CARACTÈRES CLINIQUES DE L'HÉMIPLÉGIE CONSTITUÉE
A la première période qui est la période de flaccidité, on remarque : la diminution des réflexes tendineux, des phénomènes de syncinésie globale, la diminution des reflexes cutanés; le signe de Babinski est presque toujours positif.
Pour peu que cette période n’aboutisse pas à la mort et qu’elle dure quelques semaines, l’hémiplégie devient spasmodique.
La contracture succède lentement et progressivement à la flaccidité, les troubles sphinctériens disparaissent, la fièvre tombe. De la quatrième à la sixième semaine, elle s’annonce par l’exagération des réflexes rotulien et achilléen du côté de l’hémiplégie, parfois cle s'annonce par des phénomènes subjectifs de syncinésie globale. Puis les contractures permanentes apparaissent : il existe de la raideur et même de la rigidité impossible à vaincre, les membres prennent des attitudes vicieuses, le membre supérieur en fle-
xion, le membre inférieur en extension le plus souvent.
A la face, la déviation existe toujours, mais elle est de sens inverse à la déviation de la péride précédente.
Les reflexes tendineux sont exagérés et l’on voit apparaître toute la série des clenus; on met en évidence aussi le réflexe contro-latéral de Pierre Marie, la trépidation épileptoïde, le signe de Babinski, presque toujours positif. De plus les trois sortes de syncinésies : globale, d'imitation, de coordination.
Les réactions électriques sont peu modifiées l’électro-diagnostic classique ne révèle pas de modifications qualitatives; la recherche de la chronaxie montre que celle-ci est augmentée à la période de flaccidité et diminuée à la période des contractures.
Voici décrite l’hémiplégie classique, mais celle-ci est rarement pure et, presque toujours, est associée à - d’autres syndromes.
Suivant l’intensité, on aura des formes allant de la paralysie totale de la moitié du corps aux parésies.
Suivant le mode de début, on aura des formes à début brusque (apoplexie, coma) ou à début lent et progressif.
Suivant l’étendue, avec atteinte plus ou moins complète du membre supérieur et du membre inférieur.
Des troubles plus ou moins importants, plus ou moins durables seront associés
__ Les troubles moteurs, sont des mouvements pré
ER or
ou post-hémiplégiques : hémichorée, hémitremblement, hémithétose, hémiataxie.
Ces mouvements sont beaucoup plus fréquents dans l’hémiplégie cérébrale. infantile que dans l’hémiplégie de l’adulte. Chez les adultes, dans les lésions des noyaux gris de la base, on observe fréquemment de l'hémiataxie; l’hémiasynergie est due à la lésion des faisceaux cérébelleux et peut être homo ou contro-latérale.
— Les troubles sensitifs sont caractérisés par l’hémianesthésie, celle-ci peut disparaitre rapidement ou être persistante. Elle accompagne surtout les lésions thalamiques et les lésions de l’axe bulbo-protuberantiel. Les douleurs pré ou post-hémiplegiques appartiennent aussi aux lésions thalamiques.
— Les troubles sensoriels sont dûs à une lésion des centres optiques : hémianopsie.
— Les troubles de la parole, constituent les divers types d’aphasie : aphasie proprement dite, résultant de la perte du langage intérieur, anarthrie, résultant de la perte du langage extérieur, variables dans leur intensité et dans leur extension, et fréquentes surtout dans l’hémiplégie droite.
— Les troubles vaso-moteurs, vont donner de l’abaissement de la température, la circulation se fait mal dans le membre paralysé surtout chez le brightique : hémioédème. Un autre aspect sera donné par la « main succulente ».
— Les troubles trophiques, se caractérisent par : les amyotrophies souvent précoces, les arthropathies
douloureuses et ankylosantes, les atrophies du squelette, la cyanose de la peau.
— Enfin les troubles psychiques, qui ne sont, en général, pas entraînés par l’hémiplégie elle-même, se voient surtout quand celle-ci est associée à l’aphasie, à l’artério-sciérose cérébrale.
Ces troubles sont de l’ordre de l’affaiblissement intellectuel simple (portant sur l'intelligence, le calcul, la mémoire didactique). Les diverses psychoses peuvent également s’observer chez ces malades, l’émotivité exagérée qui est fréquente entre ordinairement, avec le rire et le pleurer spasmodique, dans l’ordre des phénomènes pseudo-bulbaires.
— D'autre part, toujours suivant le siège des lésions on aura : des hémiplégies associées qui donneront des formes bien déterminées et bien décrites, telles que
Le syndrôme de Weber, de Bénédict (H. pédonculaire). ,
Le syndrôme de Millard-Gübler (H. protuberantielle).
Les syndromes bulbaires et spinaux qui sont complexes et que nous ne ferons que citer, car ils ont peu d'intérêt pour notre étude.