VII. — PROTECTION
Les rayons X, lorsqu'ils sont mal répartis, sont dangereux aussi bien pour le malade que pour le médecin, et les débuts de la radiologie comptent un grand nombre de victimes. Leur danger est dû au fait qu'ils traversent plus ou moins un grand nombre de corps et peuvent, à la longue, produire sur le personnel traitant des accidents généraux et locaux.
L'organisme réagit souvent à un agent thérapeutique en cherchant à diminuer son effet ; aussi les doses reçues, si elles sont espacées comme nous l’avons dit, ne s’ajoutent pas; il existe pour le rayonnement comme pour les médicaments, une dose liminaire appelée dose de tolérance T qui est définie par TAYLOR « dose maximum de rayonnement X qu’une personne peut recevoir d’une façon continue ou à intervalles répétés sans qu’il en résulte aucun dommage pour le sang ou les organes reproducteurs ».
Cette dose T exprimée en rœntgens est de l’ordre de un millionième de l’unité internationale r par seconde : T= 10$r par seconde ; cette dose T ne fait pas intervenir la qualité du rayonnement ; plus les radiations seront molles moins elles agiront dans la profondeur ; la radiothérapie de contact aura plutôt une action superficielle et, si on définit la dose tolérance par rapport à la dose érythème, les auteurs tels que KAYE, BARKLAv.. etc... admettent qu’elle est égale environ au millième de la dose érythème.
LAMERTON a construit la répartition de la dose de tolérance Tl dans l’espace ; nous donnons les courtes isodoses T pat rapport au tube de l'appareil Philips (Hg. 30). Nous voyons combien ces radiations égarées ont une faible énergie, conséquence de la qualité de faisceau utilisé ; elles sont dues théoriquement aux rayonnements parasite, direct, diffus.
10) Le yayonnement parasite : ce rayonnement engendré par le choc des électrons ailleurs que sur l’anticathode, est absorbé complètement par les parois du tube métallique, les radiations étant peu pénétrantes. Aussi l'enveloppe protectrice du tube des appareils de contact n’a pas l'importance de l'enveloppe nécessaire aux appareils de haute tension. Le tube sera donc allégé et pourra être tenu à la main.
100 cm.
200 cm.
500 EEE
FIG. 30. — Répartition dans l’espace de la dose des radiations égarées.'T — dose de tolérance (Lamerton).
29) Le rayonnement direct : la protection du malade contre ce rayonnement est parfaitement assurée puisque le tube est mis au contact même de la lésion où à peu de distance, avec localisateurs métalliques.
30) Le rayonnement diffusé : c’est le rayonnement le plus important des trois. Ce rayonnement représente environ 80 à 90 % des rayons vagabonds d’après BAESTRUP. La peau
et d’une façon générale toute matière rencontrée par les tissus, vont diffuser, mais les radiations utilisées s’amortissent très vite et par conséquent leur trajet étant très court, elles rencontreront moins d'objets diffusants : de plus la diffusion diminue avec la longueur d’onde.
En résumé, d’après ce qui précède, malgré les fortes doses données, la protection du malade est toujours réalisée puisque les temps d'irradiation sont très courts.
Quant à la protection du personnel elle se limite uniquement à celui qui tient le tube puisque dans l'air à 3 mètres du tube elle est presque négligeable. Ie médecin qui tient le tube, ce qui n'est pas toujours obligatoire puisqu’un jeu de leviers permet d’immobiliser le tube dans n'importe quelle position, et qui serait obligé de le tenir à l'extrémité pour éviter le moindre déplacement à tout de même intérêt à mettre des gants doublés de plomb et même un tablier approprié si les irradiations sont-très nombreuses.
Enfin le danger des hautes tensions n'existe plus dans les appareils modernes. Pour la radiothérapie les cables sont isolés et il existe, entourant tous les fils conducteurs un tuyau protecteur en caoutchouc isolant (SHOCKPROOF).
En résumé, la protection en radiothérapie de contact, aussi bien pour le malade que pour le médecin n’entraîne pas les complications de la protection des appareils de la radiothérapie profonde.
CONCLUSION
La radiothérapie de contact appliquée seule où en associahon avec d’autres thérapeutiques est donc une technique qui présente de nombreux avantages. Ce n’est pas une révolution en thérapeutique puisqu'elle emploie les rayons X, mais c’est une façon heureuse de les utiliser et de les asservir à un but de guérison.
Cette méthode fait /a es entre toutes tés méthodes actuelles pour combattre le cancer ; elle représente une nuance thérapeutique et souvent la guérison est obtenue par les nuances du traitement.
Dans les néoformations superficielles de Det volume, elle représente à elle seule le traitement de choix puisque, outre son efficacité et l'esthétique de la cicatrice, cette technique est indolore, rapide, facile à employer, économique.
Si les néoplasies ont un volume trop grand, dû soit au bourgeonnement soit à l’infiltration, alors elle viendra compléter heureusement l’action de la radiothérapie profonde, du bistouri, de la thermocautérisation et même du radium.
Mais par contre dans les dermatoses le succès en est variable. Les dermatoses sont souvent une maladie de tout l'organisme à manifestation cutanée et faire disparaître le symptôme cutané sans atteindre la cause profonde ne peut donner que des succès apparents et temporaires. D'ailleurs la radiothérapie à courte distance et à bas voltage permet d'obtenir en dermatologie les mêmes résultats que la radio-
thérapie à grande distance et haut voltage ou les rayons de BUCKY.
Enfin, dans les néoplasmes profonds, si décevants puisque le bistouri le plus hardi, le rayonnement le plus pénétrant n'arrivent pas à détruire toutes les cellules cancéreuses, la radiothérapie de contact associée ou non à la chirurgie donne, elle, des résultats encourageants. Par exemple CHAOUL, sur une période de 10 ans, a traité 72 malades atteints de cancer du rectum, la majorité inopérables, et nous avons indiqué les succès obtenus.
Cependant cette méthode, logique dans son principe, intéressante dans ses applications, n’a pas connu la diffusion rapide de tant de thérapeutiques restées sans lendemain. Les auteurs anglo-saxons écrivent qu’il a même fallu de la réclame pour la faire utiliser chez eux. Pourquoi ? Parce que la mode ne perd jamais ses .droits et les médecins comme les sages la suivent. Ces dernières années en effet on a cru trouver le dernier cri la de radiothérapie dans les très petites longueurs d’onde et ce fut la course vers les hauts voltages : 400, 600, 1.000 KV
et au-delà ; dans cette course, seul a suivi le prix de l’installation.
Actuellément, les nombreux succès obtenus par tous les auteurs et les résultats obtenus personnellement sur une cinquantaine de malades au moyen de la modeste radiothérapie de contact suffisent à répandre cette fechnique à bon marché. Et nous terminerons en rappelant ce qu'écrivait WOOBURN MorisoON à ce sujet dans une revue allemande : « Les aubergistes, dit cet auteur, gw vendent du vin en font la réclame en suspendant une branche devant leur porte, mais les aubergistes qui vendent du bon vin sont suffisamment connus et n'ont pas besoin de celte réclame » ; et le médecin anglais ajoute, en l’appliquant à la radiothérapie de contact, le proverbe allemand que je traduis mot à mot : € Bon vin n'a pas besoin de branche ».
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