Ce mot en serbe veut dire montagnes. Tr
2. D'après Hassert et Kovatchevitch, les Koutchi sont de raca albanaise, d'après Erdelianovitch, de race serbe. Un certain nombre d'entre eux, les Drekanovitchi offrent un fort mélange de sang albanais. Erdelianovitch considère certains d'entre eux (les Boukimirs) comme des Romans slavisés.
spéciale, celle de Siren, sur le cours supérieur du Lim et de la Bistritsa bosniaque.
Nous avons essayé d'exposer la situation respective des Croates et des Serbes^ la différence de leur développement politique en dépit de leur étroite parenté, les tendances divergentes que par suite de leurs traditions historiques elles poursuivent toutes les deux en vue d'en assurer l'avenir.
Jusqu'ici de nombreux conflits se sont produits entre ces deux groupes et l'on se tromperait en s'imaginant que le calme relatif qui règne aujourd'hui est une garantie de tolérance et de «paix. En laissant de côté le double idéal d'une grande Croatie et d'une grande Serbie, idéal contradictoire s'il en fut, on rencontre toute une série de questions délicates, de confiits qui s'exaspèrent sans relâche. On les rencontre en Croatie-Slavonie, en Dalmaiie (par exemple Raguse), et surtout en Bosnie. Cette province est véritablement une pomme de discorde entre les deux nations. Ici le gouvernement autrichien s'est aventuré un peu au hasard sans avoir d'idée bien nette sur la nationalité.
Que résultera-t-il de là? Que deviendra le pays après l'annexion? Quelles seront les nouvelles relations des Croates et des Serbes ? On ne peut le dire encore aujourd'hui.
Au point de vue de la science et de l'idée slave, il faudrait du moins agir franchement et
LES CROATES ET LES SERBES
ne pas fermer les yeux devant la réalité des choses. Il faudra constater d'abord par un recensement loyal la situation relative des Serbes et des Croates et administrer avec justice tous les groupes nationaux ou politiques. Alors il ne sera plus nécessaire d'imaginer une troisième nation croato-serbe, la nation bosniaque *, comme l'avait imaginé le gouvernement de Kallay il y a quelques années. Cette innovation n'a d'ailleurs pas réussi. Depuis 1907, la dénomination officielle « bosniaque )> a été remplacée par la dénomination correcte « serbo-croate. »
I. Assurément, l'idée d'une nation bosniaque a existé autrefois. On lit au XII» siècle dans la chronique de Kinnamos ; Bo^^''''^--- E^yvoç loia Tapa Taorr^ ^wv et l'on voit souvent figurer les Bosnenses comme nation. Mais cette dénomination fondée sur les circonstances politiques n'a plus de raison d'être aujourd'hui.
LES BULGARES
§ 33. Introduction historique. — Le dernier peuple slave produit par la différenciation du groupe sudslave, est constitué par les Bulgares.
Ils vivent presque tous dans la péninsule balkanique.
Comme les autres Sudslaves ils ont eu leur berceau beaucoup plus au nord, quelque part, auprès des Karpathes, dans le voisinage des Russes. Entre le iii^ et le v^ siècle, abandonnant les Karpathes, ils ont commencé à se faufiler à travers les tribus thraces et scythosarmates, vers le Danube inférieur, et au sixième ils ont atteint les Balkans. A ce moment-là les tribus slaves de la péninsule n'avaient pas de nom ethnique commun. On les appelait Slaves comme leurs voisins les Serbes et les Slovènes et ils ne formaient pas un groupe unifié. Encore au viť et au viii^ siècle nous vo3^ons dans la partie orientale de la péninsule balkanique toute une série de tribus peu unies entre elles, des Siévériens et sept tribus anonymes dans le nord de la Bulgarie actuelle, des Slaves rouméliotes, puis des Druguvirches,
des Smolianes, des Strumenci, des Rynchines, des Sagoudates, des Berzites dans la Macédoine. C'est évidemment à ceux-là que se rattachaient au point de vue linguistique les Slaves qui pénétrèrent jusqu'en Grèce et dans l'archipel, les Velegezites, les Vaïounites, les Milingues,les lezertsi. Vers cette époque l'union commence à se produire, mais sous la pression de l'étranger. En 679 sous la conduite d'Asparoukh un certain nombre de Bulgares du Volga — d'origme turque — traversèrent le Danube et pénétrèrent dans la Dobroudja et jusqu'à Varna ; ils soumirent les tribus slaves voisines, les unifièrent et peu à peu unifièrent tous les Slaves du centre de la péninsule.
D'autre part, les Bulgares du Volga qui étaient relativement peu nombreux s'assimilèrent euxmêmes très rapidement à l'élément slave et se confondirent avec lui K
Leur nom seul qui fut donné au nouvel État et à son peuple rappelle le souvenir de cet élément allogène. D'ailleurs les Bulgares au fond ont toujours été des Slaves, bien qu'ils ne se soient pas refusés à assimiler des éléments étrangers. Parmi ces éléments à côté des Bulgares turcs, il faut citer des restes des anciens Thraces, des Ger-
I. Zanetov et Skorpil ont cru trouver les restes de ces anciens Bulgares chez les Gagaouz (voyez plus loin) et chez les Turcs de Deliorman entre Silistrie, Schoumla (Schoumen). Varna et Roustchouk, que les voisins bulgares appellent Gadjaly. Mochkov s'est prononcé contre leurs hypothèses.
LES BULGARES
mains, notamment des Goths, des Turcs, des Avares, auxquels s'ajoutèrent plus tard beaucoup d'autres éléments asiatiques ; des Polonais, des Cumans, des Ogouzes, des Tsiganes et enfin des Turcs Osmanlis.
L'empire bulgare, dès le règne de Siméon (893- 927) acquit une étendue considérable; il s'agrandit par des luttes perpétuelles contre les Byzantins d'une part et les Serbes de l'autre. Les Slaves qui appartenaient à ses marches les plus extrêmes à l'époque où le siège du tsar et du patriarche était à Ochrida *, se sentaient d'autant plus Bulgares, qu'ils étaient plus éloignés du foyer primitif de la nation; ils gardèrent ce sentiment de solidarité plus ou moins intensive, d'une part contre les Serbes dont l'empire confinait à leur région, d'autre part contre les Turcs Osmanlis. En 1393 les Turcs s'emparèrent de Trnovo; en 1396 après la victoire de Nicopoli ils achevèrent la conquête de la Bulgarie. Le pays resta asservi jusqu'aux années 1876-1878 où l'intervention de la Russie lui rendit la liberté et l'indépendance. Le pays entre le Danube et la Stara Planina fut le premier affranchi; en 1885 une révolution pacifique lui annexa la Roumélie bulgare, jusqu'au mont Dospad, au cours de l'Arda, à la Sakarska Planina (montagne) et au golfe de Bourgas. La partie des Bulgares qui forme un groupe compact en Macédoine attend