‹ La Radiothérapie Des Fibromes UtérinsChapitre 8 sur 50 · NES · texte numérisé non relu

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continua sur la face interne, et enfin gagna la partie correspondante du cou. Puis survinrent sur la face externe de l'oreille des phlyctènes, du suintement et même une ulcéralion de la surface cutanée. A la face interne et sur la partie correspondante du cou des phénomènes analogues se produisirent, mais leur apparition eui lieu quelques jours pius lard, et leur intensité fut moins considérable. Le cartilage ne fut pas nécrosé et les oreilles reprirent leur forme normale après guérison. »

Aussi Scholtz pose-t-il les conclusions suivantes : « Les rayons de Rœntgen agissent surtout sur la peau tandis que les tissus profonds (muscles, cartilages, os) ne sont que peu influencés et ne se nécro-: sent que secondairement à la suite de l’inflammation intense et de l’ulcération dela peau. »

C'était dénier aux rayons de Rœntgen sur des organes silués dans la profondeur des Lissus, toute action biologique effective, partant tout pouvoir thérapeutique. |

Mais les conclusions de Scholtz devaient être rapidement infirmées. Dès l’année suivante, Albers Schonberg établissait la fragilité des cellules de la lignée sexuelle chez le mâle qu'il montrait plus sensibles aux rayons de Rœntgen que les cellules des téguments. Il rapporta que des cobayes irradiés par un tube demi mou, étaient devenus inféconds, mais non impuissants. Les spermatozoïdes sont tout d'abord tués, on les retrouve privés de mouvements dans le liquide spermatique puis ils disparaissent

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complètement. La paroi des canaux séminifères a cessé de les produire parce qu'elle a perdu son revête ment de cellules épithéliales. Albers Schonberg nota des modifications accessoires très légères du côté de la peau et seulement dans un petit nombre de cas.

L'état général était demeuré excellent.

Ce sont sans doute ces expériences, ainsi que les

résultats obtenus par la radiothérapie dans le cancer qui déterminèrent Foveau, de Courmelles à tenter l'emploi des rayons de Rontgen, dans la cure des fibromes.

C’est en effet à un médecin français le D: Foveau

de Courmelles que revient l'honneur d’avoir le pre-

mier utilisé la radiothérapie dans le traitement des.

myomes utérins. Le 11 janvier 1904, le professeur d’Arsonval rapportait à l’Académie des Sciences ; le cas de deux femmes traitées par Foveau de Courmelles présentant l’une un fibrome volumineux remontant au-dessus de l'ombilic ; l’autre une tumeur de la grosseur d'un œuf d’autruche. Ces femmes perdaient très abondamment au moment de leurs époques. Elles n’accusaient pas de ménorragies. À la suite d'applications très fréquentes et longiemps continuées de rayons de Ræœntgen, il obtint une régression marquée du volume des fibromes. et £ suppression des hémorragies.

L'état général s’était très manifestement amélioré.

Quelques mois plus tard Deutch publiait un travailsur la radiothérapie dans les tumeurs de l'utérus, comprenant l'histoire de 5 cas de myomes tous heu-

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reusement influencés par la thérapeutique rœntgenienne. |

Imbert de Montpellier confirmait bientôt ces premiers résultats par la publication de cas personnels.

A partir de ce moment les statistiques favorables noùs sont venues de tous côtés. Les expériences d'Halberstaldter de Breslau établissant l’action atrophiante des rayons X sur les ovaires de lapine apportait un nouvel appui à la méthode nouvelle. Bergonié, Tribondeau et Récamier arrivaient l'année suivante aux mêmes conclusions.

Dès 1905, Foveau de Courmelles qui a observé 30 cas de myomes traités par la radiothérapie avait remarqué que les rayons de Ronigen ont une action d’autant plus rapide que la malade dépasse quarante ans. Il signale l'apparition de ménorrhagies sous J'influence du traitement. |

A la fin de cette même année, Laquerrière communiqua le cas d’une fihromateuse de cinquante ans qui perd du sang depuis un an el dont l’hémorragie cède à huit séances de rayons X.

Puis Kocher, Leugpelzer, Gôrl, Frankel apportent leur part de travaux personnels.

En 1909, Albers Sehonberg fait sur cette question une communicalion retentissante au Congrès de Rontgen. Il considère dès lors la radiothérapie comme la méthode de choix du traitement des fibromes.

Au cours de ces dernières années les publications se sont multipliées sur cet intéressant sujet. Nous devons citer les noms de Gauss, Abel, Evler,Hænisch,

Faber, Bordier, Spéder, Bergonier, Guilleminot, Béclère, Jaugeas, Haret, Lacaille. Mais nous devons

accorder à Bordierune place particulièrement impor-

tante dans l'historique du traitement roentgenien des

fibromes. Bordier, en effet, établit le premier une

technique précise, lechnique qui lui permit d’obtenir des résultats remarquables par leur rapidité et par leur constance.

Nous mêmes avons eu l’occasion de suivre l’action bienfaisante des rayons de Rœntgen sur les fibromes utérins, soit dans le laboratoire du D' Béclère à l'hôpital Saint-Antoine, soit aux côtés de notre maître le Dr Lacaille. N

Ce sont ces observations personnelles que nous

relaterons tout d’abord :

OBSERVATION I (personnelle)

Mme G..., cinquante-trois ans, ouvreuse.

Les règles apparurent une fois, à quinze ans.

À dix-sept ans, règles régulières toutes les six semaines ; durée : six, sept, huit jours. Mariée à vingt-six ans.. Premier enfant deux ans après le mariage. À partir de cet accouche-

ment, règles tous les mois ; durée : cinq, six jours.

été he hs, YA eat

À trente ans, second enfant, accouchement très rapide.

Pertes sanglantes continuelles alors pendant un an. Le moindre effort les provoque. Elle entre à Beaujon, où ou la tamponne. Elle sort de l'hôpital, réglée de nouveau régulièrement maisles

époques sont déjà plus abondantes et s’accompagnent de la perte de caillots,.

À trente-deux ans, fausse couche, puis règles irrégulières et

abondantes jusqu'à quarante ans. Présente une nouvelle grossesse. Au cours des suites de couches, pertes très abondantes. On la transporte à la. maternité où on diagnostique un fibrome. Elle reste deux mois en observation. On devait l’opérer après le retour de couches, qui se fait attendre six mois. Mais le fibrome a disparu. Depuis, règles mensuelles régulières, mais de plus en plus abondantes. La durée des règles a augmenté. Au mois d'août 1910, les pertes ont dre du 2 au 26 ; la malade a dû garder le lit pendant dix jours.

La inmalade se présente au laboratoire du D° Béclère, le 15 septembre. Elle est assez affaiblie, mais elle se plaint surtout de douleur lombaire, que déterminent la moindre fatigue et même la marche. Maux de tête fréquents.

L'examen local nous apprend que la malade présente un fibrome donnant l'impression d’une grossesse de cinq muis.

Le traitement radiothérapique est institué le 17 septembre.

17 octobre, er jour, 17° mois (10 H. ov. g., 5 H. ov. dr. 5 H., utérus).

La malade a eu ses règles le re octobre, elles ont duré: huit jours, ont été assez abondantes, mais toutefois beaucoup moins qu’au cours de ces derniers mois. La malade a peu souffert, Après les séances, la malade se plaint d'éprouver quelques légers ‘malaises. Elle est très énervée et dort très mal durant les nuits qui suivent les séances. L'état général est un ‘peu meilleur.

17 novembre, 4 jour, ILle mois (15 H. ov. ge 10 H. ov. dr., 10 H. utérus).

La malade a eu ses règles le 29 octobre, peu abondantes

(elles n’ont duré que cinq jours). Elles ont été très peu dou-

P. Meyer 2

Pr

loureuses. La malade a repris quelques forces. Elle souffre moins de la tête. Elle commence à vaquer à ses occupations,

car elle n’accuse plus ces douleurs lombaires si pénibles que

le moindre effort déterminait avant le traitement. Elle est seu-"

lement gênée par une sensation de pesanteur dan: le bas-ventre. Bouffées de chaleur, pertes blanches abondantes."

17 décembre, 1-1V (15 H.0v: 82. 10 Ho demon utéras). La malade ne présente qu’un léger suintement sanguinolent, fin novembre, qui a duré deux jours. Da 8 au 10 décembre, très légères pertes rosées. L'état général est maintenant très satisfaisant. La malade se sent vaillante et peut circuler très librement. Elle accuse toutefois, par instants, des malaises assez pénibles ainsi que des bouffées de chaleur fréquentes.

17 janvier, 1-V. Le traitement à été tnterrompu parce que la malade, souffrant de sciatique, ne peut se rendre à l'hôpital. L'examen ‘de l'utérus, pratiqué à ce moment, a montré un utérus de dimensions presque normales.

De plus, la malade qui reste immobilisée du fait de cette névrite scialique qui s est aggravéc, n’a pas été soumise à de nouvelles irradiations. Elle conserve le bénéfice intégral de la

cure radiothérapique. (

Cette observalion est particulièrement intéressante parce que des doses très faibles (15 H. ov. dr., 19 H. ov.g., 10 H. uiérus), ont apporté un résultat

très satisfaisant.

OBSERVATION II (personnelle)

Mme C..., quarante-sept ans, ménagère.

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