TECHNIQUE
C’est cette hypothèse d’une action double des rayons de Rœnigen sur lefibrome qui a dicté les grandes lignes de la technique radiothérapique dans le traitement des tumeurs fibreuses de l'utérus.
Nous devons eneffet nous proposer d'agir et sur le fibrome, et sur les ovaires. Mais nous nous heurtons à un double écueil. L’utérus et les ovaires sont des
organes situés dans la profondeur des tissus, donc
peu accessibles aux rayons X en partie absorbés par les tissus sus-jacents. D'autre part nous ne saurions atteindre les plans profonds, sans emprunter la voie cutanée, dont nous connaissons la radio-sensibilité extrême.
Pour traiter avec succès les fibromes utérins,nous devrons donc triompher de ces deux obstacles, et réussir à porter au contact des tissus profonds une dose de rayons de Rœntgen, thérapeutiquement suffisante, et compatible avec l'intégrilé des téguments interposes.
Comment atteindrons-nous ce but ?
Pour ménager les téguments nous multiplierons les voies d’accès sur le fibrome et sur les ovaires
Pour diminuer l'écart entre la dose reçue par les plans profonds et celle reçue par les plans superficiels, nous ferons usage de rayons durs, filtrés, qui seront pénétrants et peu nocifs pour la peau.
Le traitement radiothérapique des fibromes ne comporte pas d’insirumentation spéciale.
Notre dispositif comprend :
Un lit radiothérapique de modèle courant, un pied support de la maison Gaiffe qui nous permet d’obtenir une compression appréciable, un protecteur effectif dans lequel ae plaçons une ampoule Chabaud du modèle n° 2, à osmo-régulateur YAtAbIE. |
Nous choisissons une ampoule usagée,
La malade est étendue sur le dos, nous divisons la paroi abdominale antérieure, sur la largeur, en trois régions : une médiane correspondant à la tumeur, deux latérales correspondant aux ovaires. Nous limitons ces trois régions par une localisation en cristal de 3 centimètres de diamètre. Nous repérons avec beaucoup de soin ces trois zones, pour éviter d'agir à deux séances consécutives sur un même point. La localisation des ovaires est évidemment incertaine, du fait de l'augmentation de volume de l'utérus. Mais en dirigeant notre faisceau incident sur un point situé au milieu d’une ligne réunissant l’épine iliaque antéro-supérieure à la symphyse pubienne,nousavons toutes chances d'atteindre la région ovarienne,
Dans lesirradiations latérales, nous inclinons notre localisateur légèrement en bas et en dedans pour que le faisceau de rayons X atteigne non seulement
l'ovaire mais encore une portion importante de la tumeur.
Pour l'irradiation de la porte d’entrée médiane nous disposons le localisateur normalement à la paroi. La divergence des rayons qui augmente dans la profondeur des tissus la surface d'irradiation, permettra aux ovaires de bénéficier dans une certaine mesure de cetie voie d'accès supplémentaire.
La dose qu’ils ont reçue se trouve augmentée ; les: effets thérapeutiques sont aussi plus rapides. Toutefois cette porte d'entrée semble présenter un léger inconvénient : L'exposition répétée de la peau détermine en effet un certain degré d'atrophie qui, au cas où une intervention par voie abdominale deviendrait nécessaire pourrait retarder la cicatrisation de la brèche opératoire. Il sera donc prudent de toujours ménager sur la ligne médiane, à l’aide d’une lame de plomb, une bande de peau saine large de 2 centimêtres ou plus.
Guilleminot et Laquerrière ont poussé plus loin encore cette méthode de feux croisés. Ils ont proposé d'utiliser également la voie d’accès postérieure. Si dans la grande majorité des cas la paroi postérieure nous paraît une voie peu pratique parce que très épaisseet incompressible, elle ne doit pas être négligée dans certains cas particuliers.
Notre maitre, le D: Béclère, nous a dit l'avoir em-
pruntée très avantageusement dans le traitement d’un fibrome à siège pelvien.
Nous ne manquons jamais d'utiliser la propriété
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précieuse qu'offre la paroi antérieure de s’amoindrir sous la pression. Nous diminuons ainsi la distance entre la surface cutanée et l'ovaire et protégeons les anses intestinales qui sont refoulées. Notre localisateur nous permet d'exercer une pression suffisante que nous rendons plus effective en intercalant entre le localisateur et la paroi une ampoule de caoutchouc qu’on gonfle d’air. ,
Si la détermination des voies d'accès sur la tumeur et les ovaires est un point essentiel de notre technique, le choix de la nature des rayons que nous devrons utiliser est un facteur Le réussite encore plus important.
Nous choisissons toujours des rayons pénétrants. Notre ampoule Chabaud est réglée de façon à émettre un rayonnement de pénétration 7°5-85 au radiochromomètre de Benoist. Certains auteurs au nombre desquels se placent Bordier, Haret ont conseillé emploi d'ampoule. très dures donnant des rayons de 10-12 degrés Benoist. Il nous semble difficilement : pratique d'obtenir un rendement régulier avec des tubes aussi durs. Ils fonctionnent irrégulièrement ; leur paroi se couvre surtout au niveau de la cathode, d’arborescences lumineuses, qui, si l’on augmente l'intensité, amorcent l’étincelle homicide pour le tube. Les ampoules vieillies, müûries ont au contraire leur meilleur régime de marche quand elles émettent des rayons de dureté 7°3-805 Benoist. Ce rayonnement nous semble d’autant plus suffisant, que l'emploi d’un filtre en augmente la dureté. Nous utilisons