Dose absorbée, 5 H. Rayons n
3 février. — Rougeur très vive, sur toute la région traitée; l’épiderme commence à tomber. Douleurs vives. Pansements au Uniment oléocalcaire.
9. — L’épiderme est tombé, la surface à nu est suintante, rouge, mais les noyaux sont peu visibles. Les douleurs sont moins violentes. Il n’y a aucune tendance à l’eschare.
26 avril. — La cicatrisation est presque complète. Il ne reste plus qu’un petit espace grand comme une pièce de 30 centimes où on voit un peu d’exulcération. La nouvelle peau est mince, atrophique, mais
LUPUS ÉRYTHÉMATEUX
ne présente presque plus de nodules lupiques. Seul la partie exulcérée a encore mauvais aspect. On fait absorber à ce point une dose de 5 H.
Ier juin. — La cicatrisation n'est pas encore complète, mais le tout est très amélioré. On 11e voit presque plus de nodules.
De même, des éléments lupiques de la face dorsale de la main gauche et de la face ont été favorablement influencés par des doses modérées de 5 H environ. 11 ne s’est pas produit de réaction vive.
La malade n’est pas guérie.
Nos 3 autres malades sont encore en traitement, et leur observation ne présente aucun intérêt spécial.
LUPUS ÉRYTHÉMATEUX
Il est d’usage de rapprocher le lupus érythémateux du lupus vulgaire ; c’est pour cette raison que nous en plaçons l’étude ici, quoiqu’il ne constitue pas une dermatose à microbe spécifique.
La radiothérapie ne semble pas avoir donné dans le traitement du lupus érythémateux des résultats bien encourageants. En tout cas, les observations publiées soint loin d’ètre concluantes.
Schiff a traité, en 1898, une malade dont la face était envahie par un lupus érythémateux de forme vespertilienne. Le côté gauche fut soumis aux rayons X, l’autre côté fut laissé sans traitement. Il observa que le foyer irradié se colorait en rouge foncé et que les squames se détachaient facilement. Les bords s’aplatissaient, et sur la surface malade on pouvait voir des taches d’un rouge foncé, atteignant les dimensions d’une lentille. Peu à peu l’infiltration disparut sur la partie traitée, et la peau redevint lisse et normale. Tout autour du foyer primitif, on voyait une zone pigmientaire assez foncée.
Jutassy a obtenu la guérison d’un lupus érythémateux du nez et de la face.
Richard F. Woods a traité avec succès un cas analogue loca-
DERMATOSES A MICROBE SPECIFIQUE
lisé à la joue. La lésion datait de 4 ans. Cinq irradiations de 10 minutes chacune, deux fois par semaine, furent suffisantes.
Un autre cas très favorable est rapporté par le docteur James Startin. 11 s’agissait d’un lupus érythémateux (en papillon) occupant tout le dos du nez et les deux joues d’une femme de 30 ans. Les applications irritantes les plus variées n’avaient produit aucune amélioration durable. Six irradiations amenèrent la guérison.
John A. Lee a vu un lupus érythémateux du nez, datant de 4 ans, s’améliorer notablement à la suite de 11 séances de 10 à 15 minutes de durée. Une légère réaction précéda l’amélioration.
Oudin a présenté, à la réunion de janvier 1901 de la Société de dermatologie, l’observation d’une femme de 29 ans, atteinte de deux petites plaques de lupus érythémateux situées sur les joues. Soignée sans succès par Fournier, Anderson et Crocker, elle fut traitée par les effluves de haute fréquence sur le conseil de Brocq. Ce traitement n’amena aucune amélioration durable. C’est alors que l’auteur essaya la radiothérapie.
Le traitement a duré du 20 juin au 12 juillet. Les applications furent faites de la façon suivante :
ire séance, — 30 secondes, — 20 juin
2e — — 1 minute — 21 —
3e — — I minute 1/2 — 22 —
Le 23 juin, l’amélioration est considérable, la plaque est affaissée, et le 24 juin, elle est à peu près disparue.
Les séances sont alors suspendues pour être reprises plus tard. En tout, il y eut 8 à 9 séances d’environ une minute et demie de durée.
Les constantes électriques étaient les suivantes : bobine Rochefort de 0 m. 50 d’étincelle ; 4 ampères et 18 volts ; 20 interruptions par seconde ; ampoule Yillard dure (10 centimètres
LUPUS ÉRYTHÉMATEUX
d'étincelle équivalente) ; distance du verre à la peau, environ 3 centimètres.
La malade, revue le 5 août, est complètement guérie.
Cette observation est surprenante par la rapidité avec laquelle les lésions ont disparu (5 à 6 jours) ! alors que la réaction demande pour se faire au minimum 8 à 10 jours.
Scholtz, au lieu de faire des séances légères, a obtenu quelques résultats satisfaisants en employant des irradiations énergiques. Elles étaient suivies de phlyctènes, d'excoriation, de nécrose légère. Tous ces phénomènes morbides s’atténuaient ; au bout de quelque temps la réparation se faisait par un tissu cicatriciel très beau au point de vue esthétique. Mais, au bout de quelques mois, des récidives in loco se sont produites.
Essavant une autre méthode, il traita quelques malades par de faibles irradiations souvent répétées et continuées pendant des mois. Un des malades finit par guérir; mais l’avenir seul montrera si la guérison est complète.
Sjôgren et Sederholm cherchent à produire une violente irritation, avec rougeur, exsudation, croûtes, etc. Quand la réaction est terminée, les croûtes tombent et laissent apparaître une fine peau rosée, dépourvue d’orifices glandulaires.
Ullmann conseille de ne pas dépasser par application la dose de 3 à 4 H et de séparer chaque nouvelle séance par un temps suffisamment long, afin d’éviter toute réaction ulcérative.
Freund croit qu’il faut éviter toute réaction violente. Comme Schiff, Taylor, Hahn, 1 .Neumann, Growen. Llaberia, Lion, il a, au début, obtenu des résultats satisfaisants ; mais le traitement dut être souvent repris, à cause de la fréquence des récidives.
Il croit, cependant, que par un traitement longtemps poursuivi il est possible, dans certains cas, d’obtenir une guérison définitive, avec cicatrice lisse, blanchâtre, de même niveau que la peau saine. Il ajoute que, parfois, cette dermatose semble être aggravée par les irradiations.
BELOT
DERMATOSES A MICROBE SPÉCIFIQUE
Gron a traité 3 cas de lupus érythémateux. Dans l’un, la guérison se produisit assez vite ; le second fut amélioré ; le dernier fut aggravé.
Dans les cas favorables, Kaposi croit que les rayons X agissent en provoquant l’hyperémie des tissus et la dégénérescence des éléments inflammatoires.
On voit, d’après ce qui précède, qu’il est bien difficile de se faire une opinion sur la valeur de la radiothérapie appliquée au lupus érythémateux, et sur la quantité des rayons X qu’il faut faire absorber à la peau.
Si l’on en croit Kienbôck, il faut employer des doses assez élevées. La guérison, dans les cas où elle survient, succède à une réaction violente, il faudrait produire de l’atrophie cutanée.
Les résultats thérapeutiques que nous avons obtenus sont tout à fait en accord avec cette manière de voir. Nous avons, dans plusieurs cas, cherché à provoquer un érythème marqué. La sensibilité de la peau atteinte de cette affection a fait qu’au début, la réaction désirée a été légèrement dépassée. Il s’est produit un érythème rouge violacé, puis un peu de fine vésiculation et de suintement, et enfin de la desquamation. Par place même l’épiderme s’est détaché ; mais la réparation se fit vite. La peau qui s’est formée, légèrement atrophique, semble à peu près indemne de la lésion primitive. Mais, là où la réaction fut moins violente, après une amélioration passagère, les lésions réapparurent avec leur premier aspect.
Dans un cas que nous avons traité chez le docteur Béclère. à Saint-Antoine, les résultats n’ont pas été meilleurs. Il s’agissait d’un lupus érythémateux, tout à fait au début, situé sur la racine du nez. Nous n’avons pas réussi à empêcher la lésion de s’étendre, par des irradiations modérées (3 H par semaine). Le docteur Béclère soigna ensuite la malade chez lui et obtint une amélioration par des applications plus intenses.
LUPUS ÉRYTHÉMATEUX
Une autre malade, que nous confia le docteur Thibierge, fut assez vite améliorée, sans être guérie. Mais ce cas, le plus favorable que nous ayons eu à enregistrer, n’est pas probant. La malade était enceinte et il n’est pas rare de voir le lupus érythémateux diminuer et même disparaître presque totalement pendant la période de gestation. Un autre patient fut amélioré, mais il est encore en traitement; cependant une des plaques traitées paraît presque guérie.
Les doses que nous employons varient entre 6 et 8 unités H, absorbées en une ou deux séances successives. Les rayons sont peu pénétrants. Il faut se rappeler que la peau atteinte de cette dermatose est très sensible à l’action des rayons X et réagit somment violemment. La dose de 8 H (par étape de traitement) ne devra être atteinte ou dépassée qu’en prévenant le malade de l’intensité des phénomènes qui pourront se produire. L'état de la partie traitée sendra d’indication pour fixer l’intervalle qui doit séparer chaque application. En général, il faut attendre de J 5 à 20 jours.
En résumé, dans cette affection rebelle à toute thérapeutique, les rayons X ne semblent pas donner de meilleurs résultats que les autres méthodes. Les formes qui sont modifiées par les autres procédés, le sont également par la radiothérapie, avec cette différence que l’amélioration se produit ordinairement plus Arite, sans qu’il soit permis d’espérer qu’elle sera plus durable. Les formes fixes ne rétrocèdent qu’au prix d’une réaction violente, et souvent le résultat, sans être négatif, est loin d’être définitif.
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