sp. loo

Dans le Transleithanie y compris la Croatie, M. Zivansky note les chiffres suivants :

iS5i iSSo 1890 1900

Magyares 36,5 41,2 42,8 46,4

Serbo-croates . . . 16,4 l5,o i5,l 14,2

Slovaques l3,2 12, o Il,o 10,5

Russes 3,4 2,3 2,2 2,2

Roumains 17,0 l5,4 14,9 14,5

Allemands 10. 3 12^5 12, l ll.l

Ici ce senties Slaves et les Allemands qui diminuent. ^ 120 ^

LES TCHÈQUES ET LES SLOVAQUES

mentation de la population en igoo par rapport au recensement de 1 869, c'est-à-dire en trente ans, n'a été chez les Slovaques que de 20 p. 100 et chez les Magyares de 34 p. 100. Et encore chez les Slovaques l'accroissement de la population est diminuée par l'émigration.

L'émigration est également fatale aux Tchèques et aux Slovaques. Chez les Tchèques, par suite de circonstances économiques, elle se produit vers les villes industrielles allemandes, notamment vers Vienne, où naturellement ils perdent aisément leur nationalité. Le mouvement d'immigration des Allemands chez les Tchèques est presque insignifiant. En revanche, dans ces dix dernières années 70 à 90.000 Slaves ont quitté la Bohème. Autrefois c'était surtout l'émigration en Amérique qui affaiblissait les Tchèques. Aujourd'hui ce mouvement s'est ralenti, mais il est très considérable chez les Slovaques et il suffit à nous expliquer le faible accroissement de la population qui en 185 1 constituait 13 p. 100 de la population totale de la Transleithanie, en 1886, 12 p. 100, en 1890, 11 p. 100, et en 1900 seulement 10,50 p. 100. Dans ces trente dernières années, d'après Stodola, il a émigré des 12 comitats slovaques 307.000 âmes — surtout en Amérique. Or, de 1850 à 1900, l'accroissement total des Magyares a été de 80 p. 100; dans ces chiffres figurent, il est vrai, 25 p. 100 d'allogènes plus ou moins magyarisés, soit I56 p. 100 annuellement; l'augmentation

des Slovaques n'a été que de 0,66 p. 100 par an.

Au point de vue de l'éducation populaire et du nombre restreint des illettrés, la nationalité tchèque se place au premier rang parmi les peuples slaves. Les Tchèques sont même supérieurs aux Allemands d'Autriche ; car, d'après les statistiques officielles, on compte en Bohème 93î77 P- 100 sachant lire et écrire et 91,84 p. 100 chez les Allemands, 68,53 P- 100 chez les Slovènes, 47,52 p. 100 chez les Polonais et 21,87 p. 100 chez les Russes ou Ruthènes.

En Hongrie, dans les comitats purement slovaques, le nombre des illettrés est de 32 p. 100, dans les comitats du centre où ils sont mélangés de Mag3'ares et de Russes, il est de 42 p. 100.

En ce qui concerne les professions 43,1 p. 100 des Tchèques sont voués à l'agriculture, 36,5 p. 100 à l'industrie, 9,3 au commerce et à l'industrie des transports, ii,i p. 100 aux services publics. Au point de vue industriel, seuls les Allemands dépassent les Tchèques de deux unités (30 p. looj ; au point de vue de l'agriculture les Tchèques passent après les Polonais (65 p. 100), les Slovènes (75 p. 100), les Serbo-Croates (87 p. 100) et les Russes de Galicie (93 p. 100).

En ce qui concerne les religions, les Tchèques sont en grande majorité catholiques (96,15 p. 100). On compte 2,4 p. 100 d'évangéliques. Chez les Slovaques de Hongrie les proportions ne sont plus les mêmes. On compte 70,2 p. 100 de

LES TCIJEQi'ES ET LES SLOVAQUES

catholiques, 5 p. 100 d'uniates, 23 p. 100 de protestants de la confession d'Augsbourg.

En Bohème 50.000 Juifs se sont déclarés tchèques et 6.792 en ?Joravie ; 40,521 en Bohème et 34.261 en Moravie se sont déclarés allemands. La Hongrie possède actuellement la dixième partie des juifs du monde entier et ils se multiplient plus que les autres nations (14,8 p. 100). Ils se déclarent presque tous ^îagyares.

En étudiant l'histoire et l'ethnographie des Tchéco-Slovaques, on constate que les Tchèques ont commencé par perdre beaucoup plus de terrain qu'ils n'en gagnaient. Mais cette situation fâcheuse a cessé ; la conscience nationale s'est développée; l'élan de tout un peuple a dressé une solide barrière contre l'envahissement germanique. Certaines pertes sont encore inévitables, mais elles peuvent être réparées. La partie la plus menacée est constituée par la frontière de la Moravie septentrionale où les Allemands concentrent aujourd'hui leurs forces. Ils voudraient réunir leurs mxasses compactes aux îles de Lanškroun, Zabreh, Olomouc et couper la Bohème de la Moravie. C'est ici que la nation tchèque doit surtout songer à agir et à se défendre.

D'ailleurs, l'accroissement des Tchèques est. par rapport à celui des Allemands, dans de bonnes conditions. Dans les dix dernières années les Tchèques ont augmenté de 8,4g p. 100 et les Allemands seulement de 1,96 p. 100.

Dans la région allemande les Tchèques ont augmenté de o.i p. loo et dans la région tchèque, les Allemands ont diminué de 0,5 p. 100. La région la moins favorisée au point de vue tchèque est celle de Morasvka Ostrava (Mœhrisch Ostrau), où les Tchèques diminuent beaucoup.

Il importe de renforcer l'élément tchèque sur la frontière, de dresser contre l'argent allemand le capital tchèque, contre l'école allemande, l'école tchèque et, pour résister à tous les assauts, de renforcer la conscience nationale. Il faut renforcer l'élément tchèque au point de vue écononomique et physique, améliorer le bien-être, élever les intelligences.

En somme, les progrès des Allemands sur la frontière depuis un demi-siècle sont si insignifiants qu'il faudrait encore des siècles pour qu'il y ait lieu de s'en inquiéter.

Ce qu'il y a de plus grave, c'est que les pays tchèques se dépeuplent au profit des pays allemands. (En Moravie c'est plutôt le contraire.) Sur cent Tchèques en Bohême 33,46 p. 100 vivaient en 1890 dans les régions allemandes; en 1900, il y en avait déjà 34,61 p. 100. Pendant cette période décennale dans les régions allemandes il est né 8,1 p. 100 d'enfants allemands, et dans les régions tchèques seulement 4,8 p. 100. Ces phénomènes s'expliquent par l'importance de l'industrie allemande qui attire les Tchèques dans les régions allemandes.

Déjà les Allemands — du moins ceux qui

LES TCHÈQUES ET LES SLOVAQUES

sont raisonnables — reconnaissent qu'on ne peut germaniser les Tchèques. Les chauvins seuls osent encore Tespérer, notamment ceux qui considèrent la Bohème comme un verrou (Querriegel) qu'on peut faire sauter pour ouvrir à leur race l'accès de l'Adriatique. Mais ils se trompent, comme se sont trompés ceux qui s'imaginaient qu'on pouvait dénationaliser les Polonais du royaume de Prusse.

La situation des Slovaques est beaucoup moins bonne en Hongrie ; ils sont privés de tous droits politiques et, à l'exemple de ce qui se passe en Prusse, on les menace d'expropriation. Ils se maintiennent néanmoins dans leurs anciennes limites contre les Magyares, ils ne fléchissentque légèrement dans l'intérieur de ces limites et, sans la magyarisation qui s'exerce avec énergie sur la nation, surtout sur les classes supérieures et sans une émigration considérable, le peuple se maintiendrait de lui-même, d'autant mieux qu'il s'assimile sans relâche les éléments polonais et russes, au nord et à l'est de son territoire.

Lorsque j'ai dressé en 1900 ma carte ethnographique des Slovaques, les Russes ont protesté contre les chiffres que la statistique présentait à leur détriment. Il a été démontré que les progrès des Slovaques n'étaient pas aussi rapides que je l'avais cru, mais ils existent cependant. Toute la Slovaquie de TEst n'est que de la Russie slovaquisée et l'assimilation continue.

l 24. Différenciation. — La différenciation primitive des tribus n'a laissé chez les Tchèques aucune trace sérieuse. Toutes les nuances se sont nivelées avec le temps et celles qui avaient rapport à l'aspect physique, au langage, au costume dans ces derniers temps, ont presque entièrement disparu. Depuis la seconde moitié du xix= siècle, la civilisation moderne, l'école,, le service militaire obligatoire et des facteurs analogues les ont de plus en plus unifiés. Ce n'est qu'en Moravie qu'il y a encore un peu de variété; mais là aussi elle disparaîtra.

On distingue en Bohême trois dialectes principaux : celui du sud-ouest, du centre et du nord-est. Mais ils n'offrent pas des traits accentués qui les fassent reconnaître au premier abord. En revanche, on rencontre par-ci par-là des îlots ethnographiques qui, au point de vue de la langue et du costume, offrent un intérêt particulier et se distinguent par une dénomination spéciale. Ainsi, il n'y a pas bien longtemps à Touest la région de Pilsen et à l'ouest celle de Litomyšl avec le dialecte de rOrlice, avaient une physionomie particulière.

De même au sud-est se distinguent les Blataki (de Blato^ marais, lac, dans la région située entre Sobieslav et Trebon) et dans la région sud-ouest de la Šumava, les Chodes, la plus typique de toutes les tribus tchèques', qui était

I. On trouvera quelques notes sur les Chodes dans mon volume, Le Monde slave (2» éd., Paris, 1897, p. 200). Tr.

LES TCHÈQUES ET LES SLOVAQUES

autrefois établie entre Domažlice et Tachov, et qui est maintenant concentrée autour de Domažlice, le pa3^s de Tachov a3^ant été en partie germanisé. C'est dans la région du mont Rip qu'on trouve le vrai type du paysan tchèque.

Le caractère original des Chodes a donné lieu aux théories les plus diverses sur leur origine. Autrefois Paul Stránský, depuis Ruffer, Erben, Grabowski, ont supposé que c'étaient des Polonais établis comane colons par Břetislav I. Mais leur dialecte n'ofire pas la moindre trace de polonisme. L'originalité des Chodes s'explique suffisamment par la région montagneuse et isolée qu'ils occupent, par leurs traditions et les privilèges dont ils jouissaient dès le xiv^ siècle comme gardiens des frontières.

L'originalité des tribus primitives s'est mieux conservée en Moravie. Là nous pouvons très bien distinguer trois types différents, non seulem.ent par le dialecte, mais par les détails physiques et ethnographiques, notamment par le costume ; bien plus, le peuple lui-même a conscience de ces différences et se plaît à les affirmer. Ce qu'on connaît le mieux jusqu'ici, c'est le dialecte et le costume. Les autres signes de différenciation n'ont pas été bien étudiés au point de vue scientifique.

Nous constatons d'abord que dans la région des monts de Bohème et de Moravie il existe un élément purement tchèque qui va rejoindre au Sud le domaine allemand.

Au nord-est de la Moravie et de la Silésie on rencontre les Lasi (leur pays s'appelle Lassko) qui occupent la région de l'Opava et la partie tchèque du pays de Tiesin (Teschen), et en Moravie la re'gion où s'élèvent les villes de Pribor, Brusperk, Moravská Ostrava, Frýdlant, etc. Le nom de Lasi n'est d'ailleurs pas employé couramment dans le peuple. On rencontre à côté de lui ceux de Valaši et d'autres noms locaux, Horale, Kozloviane, Dulani, etc. Le dialecte des Lasi porte de fortes traces d'influence polonaise.

Les Valaši proprement dits sont établis au sud des Lasi dans la région de Vsetin. Au point de vue linguistique leur idiome se rapproche de celui des Slovaques. Mais le peuple s'en distingue fortement et le costume est tout différent.

C'est un groupe ďorigine purement slovaque auquel a été donné le nom des Valaques roumains qui du xť au xii" siècle ont passé dans les Petits Karpathes et se sont assimilés aux indigènes.

La tribu la plus originale est celle des Slovaques moraves, primitivement identiques aux Slovaques de Hongrie, mais qui aujourd'hui en sont tout à fait différents par la vie et par les coutumes. Il ne reste en Moravie qu'un petit groupe de i8 villages qui conservent le caractère hongrois.

Chez les Slovaques de Moravie, le costume national persiste encore dai.s tout son éclat ; il

LES TCHÈQUES ET LES SLOVAQUES

est si varié qu'un ethnographe a pu distinguer 28 types absolument différents.

Les Slovaques pur sang occupent la pointe sud-est de la Moravie. A leurs groupes se rattachent trois anciens villages croates qu'ils ont assimilés.

Tout le reste de la Moravie appartient aux Hanaks. Autant les Slovaques sont vifs et sanguins, autant les Hanaks sont calmes et flegmatiques. Ils ont leur centre sur la rivière Hana, affluent de la Morava qui leur a donné son nom.

Leurs villes principales sont : Přerov, Olomouc (Ollmíitz) et Prostějov. On les distingue en Hanaks rouges et en Hanaks jaunes, suivant la couleur de leurs culottes. On connaît parmi eux diverses tribus : celles des Baniaks, des Blataks, desZabeczaks, des xMoravciks, dont les noms rappellent certains détails de topographie.

On ne peut partager qu'en théorie le territoire slovaque. Au point de vue dialectologique, il se divise en trois régions : celle de l'ouest sur la Nitra et le Vag, celle du centre (sur le Hron et le Vag supérieur), celle de l'est qui s'étend depuis Gemer et Liptov jusqu'à la frontière de la nation. Les habitants de cette région sont considérés par beaucoup d'ethnographes comme des Russes slovaquisés et c'est un fait que dans les comitats de Spies, de Sarys, de Zemplin et d'Ujgorod (Ungvar) les Russes se

slovaquisent de plus en plus. L'un des groupes les plus remarquables est celui des Sotaks dans le comitat deZemplin.

Ils sont ainsi appelés parce qu'ils prononcent so au lieu de tso^ et n'ont rien à voir avec les Satagues de Jordanes.

Notons encore comme noms locaux ceux des Magurani dans le comitat de Spies, des Trpaci dans celui de Niredhazy. Parmi les groupes slovaques, le plus original est celui de la Detva, dans le comitat de Zvolen : un ethnographe hongrois, O. Hermann, a voulu voir chez les Detvanci, des colons venus d'Herzégovine, mais il s'est trompé.

Les anciens ethnographes, et, d'après eux, beaucoup de livres modernes, signalent comme constituant des tribus particulières des types de colporteurs, ramoneurs, vitriers, etc., qui représentent tout simplement des types nomades communs à toutes les nationalités.

Seulement les représentants de cette industrie sont originaires de telle ou telle région, par exemple les dratenici^ marchands d'articles de fil de fer, sont originaires du comitat de Trencsin, etc. \

Ce qui est au point de vue tchèque bien autrement intéressant que ces nuances locales, c'est la distinction qui s'est établie entre les

I. De même en France, certains artisans sont particulièrement originaires de la Creuse, de l'Auvergne, delà Savoie, etc. Tr.

LES TCHÈQUES ET LES SLOVAQUES

Tchèques et les Slovaques de Hongrie. Cette distinction s'est établie il y a bien longtemps ; elle a été sanctionnée par une longue séparation ; les Slovaques se sont détachés de la couronne de Bohême en 103 1 ; malgré les relations qu'ils ont entretenues depuis avec les Tchèques, et beaucoup de tentatives de rapprochement, la séparation persiste et, à moins d'un miracle inespéré, elle finirait par aboutir au dédoublement de la nationalité primitivement unique en deux nations différentes.

Pendant de longs siècles, les Tchèques et les Slovaques de Hongrie, bien que parlant un dialecte différent, n'ayant ni les mêmes costumes, ni les mêmes coutumes, et vivant sous des souverains et dans des États différents, n'ont pas eu la conscience de ces différences. Les représentants de leur littérature proclamaient l'unité de leur langue et s'en réjouissaient.

On a dans ces derniers temps essayé de démontrer que les Slovaques étaient d'origine nontchèque, qu'ils avaient été tout simplement tchéquisés par l'influence de la littérature religieuse, et que les divergences qui se sont produites récemment n'étaient qu'un retour vers un état de choses plus ancien.

Cette thèse, qui était celle de Czambel, récemment décédé, n'est pas suffisamment établie. Ce qui est certain, au contraire, c'est que les Slovaques et les Tchèques formaient au début une unité ethnique et linguistique avec quelques

différenciations dialectiques, unité qui occupait la région située au sud des monts Sudètes et des Karpathes. Mais ce domaine commun était divisé par les Karpathes en deux régions dont l'une avait son centre à l'ouest, l'autre à Test. Ces conditions géographiques donnèrent naissance à deux organismes politiques. Le Danube qui était leur lien naturel tomba aux mains des Allemands. En 1631 les pays slovaques furent détachés de la Bohême et de la Moravie. Les rapports religieux et littéraires entre les deux groupes ne réussirent point à renouer les liens brisés.

Les différences s'accusèrent de plus en plus entre les deux peuples. Chez les classes supérieures s'établit l'idée qu'elles appartenaient à des États différents, à une autre patrie, qu'elles avaient un autre idéal d'autonomie. Ces idées furent exprimées pour la première fois en 1787 et vers la fin de la première moitié du xix^ siècle, à l'époque où la littérature slovaque se détacha de la littérature tchèque.

A dater de cette époque les Tchèques ont dû compter avec cette tendance qui remplace l'unité d'ailleurs purement théorique des deux groupes par deux unités, proches sans doute, mais indépendantes l'une de l'autre, et qui assigne une place spéciale aux Slovaques dans la série des peuples slaves.

L'histoire, la différenciation interne, la vie politique avaient suffisamment préparé le terrain

LES TCHÈQUES ET LES SLOVAQUES

pour ces événements. Se sont-ils produits dans l'intérêt de l'avenir des Slovaques? C'est là une question qu'il est aujourd'hui difficile et prématuré de résoudre.' Nous n'avons qu'à reconnaître et à respecter l'individualité des Slovaques et à souhaiter qu'ils restent fidèles au sentiment de la solidarité et de l'unité morale de leur groupe et de la nation tchèque.

Au point de vue physique, d'après les dernières recherches, les traits caractéristiques des Tchèques sont une taille moyenne (i69<^™,2 chez les hommes, 157c™, 3 chez les femmes) mais bien proportionnée ; une capacité crânienne considérable ; la rotondité du crâne (indice 83,3); un visage ovale de proportions moyennes ; les cheveux sont bruns ou blond foncé ; les yeux généralement clairs.

Les brachycéphales sont en majorité; sur 100 crânes, on trouve i p. 100 subdolichocéphale, 13,5 p. 100 mésocéphales, 56,5 p. 100 subbrachycéphales et 29 p. 100 brachy- et ultra-brachycéphales. Jusqu'ici on n'a pas encore pu démontrer de différences suivant les localités.

Une statistique dressée en 1880 a constaté sur 100 enfants, 38,17 p. 100 d'yeux bleus, 30,86 p. 100 d'yeux gris, 30,70 p. 100 d'yeux bruns ; 44,04 p. 100 de cheveux blonds et 55,75 p. 100 de cheveux bruns ou noirs. Le type clair (yeux bleus et cheveux blonds) est représenté en Bohème par 18,3 p. 100, en Moravie par 15,9 p. 100; le type brun (yeux bruns, cheveux bruns ou

noirs) par 23,4 p. 100 en Bohême, par 23,6 p. 100 en Moravie. D'ailleurs la croissance assombrit les teintes, ainsi qu'on a pu le constater par une statistique dressée pour l'exposition ethnographique de 1895^ Elle constata chez les adultes 75 p. 100 de cheveux foncés.

De tout ceci il résulte que le type tchèque ne constitue pas actuellement un type unique. Cette circonstance est encore plus frappante, si l'on considère la diffusion de certains détails, par exemple du teint. Ainsi le type clair (yeux bleus et cheveux blonds) ne se rencontre au centre de la Bohème et de la Moravie que dans la proportion de 14 p. 100; dans les parties montagneuses il atteint 20 à 25 p. 100 et dans certaines régions frontières où les Allemands sont en majorité au nord-est, il dépasse 30 p. 100. En revanche nous trouvons dans ces régions 20 à 25 p. 100 du type brun ; la proportion dépasse de près de 25 p. 100 dans les régions montueuses du Podripsko et du Podbrdsko; mais sur le plateau tchèque -morave elle n'atteint dans certains endroits que 11-15 p. 100.

I. Sur cette exposition qu"il m'a été donné de visiter, voir mon \ol\ime Russes et Shves (2* série, Paris, Hachette. 1896, p. 340 et suivantes). M. Niederle était un des principaux organisateurs de cette exposition. Tr.

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