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CANCER DE LA LANGUE ET DES RÉGIONS MUQUEUSES D’ORIGINE ECTODERMIQUE

Nous avons déjà parlé des insuccès qui semblent suivre régulièrement les applications radiothérapiques sur les épithéliomes de la lèvre inférieure, nous n’y reviendrons pas.

Cancer de la langue. — Le cancer de la langue a été également soumis à cette méthode. Engmann et Ascher Silva ont cité, chacun, une guérison. Il est vrai que l’examen histologique n’avait pas été fait. Dikson a obtenu une amélioration notable ; mais les résultats sont, en général, bien inférieurs à ceux obtenus sur l’épithélioma cutané. James Startin a signalé la cicatri-

ÉPITIIÉLIOMA CUTANÉ

sation et la régression d’un épithélioma ulcéré de la langue.

Les expériences que nous avons faites à Broca ne sont pas probantes. Les cas que nous avons traités étaient très graves. Il s’agissait de récidives déjà très étendues. En plus, les malades sont venus irrégulièrement, et nous n’avons pu les suivre jusqu’au bout. Cependant, après quelques applications, les douleurs furent atténuées, et la langue devint moins dure.

Perthes, de Leipzig, n’a pas obtenu de bons résultats sur des cancers de la langue et du plancher de la bouche.

11 est probable que les résultats varient -avec la forme des tumeurs. Le fait cité par Leredde est intéressant. Il eut à soigner un malade atteint d’épithélioma végétant de la langue. On trouvait sur cet organe trois foyers morbides.

L’un était papillomateux, ne présentant aucun revêtement ; les deux autres, au contraire, étaient couverts d’une carapace cornée épaisse ; il s’agissait d’épithéliome d’origine leucoplasique. Le traitement fut fait sur tous les points à la fois. Or, en 2 ou 3 séances de 20 minutes, on vit le premier foyer se vider, le tissu épithélial entrer en désintégration ; à cette période, les autres tumeurs avaient résisté complètement à l’action de la radiothérapie, et, pendant plusieurs séances, résistèrent encore.

Bisserié a obtenu deux succès sur des épithéliomas de la langue, que lui avait adressés le professeur Tillaux. Dans un cas même, la leucoplasie qui accompagnait la lésion aurait disparu.

Il nous semble possible d’obtenir des résultats favorables sur les néoplasmes de cet organe ; mais il faut considérer deux choses : la gravité de la lésion et la difficulté des applications.

Lorsque le néoplasme est peu étendu, qu’il n’est pas accompagné de ganglions nets, qu’il se limite à une petite production dure, nodulaire, saignant parfois facilement, il faut, sans hésiter, recourir d’abord à la chirurgie. Le délabrement sera minime et le résultat rapide. Puis, quand tout sera cicatrisé, ou

même, avant complète cicatrisation, on devra faire une série d’applications radiothérapiques sur la place qu’occupait jadis la lésion. Ces séances hâteront la cicatrisation si elle est incomplète, détermineront l’élimination des cellules malades qui auraient pu rester, partant pourront prévenir la récidive.

Si le cas est plus grave, mais encore facilement opérable, il faudra se guider sur l’âge du patient, sur sa pusillanimité et surtout sur la possibilité d’atteindre tous les points malades. Notre préférence serait encore pour une opération chirurgicale préalable, suivie d’irradiations consécutives.

Enfin, dans les cas inopérables, ou opérables au prix d’un délabrement considérable, la radiothérapie devra souvent être préférée à la chirurgie. Il est probable qu’elle ne conduira pas à la guérison, mais n’en est-il pas de même du procédé sanglant ? Et combien la première méthode sera plus facilement acceptée par le malade. Le pouvoir analgésique des rayons X en fera un excellent palliatif et, dans certains cas, une amélioration considérable pourra survenir.

Comment atteindre cet organe ? Autrement dit, comment agir sur la partie malade, sans irradier en même temps le reste de la bouche ? Au début, nous avions essayé de maintenir avec une pince la langue hors de la bouche, et de protéger par une lame de plomb les parties saines. Ce procédé était mauvais ; nos malades se déplaçaient et ne pouvaient supporter ce véritable supplice pendant plus de 5 à 10 minutes.

Avec notre localisateur, les choses sont simplifiées ; un tube, de dimension et d’ouverture convenables, est mis dans la bouche et le malade vient appuyer lui-même sa langue au point voulu. On peut ainsi faire facilement des séances d’une certaine durée, sans grande fatigue pour le patient, et sa protection est assurée. Nous avons fait faire des tubes dont le plan de section forme un certain angle avec la normale, de façon à pouvoir atteindre toutes les régions. Le seul reproche qu’on peut leur faire est

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