ASSOCIATION COURTE DISTANCE ET BAS-VOLTAGE
La loi de propagation du rayonnement obéit dans le vide à l'inverse du carré de la distance à condition que la source soit punctiforme, mais ne dépend pas de la longueur d’onde. Au contraire la loi exponentielle d'absorption dépend dans un milieu donné de la longueur d’onde et non de la distance au foyer si le faisceau est cylintrique.
Nous proposons une formule que nous n'avons jamais rencontrée, et qui réunit les deux relations précédentes en une
seule ; les différentes vérifications que nous avons faites
Surtout dans l’eau ou la paraffine, nous permettent de dire
qu'elle représente d’une façon très convenable l'expérience. Si nous supposons le rayonnement monochromatique :
I se so 6 &+y?° Ux
TK : intensité à la profondeur x du milieu considéré y : distance du foyer à la peau KP. — y u : coefficient d'absorption pour la longueur d'onde considérée
TL : intensité dans l'air au niveau de la surface (x — 0)
Cette formule néglige à la fois le polychromatisme et la diffusion en retour.
Le produit I,y? est constant, il est égal à l'intensité du faisceau à la distance unité du foyer y = 1.
Cette relation a l'avantage de préciser numériquement, à la profondeur donnée x le rôle relatif de la distance y et du coefficient u c’est-à-dire de la longueur d'onde À si le milieu est choisi.
Si la distance à la peau, y, est très grande par rapport à la
è y X profondeur des tissus x, le terme ae = C + I tend vers sa plus grande valeur c'est-à-dire l'unité et l'énergie absorbée ne dépend alors que du terme e-ux c’est-à-dire de la longueur d'onde uniquement.
Au contraire si la distance y est de l’ordre de grandeur de
la profondeur x, le terme ;-—=— ne se rapproche plus de . (x + y)
l'unité et ne doit pas être négligé ; il peut être plus petit que
le terme exponentiel e x :
Par exemple, avec l'appareil Philips, fonctionnant sous 50 KV environ, et une filtration totale de 2,7 mm.Al qui monochromatise pratiquement le faisceau, nous obtenons les résultats suivants :
DS
soit F.P.—y—2 cm., u — 0,27 et la profondeur des tissus x — 4, la formule que je propose, donne
2 L ; (l'expérience, en particulier celle de VAN DER PLAATS donne 0,034). Donc en rapprochant le foyer à 2 cm. de la peau, la dose à 4 cm. n’est plus que le 1/9 environ de ce qu’elle serait si le foyer était très éloigné.
D'après ce qui a été dit pour détruire le plus efficacement les lésions superficielles en respectant le plus possible les tissus sains sous-jacents, il faudra à la fois diminuer la distance focus-peau ; augmenter les longueurs d'onde au moyen d’un bas-voltage et peu filtrer.
Au contraire, pour atteindre les organes profonds malades en lésant le moins possible les tissus interposés sur le trajet du faisceau, il faudra à la fois augmenter la distance FP et diminuer l’ensemble des longueurs d’ondes au moyen d’un haut voltage et de la filtration.
C'est en se basant sur ces considérations que les techniques rœntgenthérapiques peuvent être classées :
10) Radiothérapie superficielle, dont les 3 variétés sont
a) Radiothérapie avec des rayons très mous Tension 10 KV (X—=1,2 À environ) FP = à quelques cm., sans filtre.
b) Radiothérapie de contact Tension 50 KV environ (0 — 0,25 À) - FP—à quelques cm., sans filtre ou avec filtr
très mince d’Al.
c) Radiothérapie à courte distance Tension ‘de l'ordre de 100 (KV (NN —= 0, r274) FP — 10 à 15 cm. avec filtre mince.
2°) Radiothérapie profonde, dont les 2 variétés sont :
a) Tension de 200 KV (A — 0,06 À) en une distance del; =.50"cm c'est la méthode la plus répandue.
b) à voltage plus grand que 400 KV (% — 0,03 À) et à une distance FP — 1 mètre appelée ultra-pénétrante, très peu utilisée se rapproche de la télécuriethérapie.
Toute radiothérapie profonde ou pénétrante utilise toujours les filtres pour « durcir » et « homogénéiser » le faisceau en supprimant par absorption les radiations molles du fond continu pour ne garder ainsi qu'une plage assez réduite de radiations dures.
La radiothérapie de contact est donc un cas particulier de la rœntgenthérapie superficielle et, comme la curiethérapie de contact, porte les radiations au sein même des lésions à traiter. La fig. 5 compare les intensités absorbées par la radiothérapie de contact et la curiethérapie en surface.
10) La méthode des rayons très mous, appelée encore rayons limites ou de Bucky, est peu répandue surtout en France. Elle s'adresse aux lésions très superficielles, celles de l’épiderme ‘ou de la couche papillaire ; après 1 mm. d'épaisseur, l'intensité de faisceau a diminué de plus de la moitié. Certaines dermatoses en sont heureusement influencées.
20) La radiothérapie à courte distance de 10 cm. environ est encore peu utilisée actuellement ; elle se rapproche des premières techniques radiothérapiques utilisées. Elle sera indiquée pour les lésions cutanées dont l'épaisseur ou le volume ne permettrait pas la radiothérapie de contact.
3°) La curiethérapie est aussi une technique d'irradiation par des rayons X de très faible longueur d'ondes (À compris entre 0,5 À et 0,01 À) émis par le radium en supposant que des filtres arrêtent le rayonnement des & et f. Technique qui a deux variétés.
— Ja télécuriethérapie, peu utilisée et qui ne nous intéresse pas ici, et la curiethérapie de contact dans laquelle les tubes ou aiguilles de radium sont portés au contact même des cellules pathologiques pendant quelques jours.
Nous comparerons plus loin l'application du radium et le contact en radiothérapie et nous montrerons que ces deux techniques se rapprochent parce que les radiations sont portées au sein même des lésions et que la loi de la distance
l 2 cm
FIG. 5. — Comparaison de l'absorption du rayonnement du Radium et de la Radiothérapie de de contact (Hæd).
1) Radium 3 x 4 cm à 1 cm de la surface.
2) Radiothérapie de contact à 2 cm de foyer.
8) Radium sur la surface.
en ordonnées les pourcentages d'intensité, en abscisses la profondeur des tissus.
joue un rôle important et semblable dans les deux cas, mais ces deux techniques diffèrent par la durée du traitement, la répartihion de la dose dans le temps. Quant aux longueurs d'ondes utilisées, très dures dans la curiethérapie, molles dans la radiothérapie de contact, elles ne semblent pas intervenir.