‹ La Radiotherapie son application aux affections cutaneesChapitre 7 sur 94 · KH£HU · texte numérisé non relu

KH£HU

«CCl/t47£i/0

V/UARQ

A.6AIEFE A PA.R13

Fig. 7. — Spintermètre avec tube et soupape.

rant induit inverse de la traverser. En effet, si le courant inverse arrive à l’ampoule, l’une et l'autre électrode deviennent tour à tour le foyer d’émission des rayons de Rôntgen, et le résultat est, qu’il se dépose sur la paroi interne de l’ampoule, une couche métallique capable de la mettre rapidement hors d’usage. Cette nécessité s’impose tout particulièrement, dit M. Béclère dans son article sur la soupape de Yillard, quand on fait usage d’une

SOURCES D’ÉLECTRICITÉ /, 1

ampoule molle peu résistante, comme il convient en radiothérapie.

Le .meilleur procédé pour empêcher le courant inverse de détériorer l’ampoule est d’adjoindre à l’installation une soupape de Villard.

Cet instrument répond tout à fait à l’indication d’empêcher le passage du courant induit inverse à travers l’ampoule radiogène.

Cette soupape consiste en une ampoule à air raréfié, en forme de poire à longue queue, qui porte à ses extrémités deux électrodes d’aluminium, très différentes à la fois par leur forme et par leur situation relativement à la paroi de verre. L’une est longue et tordue en spirale ; elle présente une grande surface ; l’autre, courte et rectiligne, n’a qu’une surface restreinte. La première siège au large dans la portion renflée de l’ampoule, elle est distante de plusieurs centimètres de la paroi ; la seconde, à l'étroit dans la partie étranglée de l’ampoule, touche presque la paroi. On peut, en raison de leurs différences de forme et de situation, les désigner sous les noms d’électrode large et d’électrode étroite. *

Il faut se souvenir que, d’après les recherches de M. Villard, le passage du courant électrique à travers une ampoule à air raréfié, se fait par l’intermédiaire des particules de matières gazeuses qui affluent à la cathode pour alimenter l’émission des rayons cathodiques ; en un mot, par l’intermédiaire de l'afflux cathodique, comme par un conducteur.

« On comprend ainsi facilement, dit M. Béclère, que si l’électrode large est cathode, l’afflux cathodique forme un large faisceau et l’ampoule offre une très faible résistance au passage du courant électrique ; si, au contraire, l’électrode étroite est cathode, l’afflux cathodique n’est plus qu’un faisceau étroit, et la résistance de l’ampoule devient très grande. Dans le premier cas, la résistance électrique de la soupape est mesurée au spin-

PRODUCTION DES RAYONS X

termètre par une étincelle longue de 2 à 3 millimètres seulement ; elle équivaut, dans l’autre sens, à une étincelle d’une dizaine de centimètres au moins. La soupape de Villard, placée en série avec l’ampoule radiogène dans le circuit électrique à haute tension, de telle sorte que son électrode large soit cathode pour le courant induit direct, donne donc très facilement passage à ce dernier, tandis qu’elle arrête le courant induit inverse. »

Comme toute ampoule à air raréfié traversée par une série de décharges électriques, la soupape de Villard prend une résistance plus considérable à mesure qu’elle fonctionne. Aussi son créateur lui a-t-il adjoint l’osmo-régulateur, dont il a doté les ampoules radiogènes.

On s’aperçoit que la soupape est trop résistante quand elle présente manifestement le phénomène de l’émission des rayons cathodiques, c’est-à-dire quand les portions de la paroi directement opposée aux spires de l’électrode large, deviennent fluorescentes. D’après l’éclat plus ou moins vif dont brille la soupape, on juge approximativement du degré de sa résistance. Il suffit, pour diminuer cette résistance, de chauffer quelqu es instants, avec une lampe à alcool, ou mieux avec un chalumeau à gaz (isolé), le petit tube de platine. On fait alors par cette manœuvre pénétrer de l’hydrogène dans sa cavité, le vide devient moins considérable, la résistance diminue.

§ 2. — Ampoule radiogène.

L’appareil essentiel pour la production des rayons X est le tube à vide, instrument destiné à transformer le courant de haute tension en rayons X.

En général, les ampoules sont constituées par un récipient en verre hermétiquement clos, dont la paroi est traversée par au moins deux fils de platine, correspondant aux électrodes. Une

AMPOULE RADIOGENE

tubulure, ou becquet, permet cl’y pratiquer le vide voulu et est ensuite fermée à la lampe. L’électrode reliée au pôle négatif et d'où partent, normalement émis à sa surface, les rayons cathodiques, porte le nom de cathode , tandis que l'on appelle anode celle reliée au pôle positif de la source à haute tension. Enfin on désigne ordinairement sous le nom d 'anticathode l'obstacle sur lequel viennent se briser les rayons cathodiques, pour donner naissance aux rayons X. Cette anticathode peut être constituée simplement par la paroi du tube opposée à la cathode, comme dans les premières ampoules construites, ou mieux par un obstacle placé à l'intérieur du tube, comme dans les ampoules actuelles.

Les premiers tubes dont on s’est servi avaient la forme de poire très allongée. A la partie supérieure se trouvait la cathode formée d’un disque d’aluminium : l'anode était située sur le côté et se terminait par un tilde platine ordinaire. En faisant passer le courant de façon convenable, la partie du tube diamétralement opposée à la cathode s’illuminait et devenait fluorescente. Elle donnait naissance à une certaine quantité de rayons Rontgen. L’anticathode était donc constituée dans cette ampoule par la paroi même du tube.

Le tube à anticathode en verre présente des inconvénients. A l’endroit où il est frappé par les rayons cathodiques, il s’échauffe, devient poreux peu à peu et finit par fondre. Aussi se sert-on maintenant d’ampoules dans lesquelles les rayons Rontgen prennent naissance, par suite de la rencontre des rayons cathodiques avec un écran de métal placé à l’intérieur du tube et remplissant le rôle d'anticathode ; on le fait généralement en platine. Ces tubes sont connus sous le nom de tubes focus (tubes à foyer) ; cet important perfectionnement est dû à Thomson. On a donné aux ampoules des formes plus ou moins bizarres, on a modifié la forme de la cathode, celle de l’anticathode, sa nature. AI . Seguy a construit des tubes dits bi-anodiques, dans

PRODUCTION DES RAYONS X

lesquels il y a deux pôles positifs; il croyait en augmenter ainsi considérablement la puissance.

Enfin, pour éviter que l’anticathode soit portée à une température trop élevée et qu’elle fonde (ce qui se produit avec les installations puissantes), on a construit des tubes avec anticathode refroidie par circulation d’eau. On a aussi essayé de protéger cet organe en en augmentant la surface.

Ces tubes n’ont pas grand intérêt en radiothérapie, où l’on n’a pas besoin d’une grande puissance. Aujourd’hui on s’est arrêté à un tube simple et élégant, robuste, dont le type est pour la France le tube Chabaud, que nous décrirons plus loin ; il est, bien entendu, à anticathode métallique.

Pour qu’une ampoule fonctionne convenablement, il est essentiel que le vide y soit fait à un degré convenable. Les constructeurs atteignent ce but grâce à la pompe à mercure, puis l’orifice par lequel le vide a été fait est scellé à la lampe.

Si le vide devient plus parfait (ce que l’on peut obtenir en laissant letube relié àla pompe à mercure), l’intensité des rayons croît d’abord, passe par un maximum, puis décroît rapidement, si le vide continue à s’accentuer. Enfin l’émission cesse presque complètement quand on atteint le vide presque parfait d’Hittorf; il faut donc, dans la raréfaction des ampoules, ne pas dépasser une certaine limite.

On peut expliquer ces phénomènes par la théorie du bombardement de Crookes. La production des rayons X commence dès que le vide est poussé assez loin pour qu’une partie des molécules, lancées par la cathode, puisse atteindre l’anticathode avant d’être déviée par la rencontre d’autres molécules. Cette quantité de molécules, qui viennent frapper l’anticathode, va d’abord en croissant, au fur et à mesure que la raréfaction s’accentue, puisque les chocs contre les molécules qui les dévient de leur route va en décroissant; si l’on pousse le vide plus loin, les rencontres de molécules décroissent, mais il se produit en

AMPOULE RADIOGÈN’E

même temps une diminution du nombre de molécules utilisables. On comprend donc qu'il arrive un moment où la diminution des molécules n’est plus compensée par la diminution des rencontres et que, par suite, le nombre de molécules allant frapper l’anticathode diminue. Cela entraîne nécessairement la diminution d’émission des rayons de Rontgen.

Cette explication permet de se rendre compte facilement des variations qui ont lieu dans la production des rayons de Rontgen, suivant le degré de vide qui existe à l’intérieur de l’ampoule.

11 est relativement facile d’obtenir, après certaines opérations , le vide convenable dans la fabrication d’une ampoule ; aussi les ampoules neuves donnent-elles d’excellents résultats. Malheureusement, cet état ne dure pas et la raréfaction s’accentue à la suite du fonctionnement de l’appareil. Le vide de Crookes se change peu à peu en vide d'Hittorf; comme il est mauvais conducteur, il augmente la résistance et diminue ou empêche la production des rayons X. Le tube pst devenu dur.

Ce phénomène bizarre est dù, comme l’a démontré M. Gouv, à l’absorption des gaz restant dans l’ampoule par l’anticathode, sous l’influence du bombardement moléculaire.

Plusieurs moyens ont été proposés pour remédier à cet inconvénient. Le plus parfait, théoriquement, serait de laisser le tube en communication avec la trompe à mercure, ce qui permettrait de faire varier le vide à volonté ; mais ce procédé aurait le grave inconvénient d’immobiliser un appareil délicat et coûteux, d’être encombrant et d’exiger pour sa surveillance un personnel spécial.

On est arrivé au même résultat par d’autres méthodes, que l’on peut résumer de la façon suivante : On place à l’intérieur du tube à vide une matière capable de dégager des gaz sous l’influence de la chaleur. M. Chabaud avait placé des fragments de potasse caustique dans ses ampoules ; il effectuait le vide après avoir chassé l'air par un courant d'acide carbonique. La

46 PRODUCTION DES RAYONS X

potasse absorbait une certaine quantité de gaz, et il suffisait de

Fig. 8. — Pied-support et ampoule.

-chauffer légèrement le carbonate de potasse produit pour lui faire restituer une partie de son acide carbonique et combattre

DU CHOIX d’une installation

fn

ainsi la surraréfaction. On a utilisé dans le même but le palladium, la poudre de charbon et d’autres corps. Les ampoules ainsi établies s’appellent des ampoules réglables; seules, elles doivent être employées par le radiothérapeute. Nous en étudierons plus loin les meilleurs modèles.

En possession d’une ampoule quelconque, il suffira de relier son anode au pôle positif de la source électrique, sa cathode au pôle négatif pour voir apparaître à l’intérieur du tube une belle fluorescence verdâtre, indice de la production des rayons X. Si les pôles ne sont pas reliés de façon convenable, le tube sera mal éclairé et présentera des cercles violacés, alternant avec des zones plus sombres. Enfin la demi-sphère opposée à l’anticathode ne sera pas illuminée par une belle lueur verdâtre. Il faudra, dans l’intérêt de l’ampoule, inverser de suite les pôles de la machine, si elle comporte un commutateur inverseur ou, dans le cas contraire, l’arrêter et déplacer les fils conducteurs. Ceuxci devront être recouverts d'une épaisse couche de caoutchouc, de façon à ce que leur isolement soit parfait ; sinon, le malade risque de recevoir des décharges désagréables, car souvent, au cours des applications, les fils conducteurs seront à son%contact.

| 3. — Du choix d’une installation.

Le praticien désireux de se monter d’une installation radiothérapique, est souvent bien embarrassé pour le choix des appareils qu’il doit acheter. Aussi croyons-nous faire œuvre utile en passant en revue les différentes conditions extrinsèques dans lesquelles il peut se trouver, et en indiquant la solution qui nous paraît être la meilleure.

Prenons d’abord le cas le plus simple, et parfois le plus embarrassant, celui du praticien de campagne ou de petite ville

PRODUCTION DES RAYONS X

de province qui ne dispose d’aucune source électrique. Il pourrait penser obtenir de bons résultats en se montant d’une bobine qu'il actionnerait avec des piles. Il se tromperait, ce procédé serait mauvais et ne lui donnerait que des ennuis. Les piles se déchargent AÛte, sont d’un entretien coûteux, en un mot ne sont pas pratiques. Nous ne parlons pas des accumulateurs, car nous supposons qu’il est loin de tout centre industriel ; la recharge en serait donc impossible. Il n’y a, à notre avis, qu’une solution économique : la machine statique. Ce bon confrère de campagne achètera une petite machine à 6 plateaux, bien construite. Au besoin, il peut la prendre démontable ; de cette façon, il lui sera possible dans certaines circonstances, de la transporter à domicile, s’il doit faire l’examen radioscopique ou la radiographie d’un blessé non transportable. 11 faudra placer la statique dans une pièce bien aérée, non humide et à une certaine distance des murs. Chaque matin, elle sera passée au chiffon bien sec, et de temps en temps un nettoyage complet sera effectué.

Comment l’actionner ? Mais très simplement, à bras ! Évidemment ce n’est pas un procédé élégant, mais, à part la fatigue, c’est un moyen relativement pratique. Si le praticien est plus fortuné, qu’il fasse l’acquisition d’un petit moteur à essence légère, et il pourra substituer l’énergie mécanique à la force humaine ! Enfin, si le médecin de campagne est un favorisé de la fortune et ne recule pas devant une grosse dépense, il peut se monter d’une petite usine. Un groupe électrogène chargera une batterie d’accumulateurs. De cette façon, il pourra se servir de la bobine, ou actionner la machine statique avec un petit moteur électrique. En plus, il aura à sa disposition de l’énergie électrique, qu’il pourra utiliser de diverses façons.

Vous, médecin de grande ville, vous êtes déjà plus favorisé. Un secteur électrique vous fournit la lumière et sera très heureux de vous céder, moyennant rétribution, la force dont vous aurez besoin. Mais il peut se faire (et c’est le cas de quelques

DU CHOIX d’une installation

chefs-lieux de département) que le courant électrique ne soit à votre disposition que le soir, à partir de !\ ou 5 heures. Dans ce cas, vous n’ètes guère mieux monté que votre confrère de campagne, à moins que vous ne soyez résolu à ne faire vos applications que la nuit ; mais j’estime que vous aimerez mieux dormir, et vous aurez raison. Il vous reste cependant une solution, c’est d’avoir une batterie d’accumulateurs et de la charger chaque soir, directement si vous avez du courant continu, à l’aide d’une commutatrice ou d’un redresseur, si le courant urbain est alternatif. Il vous faudra encore un peu de surveillance, mais, au besoin, votre domestique pourra s’en charger. Si, plus heureux, vous avez comme ami votre voisin l’industriel, prenez des accumulateurs et une bobine. Ayez deux batteries d’accumulateurs et envoyez-en une à votre voisin, qui vous la rechargera pendant que vous vous servirez de l’autre.

Enfin, si le médecin habite une ville où le courant est à sa disposition nuit et jour, il n’aura que l’embarras du choix.

Si le courant est continu,, on peut prendre la bobine en toute confiance ; elle donnera de bons résultats avec le minimum de frais. Si on veut faire de la radioscopie en même temps, il faudra donner la préférence à la machine statique à 10 ou 1*2 plateaux. Elle donnera une puissance considérable, assurera une parfaite stabilité de l’éclairage, mais coûtera plus cher que la bobine et sera d’un entretien plus délicat. On peut aussi prendre le nouveau transformateur à circuit magnétique fermé (de Gaiffe) fonctionnant sans interrupteur ; mais il faut alors, avec une commutatrice, transformer le courant continu en alternatif.

Lorsque le courant dont on dispose est alternatif, on peut encore se servir de la bobine, mais on aura bien des déboires. 11 faut en effet, ou transformer le courant, ce qui n’est pas pratique, ou employer des interrupteurs spéciaux, comme le Wehnelt ou le Villard, qui ne laissent passer qu’une demi-période. Ces instruments sont imparfaits : le premier est peu commode,

BELOT

PRODUCTION’ DES RAYONS X

il peut détériorer les bobines et les tubes, il est irrégulier ; le second se dérègle facilement. La machine statique serait préférable : un petit moteur à courant alternatif l’actionnerait.

Mais, depuis quelques mois, il existe un appareil théoriquement parfait, c'est le transformateur de Gaiffe, qui fonctionne directement sur alternatif sans interrupteur. Il est, à notre avis, tout indiqué ; seul son prix élevé peut laisser quelque peu hési ■ tant. Avec cet instrument élégant, peu encombrant, on obtiendra sur l'alternatif des résultats meilleurs que sur le continu, au point de vue de la régularité du fonctionnement. Grâce à un dispositif spécial et à des appareils de mesure nouveaux, il permet de pouvoir rester toujours dans des conditions techniques identiques, et permet en même temps les applications de haute fréquence.

On a aussi voulu faire jouer un grand rôle, dans la pathogénie des effets produits par les rayons X, à la nature de la source électrique à haute tension. C'est ainsi que Leduc et d’autres ont soutenu qu’avec les machines statiques on n’avait pas d’accidents aussi graves qu’avec les transformateurs. Plus récemment encore (janvier 1904), M. Gastou venait dire à la Société de dermatologie qu’il avait obtenu des résultats thérapeutiques avec la machine statique comme source radiogène, tandis que la bobine ne lui avait donné que des insuccès.

Il est nécessaire de réagir contre cette opinion et d’en montrer le peu de valeur. Ce qui importe, ce sont les rayons X euxmèmes, leur qualité, leur quantité, mais la source qui les produit n’a pas d’importance, ainsi que l’ont dit W. B. Snow, de New-York, et R. J. Nunn, de Savannah, au XIIe Congrès annuel de l’American electro-therapeutic Association. C’est exactement comme si l’on voulait établir une différence entre 10 chevaux produits par une machine à vapeur et la même force produite par un moteur électrique, ou entre le pouvoir éclairant de deux lampes de 20 bougies alimentées l’une par du courant alternatif, l’autre par du continu.

Page 1