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I. Affluents du Boug et du Dnieper

LES BULGARES

de Tauride (districts de Berdiansk et de "Feodosia). La statistique, au commencement de l'année 1897, a compté encore 172.659 Bulgares : pour la Bessarabie 103.225, pour le gouvernement de Kherson 25.685, pour la Tauride 41.260. Dans ce gouvernement, ils s'assimilent rapidement. D'après Mochkov, la statistique officielle a aussi compris parmi les Bulgares, les Gagaouz dont on estime le nombre à 70.000 groupés autour de Komrat, dans le district de Bender.

Dans l'Asie Mineure, les colonies bulgares se rencontrent principalement aux environs de Brousse, d'une part dans tout un groupe de communes autour de la petite ville de Mikhalitch (en turc Moukhalitch), d'autre part, autour de celle de Kodjebunar, à Souïout, Kobach, Toïbelen, Novoselo, Mandr, Khaladjebaïr, et à Kilik ; il y a encore quelques communes, occupées surtout par des bergers, sur le littoral et auprès de Kyzdervent, non loin de Scutari. Kantchov compte ici une vingtaine de communes bulgares.

Dans ces derniers temps les statistiques américaines attestent aussi l'existence d'émigrants bulgares ; mais ils sontconfondus avec les Serbes, de sorte qu'il est difficile de donner des chiffres précis. Il doit y en avoir environ 50.000. Valjavec en suppose 4.000. Mais ce chiffre est évidemment insuffisant.

§ 37. Statistique. — Étant donné que l'on ne ^ 199 €

sait pas- exactement le nombre des Slaves dans a Turquie proprement dite, il est très difficile de donner une statistique absolument exacte des Bulgares. On ne peut faire que des conjectures et, pour le reste, se rapporter aux statistiques officielles du royaume qui sont malheureusement assez sommaires.

A la fin de Tanne'e 1900 l'effectif total des Bulgares devait se décomiposer ainsi :

Royaume (d'après le recensement du

31 décembre 1900) 2.885.379

Roumélie turque, Albanie, Constanti-

nople, Asie Mineure 600.000

Macédoine ^d'après Kantchov) . . , 1,200,000

Roumanie avec la Dobroudja . . . . 180.000

Autres pays 50.000

Total 4.915.379

En Bulgarie il y avait, d'après la dernière statistique, 2.684.735 Bulgares et 20.664 Pomaks; la statistique bulgare, ne l'oublions pas, combine la langue maternelle et la nationalité'. En Roumanie,la statistique officielle ne reconnaît pas de Bulgares indigènes ; elle les considère commedes Roumainset elle ne fait état que de 7.810 Bulgares sujets e'trangers. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, Weigand évalue les indigènes à 50.000 ; Kantchov évalue le nombre des Bulgares en Dobroudja à 40.000, Ichirkov à 30.000. En Hongrie, il y en avait en 1900 environ 12.000 (d'après V. Gintula). En 1891 la statistique en avait

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compté 23.000 ; mais elle avait confondu avec les Bulgares d'autres Slaves, par exemple les Serbes de Krasso.

En Amérique, Valjavec a compté 4.000 Bulgares, mais c'est évidemment trop peu ; car dans les plus récentes statistiques des Bulgares apparaissent sans cesse à côté des Serbes. Nous avons vu qu'en Russie la statistique en avait — au cours de 1897 — compté 172.659.

C'est en Turquie que les conjectures sont les plus difficiles. Pour la Macédoine je m'en suis tenu aux chiffres de Kantchov, eu égard à son opinion sur la question macédonienne.

Tsviitch a évalué le nombre des Slaves dans les vilayets de Kosovo, de Salonique etde Bitolia à 1,300.000 (450-I-500-I-340.000). Brankov et Skopalski ont compté 1. 172. 000 Bulgares. Dans la Roumélie turque je compte les Pomaks parmi les Bulgares. Dans le vilayet d'Andrinople ÎNlach évalue le nombre des Bulgares à 370.000 de religion orthodoxe et 115.000 de religion musulmane.

D'après un recensement opéré par Hilmi Pacha et communiqué par M. René Pinon (dont les résultats sont d'ailleurs loin d'être rigoureux), il y aurait dans le vilayet de Kosovo 164.476 patriarchistes, 184.912 exarchistes\42o. 388 musulmans; dans le vilayet de Bitolia, 309.759 patriar-

I. Sujets spirituels de l'exarque bulgare de Sofia, autrement dit Bulgares. Tr.

ches grecs, 1 1. 301 roumains, 8.461 serbes, 178.527 exarchistes, 509.307 musulmans; dans le vilayet de Salonique, 311.982 patriarchistes grecs, 24.377 roumains, 244.723 exarchistes, 531.431 musulmans. Pour ces trois vilayets, en admettant les anciennes statistiques de certains districts, M. Pinon donne un total de 3.267.265 âmes, dont i-795'359 musulmans et seulement environ 600.000 exarchistes bulgares. Il compte 850.000 patriarchistes grecs, roumains et serbes; mais dans ce nombre les Serbes ne figurent que pour un chiffre insignifiant.

Les autres données statistiques ne peuvent, pour des raisons connues, s'appliquer qu'aux Bulgares du royaume. C'est le seul pays qui nous fournit des données statistiques. Nous les étudions ici d'après les travaux de Vrbanic qui se rapportent au recensement de 1888.

Ils présentent les résultats suivants :

Chez les Bulgares le nombre des hommes est de i.ooo pour 965 femmes ; les hommes présentent un excédent de naissances de 54,2 p. i.ooo; la proportion des célibataires aux gens mariés est de 53 p. 100 : 41,9 p. 100 (4,4 p. 100 de veufs). La natalité est de 36,36 sur i.ooo ; elle est inférieure à celles des Serbes ; en revanche, la mortalité est moindre que chez eux, seulement de 18,0 (comparez les chiffres donnés plus haut, I 31J. En Bulgarie très peu d'enfants meurent dans la première année. C'est chez eux — parmi les Sudslaves — que la mortalité infantile est la

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plus faible (8,3 p. 100 seulement, contre 15,4 p. 100, en Dalmatie, 16,3 p. 100, en Serbie, 21,2 p. 100, en Croatie). Par suite de cette particularité' le coefficient de la natalité est, si l'on en croit Jireczek, aussi avantageux qu'en Serbie; il représente 1,83. Pour les années 1881-1887, Sarafov a trouvé un accroissement de 1,85 (pendant cette période il est né 100 garçons pour 89,7 filles) ; pour la période 1890-1900, le coefficient a été, à ce qu'il semble, un peu moindre. Plus récemment, lourkevitch propose le chiffre de 1,5 pour la Bulgarie du Nord et de 1,2 pour celle du Sud.

Suivant Popov, la densité de la population est de 38,8 habitants par kilomètre carré.

Au point de vue religieux les Bulgares appartiennent à l'église orthodoxe orientale. Ils ont une église à eux dont le chef appelé exarque réside à Orta Kioï, près de Gonstantinople. A côté de la majorité orthodoxe on rencontre deux groupes dissidents. D'abord les Bulgares catholiques ou Pauliciens (Pavlikiani). Ils parlent le dialecte oriental et vivent dans les cerclesde Nicopol, de Svichtov, dans sept villages des environs de Plovdiv. Il y a encore une communauté catholique à Berdavski Geran, près de Biéla Slatina, et une autre, celle de Gostilia près d'Oriechov (cercle de Vratsa). Tous sont originaires de la région de Plovdiv ou Philippopoli, où était naguère leur centre. Ils formaient naguère toute une série de communautés entre Plovdiv et

Nicopol. C'est d'eux que sont venues les colonies de Bulgares qui se sont établies en Hongrie (Vinga, Besenov) et qui sont catholiques.

Une autre portion assez considérable est constituée par les Bulgares qui, sous la domination turque, ont embrassé l'Islam. On les appelle les Pomaks. Ils sont établis de préférence dans le Rhodope, où ils constituent un groupe assez considérable entre Plovdiv et Salonique. On les rencontre aussi à l'état sporadique au nord du Balkán dans la région de Lovetch, Pleven (Plevna), particulièrement entre les rivières Vid et Panega, au sud de Pleven. Dans le royaume de Bulgarie leur nombre a beaucoup diminué; car, par suite de leurs sympathies turques, ils étaient depuis 1878 en conflit perpétuel avec les autres Bulgares. La dernière statistique en a compté 20.644 ^^ Bulgarie, dont 17.055 dans l'arrondissement de Plovdiv et 2.837 dans celui de Plevna.

Au point de vue de l'éducation les Bulgares ne sont pas encore très avancés, ce qui s'explique par les circonstances difficiles au milieu desquelles ils ont vécu, privés de toutes les ressources de la civilisation. Ils s'efforcent maintenant de rattraper le temps perdu. D'après la dernière statistique le nombre des lettrés était dans la principauté de 28,4 p. 100 en moyenne. Les cercles se classaient dans Tordre suivant :

Roustchouk 38,5 p. 100, Schoumen (Choumla) 35,9 p. 100, Varna 34, 8 p. 100, Trnovo

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34, I p. 100, Plovdiv 29,6 p. 100, Bourgas 29,4 p. 100, Sofia 28,8 p. 100, StaraZagora 28,3 p, 100 Pleven 23,1 p. 100, Kustendil 20,1 p. 100, Viddin 19,8 p. 100, Vratsa, 19 p. 100. Le plus haut degré d'instruction se rencontre naturellement dans les districts des grandes villes: 60 p. 100 à Sofia, Roustchouk et Varna, 49p. iooàPlovdiv,47 p. 100 à Kotel et à Schoumen, 37 p. 100 à Kazanlyk. Les régions les moins lettrées sont celles de Radomir (20 p. 100), Tsaribrod (19 p. 100), Kyzilagatch (19 p. 100), Berkovitsa(i6p. ioo),Koula (14p. 100) Bielogradtchik (13 p. 100), Ferdinandovo 13 p. 100.

§ 38. Différenciation intérieure. — Les Bulgares sont partagés en trois groupes au point de vue de la langue.

1° Celui du dialecte occidental : il est borné à l'est par une ligne qui part de l'embouchure du Vid dans le Danube et court vers Salonique à travers les régions de Nicopol, Pleven, Lovetch, Teteven, Pirdop, Novoselo, Panagiourichté, Ikhtiman,Tchepino, Razlog, Nevrokop, Melnik, Petrisch, Demirhissar, Seres, Salonique.

2° Le groupe de l'est se divise lui-même en deux branches :

A. Celle du nord-est où le peuple porte le nom général de Zagortsi (Transmontagnards), ou Khertsoi, ou Poliantsi.

B. Celle du sud-est, ou branche du Rhodope, dont les représentants s'appellent les Rouptsi, les Roupalani; leur noyau se trouve entre Stani-

LA BACE SLAVE

maka et les sources de l'Arda dans le pays appelé Rouptchos. On donne pour frontière à ces deux groupes orientaux la chaîne des Balkans et de la Sredna Gora (chaîne centrale). Mais cette frontière est alternativement franchie par les deux dialectes. Les autres démarcations imaginées par les philologues sont peu d'accord entre elles et on ne peut en établir de plus précises. Tsonev tire une ligne de Bourgas par lambolet StaraZagora sur Tatar Pazardjik; Miletitchjd'Andrinopole sur Plovdiv le long de la Maritsa (avec des pointes sur Tchirpan et Kotelj.

A l'ouest le dialecte des Roupci va jusqu'à Tchepino. Evidemment, avant l'invasion ils allaient jusqu'au Balkán et à la Sredna Gora et constituaient la tribu la plus puissante du sud. On n'est pas non plus d'accord sur les frontières du dialecte occidental. D'après Miletitch il va jusqu'à Tatar Pazardjik (région des Schopi).

Chez les Bulgares des trois groupes, il existe beaucoup de groupes secondaires pourvus de noms spéciaux et distingués par les coutumes, les traditions, les noms locaux ou les dialectes. Ainsi les habitants des régions montagneuses du Balkán s'appellent en général Balkantsi, ceux des monts Rhodope (en bulgare Rodopska Planina) Planintsi*,ceux des vallées de Sofia, de Kustendil, de Kratovo, Poliantsi, Poltsi, Poltchene ^

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