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RADIO DERMITE DES OPÉRATEURS

rayons X absorbée et de la façon dont elle a été absorbée. Il faut faire entrer en ligne de compte la distance de l’ampoule à la peau, le temps des séances, la qualité des rayons différents chez le radiographe et le radiothérapeute, la quantité et la cumulation..., facteurs multiples, dont les variations peuvent modifier considérablement l’aspect et la marche de la réaction.

Puis la peau des mains s’amincit, elle se ride et devient atrophique. Dans d’autres cas, au contraire, le derme s’épaissit, il devient moins souple, plus dur. Les plis normaux s’accentuent, la pigmentation s’accroît. Ces modifications, dit Kienbock, s’observent habituellement chez les professionnels, sur la face dorsale de la main. Non seulement la peau du dos de la main est épaissie et colorée en rouge brun, mais les poils follets sont atrophiés et deviennent rares.

Ce qui est le plus pénible à cette période d’acromégalie cutanée, c’est l’épaississement, le fendillement des rebords épidermiques unguéaux, qui sontà chaque instant déchirés et saignants.

La peau elle-même devient rugueuse, se desquame par place et est le siège d’une exfoliation épidermique active et d’une télangiectasie accentuée. La face palmaire peut aussi être intéressée et présenter des modifications analogues ; mais elles sont généralement moins prononcées.

M. le docteur Brocq a bien voulu nous communiquer deux cas d’épithéliomas cutanés survenus chez des médecins s’occupant de radiologie.

On remarquera que les rayons X, absorbés par petites doses souvent répétées, peuvent en somme reproduire le tableau du A eroderma pigmentosum : érythème, taches pigmentaires, desquamation, exfoliation, angiomes, productions verruqueuses, et enfin épithélioma. Nous n’avons pas eu, pour notre compte, l’occasion de trouver tous ces accidents réunis sur un même suj et, mais il nous a paru intéressant de faire ressortir ce fait.

Les ongles sont très souvent altérés. Ils prennent une colora-

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tion brunâtre ; ils s’aplatissent, deviennent cannelés et se crevassent. Leur extrémité prend un caractère griphoïde, ainsi que l’a dit Hahn. La rainure de l’ongle est cornée, remplie en avant, sous le bord de l'ongle, latéralement et en arrière, au-dessus de l’ongle, de masses épidermiques détachées. Ils deviennent cassants et peuvent tomber en partie ou complètement, laissant à nu un épiderme épaissi et écailleux.

Enfin, Oudin ajoute : « Les troubles de nutrition de la radiodermite chronique ne restent pas limités à la peau. Tous les observateurs ont constaté, si l’action des rayons a été suffisamment prolongée, un épaississement notable des phalanges, qui est due surtout au périoste. La radioscopie des mains montre en effet que les os n’ont pas augmenté de volume. Les articulations aussi sont plus grosses, et je me rendais très bien compte, quand mes mains étaient dans cet état, que mes tissus périarticulaires étaient hypertrophiés, ce qui augmentait encore la gêne produite par l’épaississement de la peau dans les mouvements de flexion. Il y avait aussi du tremblement des doigts. » Hallopeau et Gadaud ont décrit des lésions analogues survenues chez des professionnels.

Dans la plupart des cas, tout s’arrête là, car l’opérateur gêné par ces lésions cesse d’employer les rayons X, et tout rentre lentement dans l’ordre. Si l’on vient à passer outre, les phénomènes morbides empirent et peuvent arriver à simuler l’eczéma aigu. Kienhôck cite même un cas d’ulcère torpide de la main, avec destruction des tendons et des ligaments articulaires, qui s’achemina vers la guérison avec une lenteur désespérante .

Il faut, pour comprendre ces accidents graves, se souvenir de la moindre résistance des tissus déjà irradiés, fait mis en lumière par les travaux de Kienbôck et les expériences d’Elihu Thompson.

Pour arriver à constituer cet état pathologique, il faut de

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