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DE LA VALEUR DES CONSTANTES ÉLECTRIQUES

toutes les autres données restant d'ailleurs semblables, ceci nécessitera, pour obtenir un môme résultat, une augmentation d'intensité au primaire.

Le fonctionnement sur faible différence de potentiel donne au temps d'établissement du courant une importance qui accroît considérablement la valeur de l’intensité moyenne indiquée par l'ampèremètre, l’intensité maximum pouvant d'ailleurs être la même dans les deux cas.

Sans tenir compte de la nature de l’interrupteur, l’important est le wattage aux bornes du primaire. Le travail sera le même et par suite le rendement sensiblement pareil si l'on emploie au primaire 15 Arolts et 4 ampères ou 60 volts et 1 ampère. 11 faudra tout simplement que la bobine soit construite pour cela.

Pour chaque bobine qu'il construit, le fabricant indique dans quelles conditions d’alimentation le rendement est le meilleur ; on devra s’y conformer.

Des résultats analogues peuvent être obtenus au secondaire avec des régimes de primaire très différents, différences de régime imposée d’ailleurs par la diversité des conditions de fonctionnement, la nature de la source dont on dispose (continu ou alternatif), la grandeur de sa différence de potentiel, etc. La seule chose qu’il soit possible de dire, c’est que, dans des conditions analogues, la meilleure bobine sera celle qui pour un même résultat prendra le moins d'intensité.

Il faudrait donc pouvoir connaître le rendement d’une bobine, c’est-à-dire le wattage aux bornes du secondaire... jusqu’à présent il est impossible de le mesurer.

Du reste, ce facteur n’aurait pas grande importance, au point de vue de la quantité de rayons produits. 11 faut en effet considérer les différences inhérentes aux tubes de Crookes eux-mêmes. Pour s’en convaincre, il suffit de changer l'ampoule dans une installation pour A’oir que les mesures établies précédemment ne sont plus exactes, même si l'ampoule est de même modèle.

9 9. DES MESURES EXACTES EN RADIOTHÉRAPIE

Enfin l’indication des constantes électriques des bobines ne permet pas la comparaison entre ces appareils et les machines statiques. Ce sont cependant deux sources à haut potentiel qui sont indifféremment employées pour la production des rayons de Rôntgen.

Les machines statiques elles-mêmes ne sont pas comparables entre elles. Leur rendement dépend du mode de construction, de la vitesse de rotation, de l’isolement, de l’état de l’ébonite des plateaux, de la température ambiante, de l’état hygrométrique de la pièce où elles fonctionnent, etc., etc.

Le nombre d’interruptions par seconde au primaire de la bobine semble être aussi un facteur important. Quelques expérimentateurs l’ont fixé à 20. On a dit que le rendement d’une ampoule, toutes choses égales d’ailleurs, dépendait du nombre d’émission de lumière Rôntgen en un temps donné. Cette formule nous parait inexacte.

Une augmentation du nombre d’interruptions donne un résultat assez complexe. Elle augmente le nombre d’étincelles, mais, comme elle diminue le temps de passage du courant, celui-ci a une intensité maximum moins grande. Nous aurons donc diminution de la tension maximum donnée par la bobine, mais augmentation du nombre d’étincelles. L’éclairage du tube semblera plus continu. En pratique, les résultats seront sensiblement les mêmes, car, le nombre d’interruptions augmentant, la durée des émissions de lumière Rôntgen diminuera, mais leur nombre augmentera proportionnellement. 11 est bien évident que cela ne sera exact que pour des variations limitées entre un minimum et un maximum à établir pratiquement pour chaque bobine et chaque interrupteur.

Plus importante est la durée du passage du courant entre chaque interruption, le nombre d’interruptions restant le même. Ainsi, dans l'interrupteur Contremoulins-Gaiffe, le nombre d’interruptions dépend de la vitesse de rotation du disque interrup-

dp; la valeur DES CONSTANTES ÉLECTRIQUES 9-3

teur. Mais, cette vitesse restant constante, on peut augmenter la durée du passage du courant entre chaque interruption en faisant varier le calage des balais.

De cette façon nous aurons au primaire une intensité maximum plus grande, partant un rendement plus considérable, le nombre d’étincelles restant le même. Si cette intensité maximum dépasse une certaine limite, le surplus sera employé (en pure perte) à échauffer l’inducteur.

Dans quelques observations récentes, on indique le nombre de lames du condensateur de la bobine. Il est vrai que ce facteur pourrait avoir théoriquement de l’importance. En effet une augmentation exagérée de capacité aux bornes de l’interrupteur (c’est-à-dire du condensateur de Fizeau) abaisse la force électromotrice de self-induction du circuit primaire, et par suite diminuera la longueur d’étincelle de la bobine. La suppression de cette capacité ou sa trop grande diminution rendra d’ailleurs la rupture trop lente et diminuera également considérablement la longueur de l’étincelle.

Mais, en pratique, l’indication du nombre de lames du condensateur ne signifie rien. Ce qui pourrait avoir quelque intérêt, c’est sa capacité. Or celle-ci dépend du nombre de lames, de la surface de ces lames, de l’épaisseur et de la nature du diélectrique et aussi du mode de construction. Deux condensateurs d’apparence identique peuvent avoir un demi ou 1 microfarad de différence de capacité.

On voit par là qu'il est inutile de faire intervenir ce nouveau facteur.

Enfin, M. Oudin et d’autres ont attribué une grande impor-

tance au degré de rouge de l’anticathode. Le rouge cerise serait la coloration préférable. 11 est évident que l’anticathode rougit plus ou moins, suivant la quantité de rayons cathodiques qui viennent frapper sa surface. Mais il est bien difficile d’apprécier exactement cette coloration et de pouvoir en faire un terme

DES MESURES EXACTES EN RADIOTHERAPIE

de comparaison. En plus, elle doit varier suivant la nature de l’anticathode, le volume du tube, son refroidissement, etc. Enfin comment faire avec les tubes dont l’anticathode ne rougit pas ?

Il n’en faudrait cependant pas conclure qu’il soit totalement inutile d’indiquer les constantes électriques que l’on utilise, et les appareils auxquels elles s’appliquent. Il est toujours intéressant de savoir dans quelles conditions techniques s’est placé un opérateur pour obtenir ses résultats. Mais ce que nous voudrions empêcher, c’est qu’on attribue à ces chiffres une importance capitale, alors qu’ils n'ont de valeur que pour l’installation qui a servi à les établir. Ce sont des facteurs personnels ; les facteurs capitaux doivent être indépendants de l’installation elle-même : nous verrons plus loin qu’ils se résument dans la qualité et la quantité des rayons absorbés.

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