ÉP1THÉLI0MA CUTANÉ
que l' uniformité de l’éclairage n’y est pas parfaite ; mais cet inconvénient est bien petit, à côté des avantages.
Cet appareil nous parait, en tous cas, bien supérieur aux tubes spéciaux, comme ceux préconisés par Oudin, qui coûtent cher et ne peuvent servir que pour le traitement d’un nombre limité d'affections. La puissance de l’éclairage est, du reste, la même avec notre localisateur ou avec le tube spécial, car, ce qui importe, c'est la position de l’antieathode par rapport au point traité. Or, dans les tubes spéciaux, l’anticathode reste au centre du tube, et, en face d'elle, on a ajouté un appendice cylindrique plus ou moins long, qui laisse passer les rayons seulement par son extrémité. Pour avoir de rcels avantages, il faudrait que ces tubes spéciaux soient construits de telle sorte que l’anticathode soit rapprochée considérablement du point malade ; autrement dit, que la source d’émission des rayons X soit plus près de la surface traitée. Sinon, les résultats seront identiques, que le tube conducteur soit solidaire de l’ampoule (tube spécial) ou indépendant (localisateur). A l’avantage de ce dernier restent la simplicité, la solidité, l’économie et l’adaptation à toutes les cavités, en modifiant les dimensions du tube. Les lésions de la face interne des joues, de l’utérus, du rectum, des fosses nasales peuvent être facilement atteintes.
Pour le cancer de la langue, les rayons doivent être peu pénétrants, c’est-à-dire correspondre environ au n° -5 de l'appareil de Benoist. La quantité est très variable, et notre peu d'expérience ne nous permet pas d’être affirmatif. Comme il faut éviter toute réaction désagréable, nous n’avons pas dépassé, par application, la dose de à à 5 H. Nous n’avons jamais vu se produire de phénomènes inflammatoires violents. Bisserié a procédé de la même façon pour les cas qu’il a améliorés. Une période de 15 à 20 jours doit séparer chaque nouvelle irradiation.
Cancer de la luette, du palais, etc. — Mecaw a signalé un cas de cancer primitif de la luette et du voile, guéri par l’ex-
/4G2 action résolutive sur les néoformations épithéliales
cision suivie d’applications radiothérapiques. Freund et le professeur Ehrinann ont obtenu une remarquable amélioration sur un épitbélioma du palais. Tout ce que nous avons dit du cancer de la langue s’applique aussi à ces cas ; mais, à notre avis, la chirurgie devra précéder la radiothérapie toutes les fois qu’il sera possible de le faire.
Cancer du larynx. — Morton a traité un malade que lui avait adressé Delavau ; il fut amélioré et mourut du mal de B ri ght. Scheppegrell a rapporté un cas de cancer du larynx guéri en 20 séances ; on ne voyait plus trace de la tumeur, et les signes cliniques avaient disparu. Béclère a guéri un malade atteint de cette affection, mais le diagnostic fut contesté à la Société de laryngologie. Malgré tout, ce dernier cas est très intéressant, et l'opinion d’un maitre comme Béclère nous permet d’avoir confiance en la méthode. Mais combien les applications doivent être difficiles à faire !
observations d’épithéliomas cutanés
Obs. I. — M. P..., 55 ans. — Le malade nous est envoyé de province, pour un épilhéliorna végétant de l’angle interne de l’œil gauche. 11 s'étend sur le nez et envahit une partie de l’aile du nez. La paupière inférieure est atteinte et présente déjà un peu d'ectropion. La photographie reproduite dans cet ouvrage représente la lésion, planche VIII.
Comme la tumeur est très volumineuse et le malade pressé de retourner chez lui, on commence par faire à la curette un grattage superficiel. On aplanit simplement la partie saillante. Dix jours après le grattage, on commence les irradiations. L'œil est protégé le plus possible et le reste du visage est recouvert de plomb.
Les rayons sont peu pénétrants, n° 5.
10 et tl décembre 1903. — Chaque jour 1 séance, en tout 2 séances.
Dose totale, 9 IL
24. — La réaction n'est pas violente; il y a simplement une zone légèrement érythémateuse autour de l’ulcération ; le malade se trouve mieux. On continue.
Dose absorbée, 6 H.
6 janvier 1904. — La cicatrisation est très avancée; il n’y a pas de douleur. Au centre encore un point ulcéré. On agit sur cet endroit.
KPITHÉLIOMA CUTANÉ
Dose absorbée, 3 H.
21. — La cicatrisation est presque complète ; à l'angle interne de l’œil, on voit encore une petite ulcération, grande comme une lentille. La cicatrice est très belle ; la paupière inférieure est en meilleur état (elle n'avait pas été grattée). On fait une petite séance sur l’ensemble.
Dose absorbée, 4 à 5 H.
5 février 1934. — Comme il reste à la racine du nez, vers l angle de l’œil et sur le bord de la paupière inférieure, quelques points douteux, sur lesquels la curette n’avait pas agi dans la première intervention et qui avaient été préservés de l’action des rayons X par les lames de plomb préservant l’œil, on les gratte légèrement et on agit, immédiatement après, par les rayons X.
Dose absorbée, 8 H.
16. — La partie traitée est en réaction; elle est devenue rouge. La cicatrisation s’avance.
23. — La cicatrisation est totale ; il n’y a plus trace d’éléments en activité. La cicatrice est très belle ; l'ectropion a disparu et la paupière est nette. (Photographie. Planche VIII.)
Le malade retourne chez lui; mais auparavant on fait sur toute la cicatrice une dernière séance, pour prévenir la récidive.
Dose absorbée, 5 IL
On ne peut nier l influence de la radiothérapie sur la rapidité de la cicatrisation et la beauté de la cicatrice. En plus, le grattage superficiel n’avait pas enlevé les éléments malades ; il avait simplement eu pour but de préparer le terrain.
Obs. IL — Mme M...,68ans. — Epithélioma de la pommette gauche, ulcéré) à bords durs taillés à pic, mais sans bourrelet. Dimension d’une pièce de 50 centimes environ. Le tout repose sur un fond induré. Démangeaisons.
La lésion a débuté il y a un an, à la suite d’un traumatisme causé par la chute d'une pièce de bois. (Photographie. Planche XI.)
24 décembre 1903. — Séauce de 20 minutes ; rayons n° 4-5; quantité absorbée, 5 à 6 H.
Le lendemain, seconde séance de :
Durée, 15 minutes ; quantité, 4 IL
11 janvier 1904. — L’épithélioma est toujours ulcéré, mais l’ulcération a meilleur aspect. L’ensemble est moins dur, les démangeaisons ont diminué. La réaction est peu marquée. On continue.
Séance de 20 minutes ; quantité, 5 à 6 H.