ACTION RÉSOLUTIVE
VERRUES - CORNES CUTANÉES
Trois malades porteurs de verrues ont été soignés par Sjôgren et Sederholm ; les résultats furent satisfaisants.
Dans un cas de verrues du cuir chevelu, Scholtz fit quelques légères irradiations. Les verrues disparurent avant le début de l’alopécie. De même, une corne cutanée fut complètement éliminée. Par contre, il n’obtint pas de bons résultats sur les verrues des mains, malgré une irradiation intense. Les éléments ne furent pas modifiés.
Varney a obtenu des guérisons complètes.
Nous avons traité par les rayons X un certain nombre de malades porteurs de verrues. Nous avons eu presque toujours des résultats excellents, c’est-à-dire la complète disparition des lésions.
Des verrues planes du visage ont cédé à une seule irradiation, dans laquelle nous avons fait absorber environ à H. Cette malade présentait sur les avant-bras des lésions analogues. Les verrues du visage étaient complètement disparues un mois après la séance de radiothérapie ; mais celles des avant-bras étaient restées dans leur état primitif.
Une corne cutanée, située sur le nez, fut détruite par ce pro-
VERRUES — CORNES CUTANÉES
cédé. Nous avons préparé une lame de plomb portant un orifice correspondant exactement aux dimensions de la base de l’élément corné. Nous avons fait absorber 10 H à la corne cutanée, la peau du visage étant ainsi protégée ; les rayons ont été choisis du n° 6.
Au bout de 15 jours, la corne s’était modifiée ; elle avait diminué de volume, semblait atrophiée, avait changé de coloration et reposait sur une base violacée.
Une seconde irradiation fut alors faite dans les mêmes conditions ; la dose fut de 3 H seulement, et 15 jours après, la production cornée tombait, laissant à sa place une cicatrice à peine visible.
Mais le cas le plus intéressant est celui d’une jeune fillette âgée de 7 ans. Elle présentait sur la face dorsale de la main gauche, d’énormes verrues, au nombre d’une dizaine, réparties sur les doigts et sur la région métacarpienne. Il en existait une isolée, sur la face externe du pouce. Pour protéger la peau saine de la région, qui est assez sensible aux rayons X, nous avons fabriqué un masque protecteur avec une feuille d’emplâtre de Vigo (mercuriel). Pour cela, nous avons relevé le calque des verrues, nous l’avons reporté sur l’emplâtre que nous avons découpé dans tous les endroits correspondant aux papillomes. Les ongles furent recouverts de petites lames de plomb. De cette façon nous pouvions agir plus énergiquement, car une partie des rayons qui auraient pu léser la peau était arrêtée par l’emplâtre mercuriel. Nous avons fait absorber 8 H, le 16 janvier.
Le 28 janvier, les verrues étaient un peu plus molles, la réaction n’était pas marquée ; nous faisons alors une seconde séance : la dose absorbée est d’environ 6 à 7 H.
Le 13 février, les verrues étaient très aplaties, mais un peu de réaction était visible au voisinage des articulations. On attendit une quinzaine de jours. A ce moment, une nouvelle séance fut faite, avec absorption de 4 H.
Le 7 avril, toutes les verrues avaient complètement disparu, à l’exception de celle qui était située sur la face externe du pouce et qui n’avait pas été atteinte par les rayons, à cause de sa situation.
Cette observation est intéressante, parce qu’elle démontre l’action évidente des rayons X. En effet, il est impossible de faire intervenir ici une régression spontanée, car pourquoi cette régression se serait-elle produite seulement là où les rayons X avaient porté ? [1 est bien plus logique d’admettre que ce sont précisément ces radiations qui ont déterminé la disparition des productions morbides.
Loin de nous, cependant, l’idée de nier la disparition spontanée de certaines verrues. C’est, du reste, dans ce fait qu'il faut aller chercher l’origine des remèdes, aussi bizarres qu’inefficaces, qui ont été proposés pour le traitement de cette affection.
Nous voulons simplement insister sur ce point que les rayons X ont une action éliminatrice indubitable sur certaines formes de verrues.
Obs. I. — L. T..., 19 ans. — Verrues des deux mains (laces dorsales) datant d’un an et demi et progressant comme nombre et comme dimension.
11 novembre 1903. — On traite les deux mains en les rapprochant et en éloignaut suffisamment l’ampoule pour les irradier totalement. La dose absorbée fut d'environ 1 à 5 H, avec des rayons peu pénétrants n° 5.
La malade n’est pas revenue. 11 est probable qu’elle a été guérie, car elle nous avait promis de revenir si les lésions ne disparaissaient pas.
Obs. IL — Mme M. O..., 23 ans, porte sur le nez une corne cutanée de 8 millimètres de longueur sur 5 d'épaisseur. Elle existe depuis un mois, et la crainte d'une cicatrice empêche de l’enlever chirurgicalement.
Une plaque de plomb préparée spécialement pérmet d’agir sur la corne elle-même, en épargnant la peau saine.
1er décembre 1903. — Dose de 10 H avec rayons n° 6.
15. — On voit tout autour de la verrue cornée une zone violacée,
VERRUES — CORNES CUTANÉES
correspondant à la partie éclairée. La corne est devenue flasque, elle a diminué de longueur et desquame. Pour activer la chute, on tait absorber une légère dose de 3 H, et, au bout de 13 jours, la corne tombait, laissant à sa place une cicatrice à peine visible.
Obs. III. — Mme />..., 32 ans, porte sur le visage un certain nombre de verrues planes existant depuis 2 ans. Quelques éléments sont visibles sur les bras.
On protège les yeux, les lèvres et les cheveux par des plaques de plomb et on irradie la face, de façon à faire absorber environ 3 ou 4 H à chaque côté de la figure, les rayons étant peu pénétrants (n'* 5).
Un mois après, la malade revient nous voir complètement guérie. Toutes les verrues du visage ont disparu, sans que la réaction ait été apparente. Par contre, celles des bras qui n’avaient pas été irradiées subsistent.
Cette observation, sans être probante, démontre cependant que, seuls, les éléments irradiés ont disparu.
Obs. IV. — Mlle II. B..., 7 ans el demi. — Verrues de la face dorsale de la main gauche, volumineuses et en assez grand nombre. Une grosse verrue située sur le pouce n’est pas irradiée par suite de sa situation.
16 janvier. — 8 II, rayons n° 5. La peau saine est recouverte d'emplâtre mercuriel.