CHAPITRE VII
SCLÉRODERMIE
Nous avons traité 2 cas de sclérodermie en plaques, et, sans être absolument concluants, les résultats que nous avons obtenus méritent d’être signalés. Ils concordent du reste avec ceux qu’a publiés Barney eu Amérique.
Les 2 malades (femmes) que nous avons soignées étaient porteurs d'affections rebelles et anciennes. Les éléments sclérodermiques existaient chez l’une depuis 2 ans et demi, chez l’autre depuis 3 ans. On avait vainement essayé tous les moyens thérapeutiques habituels ; les piqûres électrolytiques elles-mêmes n’avaient pas été suivies d’une sensible amélioration.
Les parties malades furent soumises aux irradiations, en protégeant la peau saine par une feuille de plomb. Une couronne de tissu sain d’environ un centimètre de large fut laissée à découvert tout autour de la lésion.
La dose moyenne par application a été de 5 à 8 II avec des rayons n° 5. Ordinairement elle n’a été suivie d’aucune réaction notable. La rougeur était à peine visible, et au bout de 15 à 20 jours, on pouvait constater l’existence d’une pigmentation plus ou moins foncée, surtout accentuée au pourtour des placardssclérodermiques.
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En même temps, la peau de la région irradiée perdait son aspect lisse et luisant, elle devenait moins dure.
Environ 20 jours après la première application, nous en avons fait une seconde. Dans quelques cas, elle a été suivie d’un peu d’érythème accompagné de quelques démangeaisons. Puis bientôt la peau desquama, laissant apparaître une nouvelle couche superficielle de meilleur aspect. Au lieu d’être uniformément blanchâtre, atrophique, elle présentait par places des parties plus roses; l’ensemble était moins tendu, et nous avons pu constater parfois la présence d’un fin quadrillage superficiel.
Tous ces phénomènes évoluent sans réaction désagréable ; c’est tout au plus si l’on peut noter l’apparition d’un léger érythème transitoire et d’une pigmentation périphérique (et parfois centrale) plus ou moins intense. En continuant ainsi, c’est-àdire en faisant absorber o la peau malade une dose de 6 à 7 H tous les 20 jours environ, nous sommes arrivé, peu à peu, à améliorer considérablement nos malades.
Dufaitqu’il ne s’est jamais produit de réaction inflammatoire, on peut conclure que la peau sclérodermique supporte mieux les rayons X que la peau saine.
Nos malades ne sont pas guéries, mais leurs lésions sont moins étendues. L’aspect et la consistance de la peau se sont modifiés, et nous espérons arriver à la guérison.
Il faut reconnaître que la méthode demande beaucoup de temps. En effet, quelques-uns des placards améliorés ont déjà subi 7 à 8 séances espacées par une vingtaine de jours de repos. Mais n’en est-il pas de même lorsque l’on emploie lelectrolyse, et les résultats ne sont pas meilleurs. En plus, la radiothérapie n’est pas douloureuse, et quoique les plaques sclérodermiques soient peu sensibles, les piqûres électrolytiques sont cependant désagréables.
Comment expliquer cette action ? Peut-être s’agit-il là d'une stimulation des éléments normaux au détriment des tissus néoformés.
Nous savons que certaines plaques sclérodermiques guérissent spontanément. Aussi, n’osons-nous pas attribuer l'amélioration survenue aux rayons X seuls. Il faut cependant remarquer que les lésions les plus améliorées sont celles qui ont été traitées le plus énergiquement. Celles qui ont reçu peu ou pas d’irradiation ne se sont pas modifiées.
Obs. I. — /?..., “24 ans. — Sclérodermie datant de 2 ans et demi. Plaques localisées au-dessous de l'oreille droite et au menton, traitées par l’électrolyse et la haute fréquence sans résultat net.
O11 traite par la radiothérapie la plaque située au-dessous de l'oreille droite ; elle est blanche, atrophique, typique et mesure 3 centimètres de longueur sur 1 centimètre de largeur. Les rayons employés sont du n° 5 ou G.
8 janvier 1901. — Séance de 23 minutes à 12 centimètres; quantité, 7 H.
23. — Aucun érythème marqué n’est apparu, aujourd’hui un peu de pigmentation ; la malade trouve la lésion moins dure.
Séance de 23 minutes sur la même région, la quantité absorbée est d’environ 7 H.
11 février. — A la suite de la dernière séance, il est survenu un peu de rougeur et quelques démangeaisons. La peau a desquamé, sans réaction vive, la nouvelle peau a meilleure apparence ; elle est moins dure, plus vascularisée, moins atrophique.
Séance de 25 minutes, 6 H.
4 mars 1901. — La lésion s’améliore. On fait deux séances consécutives à un jour d'intervalle, l’une de 15 minutes et l'autre de 10. La quantité totale est toujours de 6 à 7 H.
22. — Etat satisfaisant, sans grande modification nouvelle. Séance de 20 minutes, avec statique, 6-7 IL
23. — On traite la plaque du menton. 20 minutes, 7 H environ.
12 avril 1904. — Réaction légère sur la plaque du menton. On refait une séance sur la plaque située au-dessous de l’oreille, de façon à faire absorber 7 H.
La lésion du menton est bien moins améliorée que celle située audessous de l’oreille; cette dernière est moins atrophique et, de l’avis de la malade, n'a jamais été en aussi bon état.
Obs. IL — Mme Henriette, 21 ans. — Sclérodermie de la région abdominale. Début il y a 3 ans. La malade a été traitée par tous les procédés
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même par le corps thyroïde. La lésion ne s'est pas sensiblement modifiée.
Elle présente au moment du traitement trois foyers : un sur le flanc gauche, un sur le flanc droit et Un autre plus petit sur la région du triangle de Scarpa, à droite.
23 novembre 1903. — 15 minutes. Etincelle équivalente de 2 centimètres et demi. Rayons n° 5 sur la plaque du flanc gauche.