‹ La race slaveChapitre 37 sur 43 · I. Aujourd'hui en Macédoine. Tr · texte numérisé non relu

I. Aujourd'hui en Macédoine. Tr

jusqu'ici en vain sa délivrance et la fin d'une situation qui, malgré les efforts des puissances, reste toujours fort pénible.

Telle est l'histoire politique du peuple bulgare. Le développement de la nation a été en outre gêné par des troubles perpétuels, par des ébranlements, par des déplacements de groupes ethniques. Lorsque les Grecs ont repris possession- de leur domaine primitif les colonies slaves du sud ont dû remonter au nord, les Slaves de Grèce ont été complètement assimilés au cours du moyen âge. Mais la catastophe la plus grave a été l'invasion turque.

Lorsque les Turcs eurent pénétré dans la péninsule, sous le règne de Mourad I, ils s'établirent dans la région de Plovdiv ÎPhilippopoli) et de Zagora; sous le règne de Bajazetl ils s'établirent entre Plovdiv et le Bnlkan etrestèrent ensuite dans le bassin de la >.l^ritsa, particulièrement dans les régions inférieures, jusqu'au xix^ siècle. C'est ce qui résulte des renseignements fournis à la date de 1819 par le pope Constantin et de la nomenclature du pays qui est essentiellement turque (noms des villages, des champs, des ruisseaux, des bois, des pâturages, des buttes, etc.). Sur 52 villages de l'arrondissement de Tchirpan 2 seulement ont des noms non-turcs et 3 seulement dans l'arrondissement de Seïmen. Un autre centre de colonisation turque, ce fut la partie orientale de la Bulgarie du Nord, en particulier la Dobroudja, qui était devenue un désert au

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xv^ siècle. Dans cette re'gion, avant l'arrivée des Turcs s'étaient établis un grand nombre de Petchenègues, d'Ouzes, et de Gumans (dont les descendants s'appellent aujourd'hui Gagaouz) et plus tard de Tatares.

A ce qu'il semble, la première colonisation turque s'établit dans la région de Deliorman vers le xv*" et le xvť siècle et plus tard à Touzlouk et à Gerilovo. Le Ragusain Paul Georgich qui voyagea dans ces contrées signale une nombreuse population turque à Gerilovo, à Deliorman et dans le Dobroudja. Ces pays ne furent complètement assimilés par les Turcs qu'au xvii^ siècle et pour Gerilovo qu'au xvIII^ Mais beaucoup de villages turcs gardent encore leurs noms slaves.

Toute cette colonisation turque dans le nordest de la Bulgarie avait évidemment pour objet d'assurer les défilés des Balkans, surtout après les échecs éprouvés dans la guerre contre le roi de Pologne Wladyslav^ en 1443.

De la population slave primitive il n'est resté que quelques rares débris auprès de Provadia de Schoumen (Choumla) et de Razgrad. De même au xvi° siècle un grand nombre de Turcs, des lourouks et des Koniars vinrent d'Asie s'établir dans quelques parties de la Thrace et de la Macédoine. Les anciens Slaves bulgares après l'arrivée des Turcs se retirèrent naturellement dans les régions montagneuses. Au xvť siècle leur frontière était constituée par les villes de Devna, de Monastir, de Krivnia, de Ravna, de Nenovo,

de Nevcha, de Kalougeritsa, de Divdiedovo, de Novo Selo, autrement dit, la ligne de Varna à Schoumen (Ghoumlaj. Mais vers le sud Télément slave commença bientôt à reprendre et à regagner du terrain. Les Osmanlis périssaient peu à peu dans des guerres perpétuelles et n'étaient pas remplacés par de nouveaux colons. D'autre part, de nouveaux Bulgares arrivaient des régions du Nord (Lovetch, Nikopol), théâtre de troubles et de dangers perpétuels.

C'était sur les bords du Danube qu'avaient lieu les principales guerres et les Slaves émigraient de tous les côtés. Sur ce mouvement d'émigration qui est fort ancien nous n'avons de documents qu'à partir du XVII® siècle. Ainsi nous savons que dans le courant de l'année 1741 des colonies bulgares allèrent s'établir dans le Banatde Tem^esvar où leurs descendants sont encore établis à Vinga, Benešov. De 1752 à 1754 un grand nombre de Bulgares et de Gagaouz passèrent dans la Russie méridionale, d'autres en 1787-91 ; pendant les guerres de 1801 à 1812 un très grand nombre venant particulièrement de Viddin s'établirent en Bessarabie. Cette émigration se répète après la guerre de 1828-1829. En 1821 on comptait en Bessarabie 1.735 familles bulgares avec un total de 38.000 personnes ; en 1829 il arriva 4.400 familles, soit 270.000 âmes. Puis survint la réaction. Durant les cinquante années de paix qui suivirent, beaucoup de familles revinrent dans leur patrie en dépit des misères qu'elle subissait.

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En 1833 il revint déjà 900 familles de Bessarabie. D'autre part, des régions balkaniques beaucoup de Bulgares descendirent vers la plaine, notamment surRoustchouk,surla Dobroudja, sur le pays situé entre Andrinople et Bourgaz, entre Tchirpan et Stara Zagora, aux environs de Kavakali, de Kyzil Agatch, d'Iambol et, sous le règne pacifique de Mahomed II jusqu'aux environs de Rodosto, de Derkos et de Constantinople.

La guerre de 1877-78 eut pour résultat de nouveaux mouvements dont les conséquences se font encore sentir aujourd'hui. Au commencement de cette campagne les Bulgares s'enfuirent en masse de Stara Zagora, de Kazanlyk, de Gjopsa, deZlatitsa aux pays du nord et ne revinrent dans leurs foyers que lorsque les Russes s'avancèrent vers le sud. D'autres parts les Turcs et lesTcherkesses évacuèrent des villages qu'ils occupaient depuis très longtemps ; les uns émigrèrent de peur des Russes, les autres plus tard, parce qu'ils ne pouvaient s'accommoder au nouvel ordre de choses. M. Jireczek, l'historien des Bulgares, estime à 100.000 le nombre des Turcs qui émigrèrent de 1878 à 1884. Ils furent remplacés par des Bulgares venus de la Roumélie ou de la Macédoine que le traité de Berlin laissait soumises à la domination turque.

D'autre part, des émigrants revinrent de Roumanie, de Bessarabie, de la Tauride, de l'Asie Mineure et s'établirent aux environs de Svichtov, de Varna et de Tuzluk. Les Macédoniens conti-

LA BACE SLAVE

nuant sans relâche d'immigrer, M. Jireczek donne des chiffres qui permettent de se faire une ide'e des changements opérés dans la population. En 1896, sur 338 localités chrétiennes des diocèses de Varna et de Schoumen (Choumla), 135 avaient depuis la guerre une population entièrement nouvelle. Il n'était resté que de très rares représentants delà génération antérieure. D'autre part, au dire de Miletitch, la population bulgare antérieure ne remonte pas au delà de cent vingt années.

A l'ouest de la lantra il y a peu d'anciens villages et beaucoup de nouveaux fondés par des immigrés venus du pays de Lovetch et de Sevlievo. Ces nouvelles populationsse distinguent des anciennes par les traditions, le costume et surtout par le dialecte. D'autre part, il y a beaucoup de nouveaux immigrés au sud du Balkán du côté de Bourgas, d'Aïtos, d'Iam.bol.

Ainsi donc le pays bulgare a été le théâtre de mouvements perpétuels et l'ordre définitif n'y sera rétabli que lorsque la question de la Macédoine sera définitivement résolue. Or, la solution du problème macédonien est sans cesse retardée par les puissances voisines.

§ 34. Territoire occupé par les Bulgares. — Il est borné au nord par le Danube, de Tcherna Voda à Viddin et ensuite par une ligne qui va de Viddin par Tsar-Petrovo, Boïnitsa et Schichintsi, jusqu'àla frontière serbe. De cette ligne se détache

^ IQO -$

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à Viddin une pointe qui remonte jusqu'à Novo- Selo sur le Danube. La frontière occidentale suit le Timok qui sert de frontière politique à la Serbie et à la Bulgarie. -Mais les philologues ne sont pas d'accord sur les caractères du dialecte intermédiaire de la région Pirot Vrania. Belitch le rattache au serbe, Tsonev au bulgare et ne considère comme intermédiaire que le dialecte de la Morava Resava. Ainsi que nous l'avons déjà expliqué, dans le bassin du Timok, dans la région de Pirot, Nich, Vrania, Prizren on parle un dialecte intermédiaire entre le serbe et le bulgare. Mais, en laissant de côté des nuances dialectiques assez indifférentes au point de vue national, et en tenant compte des autres facteurs qui déterminent la conscience nationale, on ne peut pas dire que la frontière de la nationalité bulgare suit le Timok et remonte vers Nich et Vrania, comme le veut Tsonev, mais qu'ellepii^t de Veliki Izvor sur le Timok, qu'elle suit l'arête de la Stara Planina, autrement dit la frontière politique jusqu'au mont Kom ; ensuite elle passe entre Pirot et Tsaribrod, à travers la Ruia Planina, passe auprès de Vlasina et atteint la Morava supérieure à Vrania. Puis elle suit la route de Nich à Skoplie, contourne cette ville et se dirige à travers les contreforts orientaux du Chardagh vers la Dibra. Sur cette ligne très peu connue, le territoire des Bulgares et de leurs voisins les Serbes est pénétré dans la direction du sud-ouest par un coin albanais. De Vrania à Koumanovo, de Sko-

plie à Tetovo on rencontre un grand nombre de villages slaves plus ou moins albanisés. Il est difficile dans ces régions de tracer une frontière bien nette.

Vers la Dibra la frontière bulgare tourne vers le sud et suit la rive gauche du Drin noir dans la direction du lac d'Ochrida qu'elle contourne en partie, puis suit la rivière Devola, le lac Malik, gagne la ville de Goritsa et ensuite celle de Kostour. Les environs de Kostour sont encore bulgares jusqu'à Kroupichté sur la rivière Bystritsa.. Ici la frontière tourne au nord-est, vers le lac d'Ostrov, puis elle passe à Voden vers le cours inférieur de la Bystritsa et gagne le golfe de Salonique qu'elle suit jusqu'à cette ville.

Les environs de Salonique sont slaves. Après cette ville la frontière court à travers la plaine de Langadino vers la Chalcidique, passe à Visoka, Zarovo, Soukho, Niegovan jusqu'au confluent de la Strouma dans le lac Takhin et vers Seres où se heurtent les populations grecque^, turque et bulgare. De Seres, d'après Tsanov, la frontière suit une ligne brisée, mal connue dans ses détails, qui traverse la Roumélie turque, atteint Dimotika sur la Maritsa inférieure, puis par Ouzounkôprli. Baba Eski, Tchorla, Kataldja arrive jusqu'aux environs de Constantinople.

La frontière orientale de la nationalité bulgare est constituée par le littoral de la Mer Noire jusqu'au Danube.

Mais la frontière tracée par Tsonev ne délimite

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pas une population compacte et seulement l'extrême limite des groupes bulgares dans la péninsule balkanique. Déjà les parties les plus méridionales des arrondissements de Philippopoli et Stara Zagora sont plus faiblement peuplées de Bulgares. Je ne puis parler, faute de renseignements précis, des conditions ethnographiques de la Roumélie turque. D'autre part, nous savons que les régions situées entre la lantra et la mer sont plus faiblement peuplées de Bulgares.

Il y a une trentaine d'années cette région était en majorité peuplée de Mahométans. Quelques districts étaient même purement turcs, notamment celui de Chaskiôï, auprès de Silistrie qui ne comptait que 6 p. loo de Bulgares, d'Osman Bazar (12,5 p. 100), de Bazaourt (14 p. 100), de Kemanlar (19 p. 100), de Ghoumen (Choumla 24,3 p. 100). Les Bulgares étaient les plus nombreux dans les districts de Kesarevo (59 p. 100) et de Roustchouk (59 p. 100). Dans ces régions ils n'avaient la majorité que dans les villes. D'après Sarafov, il y avait en 1881, 482.000 Bulgares dans cette région. En 1888 il n'y en avait plus que 443.000. En 1900 on trouve dans les arrondissements de Routschouk, de Varna, de Schoumen, de Trnovo 417.694 Turcs, 9.824 Gagaouz et 18.079 Tatares.

D'après lourkevitch le nombre des Turcs dans toute la Bulgarie a diminué depuis 1888 de 12,5 p. 100. Ainsi la situation s'est singulièrement améliorée en faveur des Bulgares.

Voici d'après le recensement de 1900 quelle est la situation relative des Turcs et des Bulgares :

Arrondissement de Roustchouk : 153 730 Turcs (sans les Gagaouz et les Tatares) et 175.216 Bulgares.

Arrondissement de Plevna : 12.261 Turcs et 270.010 Bulgares.

Arrondissement de Trnovo : 25.180 Turcs et 366. 6S7 Bulgares.

Arrondissement de Viddin : 4.444 Turcs et 142 975 Bulgares.

Arrondissement de Schoumen (Choumla) : 130.975 Turcs et 108.579 Bulgares.

Arrondissement de Varna : 107.839 Turcs et 131 325 Bulgares (soit en tout, 433.779 Turcs et 1. 194. 943 Bulgares).

Les districts qui offrent les masses les plus compactes de Turcs sont ceux de Baltchik, Varna, Dobritch. Kourtbounar, Provadia dans l'arrondissement de Varna, ceux d'Eski Djoumaïa, Osman Pazar, Popovo, Preslav, Schoumen dans l'arrondissement de Schoumen, Elena, Svichtov, Sevlievo dans l'arrondissement de Trnovo, de Biela, de Razgrad, de Roustchouk, de Silistrie, de Toutrakan dans l'arrondissement de Roustchouk. L'arrondissement de Bourgas comptait en 1900 37.041 Turcs, 39.652 Grecs, et 218.189 Bulgares; celui de Starazagora, 31.379 Turcs à côté de 350.380 Bulgares. Celui de Plovdiv ou Philippopoli) 24.886 Turcs contre 313.847 Bulgares sans les Pomaks^). Dans cette

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