DU STEREORADIOSCOPE DU DOCTEUR BARDON
Avant cette guerre, le docteur Bardon, de Montceaules-Mines, réalise de toutes pièces le prototype de son appareil, qui comprend d’une part deux ampoules Coolidge en dérivation l’une sur l’autre et branchées tête-bêche aux bornes du transformateur H.T. (ces ampoules étant simplement disposées sur un berceau rudimentaire à même le sol), d'autre part un dispositif à barillet entraîné par un moteur synchrone et destiné à sélectionner les images. |
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Les résultats se montrent assez peu satisfaisants en raison des battements apportés par un synchro-
fl à A RL | -] LEE RRNTRNIE
Fig. 10
nisme imparfait. Le docteur Bardon fait alors construire par les Etablissements St-Chamond-Granat un sélecteur rigoureusement synchrone, alimenté en triphasé. |
Dès lors les essais les plus concluants ont lieu à Montceau-les-Mines : un relief saisissant est obtenu sans le moindre battement et avec une luminosité très satisfaisante. Ces essais sont suivis par le professeur agrégé Willemin, qui souligne tout le parti qu'on doit tirer de cette mise au point pour l’extraction rapide des projectiles sous écran. Un appareil simple, maniable et facilement transportable est
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réalisé par la Maison Massiot, appareillage prototype que le docteur Willemin utilisera dans une ambulance chirurgicale légère du front de Lorraine à partir de mai 1940. es
L'appareil comprend essentiellement la cuve génératrice de rayons et le viseur synchrone, entre lesquelles se trouve le blessé, placé sur une table radiochirurgicale du type normal des formations sanitaires de l’Armée.
La cuve génératrice de rayons est un bac rempli d'huile, hermétiquement clos et contenant un générateur à deux ampoules, cest-à-dire un transformateur survolteur, des transformateurs dévolteurs de chauffage et deux tubes Coolidge. Ceux-ci dessinent une dérivation sur le circuit HT. et sont inversés.
Les tubes type Coolidge sont auto-sélecteurs, du moins aux intensités suffisamment faibles pour que l’anticathode ne rougisse pas. Donc, au cours de chaque période, chaque ampoule est excitée, l’une pendant la première alternance, l’autre pendant la deuxième alternance. Ainsi, sur l’écran radioscopique (et pour une fréquence de 50 du courant alternatif d'alimentation), nous obtiendrons pendant chaque seconde 50 images droites et 50 images gauches, soit 100 images intriquées d’une durée inférieure au centième de seconde. |
Du générateur, par deux orifices d'ouverture et d’écartement convenables, sortent deux faisceaux convergents vers un point situé à environ 0 m. 60 du plan des foyers.
La partie réceptrice de l'appareil comporte un viseur binoculaire derrière lequel passent, en synchronisme avec le courant d’alimentation des ampoules, deux diaphragmes rotatifs creusés dans un tube, mû par un petit moteur synchrone.
Sous le viseur et à bonne distance, un écran radioscopique protégé dans une bonnette et doublé d’une glace au plomb, recueille l’image du couple stéréoscopique.
Cet ensemble viseur synchrone-bonnette est supporté par une pièce du châssis en col de cygne, et peut être légèrement approché ou éloigné du blessé par un chemin à crémaillère.
Fig. 11
Les qualités à exiger du viseur sont les suivantes :
— Synchronisme parfait ;
— Haut rendement lumineux ;
— Absence de vibrations et de bruit ;
— Encombrement et poids réduits. |
C’est pourquoi les solutions de guichets à guillotine et de disques tournants ont été éliminées et celle du barillet fenêtré retenue.
Un carter cylindrique fixe porte deux fenêtresœilletons sur sa génératrice supérieure. Une large fenêtre est ménagée sur toute la longueur de la génératrice inférieure.
Ce carter contient un barillet concentrique comportant deux fenêtres diamétralement opposées en face de l’œilleton droit, et deux fenêtres diamétra-
lement opposées, elles aussi, en face de l’œilleton -
gauche, mais décalées de90° par rapport à celles de droite. :
pd
ART et PA
OL
Il résulte de cette disposition qu’au cours de la
rotation du barillet, chaque œil est démasqué deux
fois par tour. Le barillet doit donc tourner à la moitié de la fréquence du courant d'alimentation,
soit 25 tours/seconde (c’est-à-dire 1.500 tours/minute)
pour un secteur à 50 périodes. | La mise en phase exacte du viseur avec l’émission des ampoules est faite une fois pour toutes : elle
. s'obtient par le décalage progressif en marche du
stator du moteur.
La vitesse angulaire de ce moteur à très faible
puissance est parfaitement uniforme, sans glissement
ni oscillations autour de sa position de synchronisme. Suivant la phase d’accrochage du moteur, qu’on détermine très aisément à l’aide d’un bouton molleté à repère, on passe instantanément de l’orthoscopie à la pseudoscopie.
Le viseur mis en expérience pendant la guerre était muni d’un moteur triphasé. L'appareil était donc tributaire du réseau, alors qu’il devenait inutilisable en cas d’alimentation par le groupe électro-
gène autonome des formations chirurgicales avan-
-cées. Un viseur monophasé a été mis au point depuis.
Le bloc moteur-viseur d’une part, la cuve double ampoule d'autre part, sont très peu encombrants et de poids réduit. Ils sont reliés par un bras en U évasé et montés sur un support permettant de donner à l’ensemble toutes les positions désirables par rapport à la table radio-chirurgicale (rotation, bascule, déplacement longitudinal et transversal sur chemins de roulement).