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ETUDE BIOLOGIQUE

Nous n'avons pas l'intention d'envisager cette étude en détail, mais de préciser certaines notions et de montrer s’il existe une différence entre l’action des rayons X de l'appareil de contact et l’action des rayons X en général.

Pour nous, la radiobiologie est basée sur un double indéter-

minisme ; l’un appartenant à l’action des radiations, l’autre appartenant à la réaction de l'organisme.

1) Probabilité dans l’action du rayonnement.

Sans préciser exactement le mode d’action des rayons X et leur cause efficiente : si c’est le photon, l’électron, l’ion ou même l'énergie, nous savons que les radiations, l'énergie, la matière sont de nature discontinue. Cette notion du quantum d'action est fondamentale dans la physique moderne, ainsi que l’indéterminisme qui accompagne ce quantum d'action, dont le nombre est infiniment grand. Nous ignorons où se fera exactement-sentir l’action d’un quantum déterminé, mais nous connaissons leur répartition statistique. De chaque quantum nous ne connaissons que sa probabilité, de tous les quanta nous connaissons la certitude. Ainsi dans un tissu ce sera tantôt la cellule, tantôt l’exoplasme, tantôt les humeurs qui recevront cette action efficace et qui la recevront dans une région sans

doute infiniment petite. De même dans la cellule la distribution de l’action radiante se fera au hasard des rencontres et atteindra un organite quelcorique : protoplasme, noyau, centrosome. gène, etc... élément jouant un rôle spécial dans la cellule,

II) Probabilité dans la réaction de l'individu.

La nature vivante : cellule, tissu, organe, organisme, réagit à cette introduction de photons ou d’ondes, éléments étrangers à son milieu intérieur (antixhénisme de Grasset). Parmi ces réactions, certaines sont perceptibles ; ce sont les effets étudiés. Mais puisque les atteintes de la cellule par les radiations sont soumises au hasard, les manifestations observées seront elles aussi soumises aux lois de hasard. En un mot l’indéterminisme dans les causes entraîne l’indéterminisme dans les effets.

Mais cet indéterminisme des réactions est-il dû uniquement au hasard des actions rœntgéniennes ? Est-ce que des cellules qui reçoivent la même action dans la. même région réagiront de la même façon ? Si des cellules présentent le même effet perceptible, doit-on en déduire qu'elles ont reçu la même cause efficiente des radiations ? Evidemment non. Ce serait méconnaître la notion du terrain, la variation individuelle qui est à la biologie ce qu'est la notion de discontinuité à la physique ; principes qui ont pour conséquence l'introduction des probabilités en physique et en biologie.

Tout le monde est unanime à reconnaître que des individus appartenant à des colonies biologiques différentes, à des tissus différents, ne réagissent pas de la même façon à un même agent causal .: des paramecies, des cellules épithéliales, nerveuses, ne se comportent pas de la même façon pour une même irradiation, puisque leur morphologie et eur physiologie sont différentes. Mais la notion du terrain doit être étendue aux individus d’une même colonie, d’un même tissu ; cette variation individuelle peut être plus ou moins importante selon les séle tions naturelles ou artificielles, mais elle existe quand même et il est impossible d'admettre a priori l'identité biolo-

gique.

La variation individuelle est évidente pour les êtres multicellulaires : des enfants issus de mêmes parents, d'âge voisin, de même sexe, vivarit dans le même milieu, réagissent différemment à une même maladie. Aux différences extérieures que nous voyons, correspondent peut-être des différences internes que nous ne pouvons pas déceler. De même pour les êtres infiniment petits, monocellulaires ou autres, nous devons admettre, jusqu'à preuve évidente du contraire, une variation individuelle; même si nos moyens d'investigation ne nous permettent pas encore d'apprécier les nuances de l’individualité.

Peut-être les virus cristallisés, comme celui de la mosaïque de tabac, qui est l’être vivant apparemment le plus simple, sera-t-1l un exemple d'identité biologique rigoureuse, à moins qu'il éloigne encore cette notion.

D'ailleurs, pourquoi discuter la variation individuelle, la notion du terrain pour plusieurs individus semblables alors qu'un même individu n’est pas identique à Îui-même et son individualité est une fonction du temps comme pour tout ce qui est, objet inanimé ou être vivant. En particulier au moment de la division cellulaire l'identité disparaît ; à d’autres moments elle peut faire bien des maladies.

En conclusion : d’une part la physique nous apprend la discontinuité et l’indéterminisme d’un rayonnement, d’autre part la biologie nous apprend l’indéterminisme dans la réaction des individus, c’est-à-dire la « spécificité » aussi bien de la colonie que de l'individu à un moment donné. Il semble dorc que la radiobiologie soit basée sur un double indéterminisme physique et biologique.

L/implacable expérience nous dira un jour si de telles théories s'appliquent à la réalité, c’est-à-dire si elles sont commodes pour rendre compte des phénomènes observés, où pour prévoir d’autres expériences, ou bien s’il faut modifier la notion du photon ou de l'individu.

Nous envisagerons rapidement

l'action sur la cellule vivante et Îa radiosensibilité | cellulaire,

I l'action sur les tissus ou les organes et la radiosensibilité cellulaire, l’action sur l'organisme ; II le rôle de l'intensité, de la longueur d'onde et du temps

de l’irradiation ;

AU les théories radiobiologiques.

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