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CHAPITRE III

DES MESURES EXACTES EN RADIOTHÉRAPIE

Avec l’ensemble des appareils que nous venons de décrire, il serait possible de faire de la radiographie, puisque l’on peut obtenir des rayons X en quantité variable ; mais il serait totalement imposéible de pratiquer, d’une façon scientifique et sans danger pour le patient, la radiothérapie, c’est-à-dire l’application des rayons X dans un but thérapeutique. Il faut adjoindre à ce matériel des instruments de mesure spéciaux, s’appliquant surtout aux rayons X eux-mêmes et aux organes qui les engendrent directement. Nous décrirons donc, au point de vue technique, ces appareils, nous réservant d’en donner les applications pratiques dans la deuxième partie de notre travail.

Nous ferons dans cet aperçu de larges emprunts aux travaux éminents de celui qui en France nous a fait connaître, avec tant de méthode, la radiographie, la radioscopie et la radiothérapie : M. le docteur Béclère, notre maître.

§ 1. — Ampoules réglables.

Un premier point capital est de pouvoir maintenir à un degré relativement constant le vide à l’intérieur de l’ampoule. On sait, en effet, qu’une ampoule peut fournir toute la série des rayons

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de Rôntgen, suivant la raréfaction plus ou moins grande de son atmosphère.

Plus le gaz est raréfié, plus la résistance au passage du courant est considérable à l'intérieur de l’ampoule, plus aussi la quantité de rayons X produits est minime, et ceux qui sont produits ont une grande puissance de pénétration, c’est-à-dire traversent les tissus, sans produire sur eux aucune action active, et ne donnent pas sur l’écran fluorescent une image noire des parties osseuses.

On sait aussi qu’une ampoule ne reste pas identique à ellemême quand elle a fonctionné un certain temps ; le vide s’accentue à l’intérieur ; en un mot, le degré de vide ne reste pas invariable, et les rayons produits sont de plus en plus pénétrants, de moins en moins actifs par conséquent, jusqu’au jour où l’ampoule extérieurement intacte ne laisse plus passer le courant électrique et est ainsi mise hors d’usage. Bien qu'elle soit hermétiquement close, tout se passe comme si une partie du gaz qu’elle contient lui était soustraite à mesure qu'elle fonctionne. En réalité, il en est ainsi ; le gaz qui l’emplit est sous l’influence du passage du courant électrique, partiellement absorbé par les électrodes.

Les différents procédés (que nous avons déjà signalés) employés pour y remédier n’ont donné pendant longtemps aucun bon résultat.

Pour qu’une ampoule soit vraiment à régulateur de vide, il faut qu’elle soit munie d’un dispositif qui permette d’augmenter ou de diminuer à volonté la raréfaction de son atmosphère intérieure.

Tube Ghabaud à osmo-régulateur de Villard. — De tous les régulateurs de vide qui peuvent être adaptés aux ampoules, le plus ingénieux, le plus simple et le plus parfait est l’ osmo-régulateur de Villard : c’est l’organe qui permet le plus facilement et le plus rapidement de faire varier, comme on le désire, le de-

AMPOULES RÉGLABLES

gré do vide des ampoules, et par conséquent d'augmenter ou de diminuer à volonté la production des rayons X et le pouvoir de pénétration de ces derniers. 11 est adapté, en France, aux ampoules Chabaud.

Depuis bien des années, Troost et Sainte-Claire-Deville, étudiant les variations du platine sous l’influence de la chaleur, ont démontré que celui-ci, chauffé au rouge, devient perméable à l’hydrogène. Tel est le principe de l’osmo-régulateur Villard, qui consiste en un simple tube de platine fermé à l’une de ses extrémités et soudé par l’autre extrémité à l’ampoule. Si on chauffe directement ce tube au rouge vif dans une flamme quelconque de gaz ou d'alcool, comme toutes les flammes contiennent de l’hydrogène libre, celui-ci entre dans l'ampoule en traversant la paroi de platine devenue poreuse. Quand on cesse de chauffer, le tube de platine redevient imperméable, et l’hydrogène qui a pénétré ne peut plus ressortir. Le même principe, qui a permis d’introduire de l’hydrogène dans l’ampoule, permet aussi d’en retirer quand on le désire. 11 faut alors chauffer de nouveau au rouge le tube de platine, mais cette fois à l’abri du contact de la flamme. On y parvient à l’aide de la disposition suivante : on entoure le tube d'un petit manchon protecteur également en platine, à l’intérieur duquel l’air peut circuler librement. C’est ce manchon qu’on chauffe extérieurement au rouge vif, avec une lampe à alcool, ou un chalumeau à gaz, en ayant soin, bien entendu, que la flamme ne pénètre pas à l’intérieur. Dans ces conditions le petit tube de platine, également chauffé au rouge, n’est entouré que d’air chaud, et l’hydrogène de l’ampoule s’échappe peu à peu au travers de la paroi devenue poreuse.

Ces deux opérations peuvent être renouvelées autant de fois qu’on le désire, même pendant le fonctionnement de l’ampoule, à condition d’avoir un appareil chauffant (chalumeau, etc. parfaitement isolé de l'opérateur.

C’est ainsi que l’on fait varier à volonté le degré de vide de

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l’ampoule et que l’on obtient des rayons plus ou moins pénétrants. En plus, ces ampoules à vide réglable ont une durée presque

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indéfinie, puisqu’il n’arrive plus de moment où, le vide étant si considérable à l’intérieur, la résistance devienne telle, que le courant ne passe plus à l’intérieur de l’ampoule et qu’il n’y ait plus production de rayons X. Ces avantages compensent largement, vis-à-vis des ampoules ordinaires, leur prix plus élevé.

AMPOULES IÎLGLABLES

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M. Béclère a toujours soin dans ses leçons de faire fonctionner devant ses auditeurs un petit appareil de démonstration très simple, qui fait voir de suite l’exactitude de ces faits.

Il se compose d’un tube en verre dans lequel on a fait le vide barométrique. Ce tube a la forme d’un V, dont les deux extrémités supérieures sont recourbées à droite et à gauche, en formant respectivement, avec les branches qui leur ont donné naissance, un angle de 90° environ. La partie médiane en V est remplie de mercure ; celle de droite, légèrement ascendante, ne contient rien, enfin celle de gauche est terminée par un osmorégulateur. Si onchaulfe ce dernier au rouge, on fait pénétrer de l’hydrogène, qui vient faire pression ; aussitôt on voit le mercure descendre à gauche et monter à droite ; dès que l’on retire la flamme, le mercure cesse de progresser. Si on met le manchon de platine en place pour protéger l'osmo-régulateur, et qu’on le chauffe avec les précautions énoncées plus haut, on ne tarde pas à voir baisser le niveau du mercure dans la branche droite, tandis qu’il s’élève dans la gauche.

Ampoule de Drisler. — Il existe d'autres modèles d’ampoules réglables. Drisler construit une ampoule bi-anodique à vide régénérable par le passage de l’étincelle. Si le tube devient résistant, il suffit, pour le ramener au vide convenable, défaire passer le courant de l’anode à un petit réservoir solidaire de l’ampoule, et contenant la matière régénérante. L’étincelle, en passant , chauffe cette matière, et l’ampoule devient moins résistante. On fait passer le courant par l’intermédiaire d’une tige métallique spéciale, munie d’un manche isolant,... le tout iivré avec le tube parle constructeur.

Nous ne pouvons apprécier la valeur de cette ampoule, ne l’ayantpas essayée nous-mème, mais on peut lui faire un reproche.

Avec ce système, on peut bien diminuer le vide, mais on ne peut l’augmenter, comme avec l’osmo-régulateur. En plus, l’ampoule, en s’échauffant, par suite du fonctionnement, doit

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échauffer aussi la matière régénérante, d’où variation du degré de vide, indépendante de l’opérateur.

Enfin on peut dire que dans ce système la quantité de gaz est toujours la même dans l’ampoule, puisque le tout est enfermé dans des parois de verre. Le régulateur a pour effet de faire

Fig. 10. — Ampoule Müller.

dégager des gaz qui s’étaient condensés dans la matière régénérante, mais qui étaient déjà dans le tube depuis sa fabrication. Au contraire, dans l’ampoule à osmo-régulateur, c’est du gaz (l’hydrogène) pris extérieurement au tube qui est introduit à l’intérieur de celui-ci : la quantité varie donc, ce qui ne doit pas avoir lieu avec les autres systèmes.

Ampoule de Müller. — L’ampoule Müller est analogue comme principe à la précédente. Pour la ramollir, on fait passer le courant dans un appendice solidaire de l’ampoule et contenant une

SPI.NTERMÈTRE 5 J

cathode et une anode. Par suite, les deux électrodes s’échauffent et dégagent des gaz. Le degré de vide diminue donc à l’intérieur de l’ampoule. Une disposition spéciale permet le réglage automatique du tube pendant son fonctionnement ; mais reste à savoir si dans la pratique ce résultat est obtenu. Cette ampoule peut également être durcie, en attachant le fil positif de la source à la spirale contenue dans l’appendice.

Ces tubes fonctionnent bien, mais leur réglage est loin d’être aussi sûr que celui des ampoules Chabaud à osmo-régulateur ; aussi ces dernières devront-elles être préférées en radiothérapie.

| 2. — Spintermètre.

Avec les dispositifs précédents, on peut à volonté faire produire à une ampoule des rayons plus ou moins pénétrants ; mais, pour que cet avantage existe réellement, il faut pouvoir reconnaître et indiquer, à chaque instant du fonctionnement de l'ampoule, le degré de pénétration des rayons qu’elle fournit ou, si l’on aime mieux, le degré de vide qui existe à l'intérieur. C’est un fait d’observation que pour une même ampoule, reliée à un générateur d’énergie électrique déterminée, il existe une relation constante entre la résistance qu’elle oppose au passage du courant qui la traverse et le degré du pouvoir de pénétration des rayons qu’elle produit : plus sa résistance électrique devient grande, plus augmente en même temps le pouvoir de pénétration de ses rayons. Le moyen de savoir si les rayons produits par une ampoule sont plus ou moins pénétrants aujourd’hui qu’hier, le moyen d’amener cette ampoule à l’aide de l'osmo-régulateur à produire des rayons exactement aussi pénétrants que ceux qu’elle adonnés, plusieurs jours ou plusieurs semaines avant, dans une opération radiographique ou radiothérapique dont les résultats ont été jugés satisfaisants, c’est donc de mesurer exac-

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tement la résistance électrique de cette ampoule. Comment peut-on effectuer cette mesure ? Bien simplement de la manière suivante : pendant que l’ampoule fonctionne, on rapproche l’un de l’autre les deux conducteurs métalliques, reliés à ses électrodes, qui servent à l’entrée et à la sortie du courant électrique ; on les rapproche jusqu’à ce qu’une étincelle éclate entre ces deux conducteurs, établissant ainsi un court-circuit. L’électricité tend toujours, comme toute force naturelle du reste, à prendre le chemin le plus facile, à passer là où elle rencontre le moins de résistance. L’étincelle qui apparaît entre les deux conducteurs éclate donc au moment précis où l’épaisseur de la couche d’air qui les sépare cesse d’opposer au passage du courant une résistance plus grande que celle de l’ampoule. Si la résistance de l’ampoule est forte, l’étincelle éclate quand les deux conducteurs sont assez éloignés, elle est très longue. Si, au contraire, la résistance de l’ampoule est faible, l’étincelle éclate seulement quand les conducteurs sont assez rapprochés, elle est très courte. Ainsi, la longueur de l’étincelle qui éclate entre les deux conducteurs progressivement rapprochés varie avec la résistance de l'ampoule et en permet la mesure exacte. On dit de cette étincelle qu’elle est équivalente à la résistance de l’ampoule, et l’opération que nous venons de décrire est appelée, par abréviation, la recherche de l'étincelle équivalente. Quand on dit, par exemple, qu’une ampoule a une étincelle équivalente de 7 centimètres, on entend que sa résistance électrique équivaut à la résistance d’une couche d’air de 7 centimètres d’épaisseur.

Pour faciliter la recherche et surtout la mesure de l’étincelle équivalente, M. le docteur Béclère a fait construire par M. Drault un petit instrument, le mesureur d’étincelle ou, pour parler grec, le spintermètre, qui est indispensable pour tout essai de radiothérapie. 11 consiste essentiellement en une longue tige métallique, divisée en centimètres et demi-centimètres, terminée par

spinterm Être

une boule métallique à l’une (le ses extrémités et portant à l’autre extrémité un manche isolant en ébonite. Cette tige est mobile, à frottement doux, dans une coulisse métallique montée sur un pied isolant, de façon que la boule se rapproche ou s’éloigne à volonté d’une autre boule métallique, fixée sur un second

pied isolant, distant du premier de 25 centimètres environ. Le tout est monté sur une planchette qui sert de socle à l’appareil.

Pour faire fonctionner le spintermètre, on place la coulisse et la boule fixe dans le circuit , en reliant chacune d’elles d’une part à l’un des pôles de la machine statique ou de la bobine d’induction, d’autre part à l'électrode correspondante de l’ampoule.

De cette façon le spintermètre se trouve en dérivation sur le courant d’alimentation de l’ampoule. Quant le courant passe, si les boules fixe et mobile sont assez rapprochées l’une de l’autre, une étincelle éclate entre elles. On tire alors doucement la

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tige mobile dans la coulisse, jusqu’à ce que l’étincelle n’éclate plus que par intermittences. Il suffit à ce moment de lire sur la tige graduée le chiffre de la division la plus proche de la coulisse pour connaître exactement, en centimètres, la distance des deux boules fixe et mobile et par conséquent la longueur de l’étincelle équivalente à la résistance électrique de l’ampoule. Si cette résistance n’est pas celle que l'on désire, on l’augmente ou onia diminue en modifiant le degré du vide à l’intérieur de l’ampoule au moyen de l’osmo-régulateur de Yillard. Quand on a obtenu la résistance cherchée, si on veut la maintenir, pendant toute la du rée de l’opération radiothérapique, au degré mesuré par le spintermètre, on écarte un peu les deux boules fixe et mobile, jusqu'à ce que l’étincelle n’éclate plus et on se tient prêt à chauffer l’osmo-régulateur dès que l’apparition d'une nouvelle étincelle témoigne d’une augmentation dans la résistance de l’ampoule.

Il faut savoir que, pour une même résistance, la longueur de l’étincelle équivalente variera selon que les deux pôles du spintermètre seront des pointes ou des boules, et, dans ce dernier cas, selon le diamètre des boules. Si nous montons en dérivation sur le même circuit trois spintermètres terminés, le premier par des pointes, le second par des boules de 1 centimètre de diamètre, le troisième par des boules de 2 centimètres et demi, pour une même résistance nous aurons des étincelles équivalentes, dont la longueur ira en décroissant du premier au troisième.

Il faudra donc toujours définir ces conditions, en indiquant quelle espèce de spintermètre on emploie, et se rappeler que, pour un même instrument, une longueur d’étincelle donnée reste toujours équivalente à une résistance donnée de l’ampoule.

En résumé le spintermètre indique exactement la longueur de l’étincelle équivalente à la résistance de l’ampoule et permet de se rendre compte indirectement du pouvoir de pénétration des rayons qu’elle fournit.

En Angleterre, depuis 1901, on tient compte de cette donnée.

RADIOCHROMOMÈTRE

Dans la discussion soulevée à la Roentgen Society, en avril 1901 , sur les dermatites produites parles ampoules de Crookes, il a été fait souvent mention d’étincelle équivalente (the parallel spark).

Scholtz, dans ses remarquables expériences sur l’influence des rayons de Rôntgen sur la peau saine et la peau malade, s’est servi du spintermètre.

Ajoutons, pour terminer, qu’aujourd’hui cet appareil est indispensable dans une installation radiothérapique comme instrument de contrôle.

| 3. — Radiochromomètre.

Le spintermètre, que nous venons de décrire, donne bien une idée exacte de la résistance de l’ampoule, mais ne définit que très imparfaitement le pouvoir de pénétration des rayons qu’elle émet : cette mesure étant basée uniquement sur la résistance électrique de cette ampoule. Une preuve de la vérité de cette assertion se trouve dans une observation de miss Margaret M. Scharpe. Miss Margaret employait deux ampoules qui avaient la même étincelle équivalente et qui étaient montées sur le même générateur électrique. Elles étaient placées à la même distance des téguments, et une seule détermina une réaction cutanée. La différence ne pouvait donc provenir que de l'ampoule elle-même. Ce phénomène trouve son explication dans ce fait que les deux ampoules étaient de fabrication différente.

Dès lors, il pouvait exister une inégalité dans leur volume; les électrodes pouvaient être plus ou moins rapprochées l’une de l’autre, les formes différentes; les matériaux employés pour la construction pouvaient ne pas être identiques, etc. En résumé, sur la résistance totale indiquée par l’étincelle, la part présentée par l’ampoule elle-même suffisait pour faire varier la qualité des rayons.

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Comment arriver à évaluer exactement la différence qui peut exister entre deux ampoules, quant à la nature ou qualité des rayons qu’elles produisent ?

Les travaux de M. Benoist ont permis d’arriver à cette solution .

On peut aujourd’hui classer les divers rayons de Rôntgen d’après leur inégal pouvoir de pénétration, comme on classe les diverses radiations du spectre solaire d’après leur inégal pouvoir de réfraction. On arrive facilement à déterminer, avec précision et rapidité, pendant tout le cours du fonctionnement d’une ampoule quelconque, la classe à laquelle appartiennent les rayons qu’elle produit au moyen de son radiochromomètre .

Ce petit instrument de mesure est le fruit d’études sur les lois de transparence de la matière aux rayons X et réalise, (comme le dit M. Benoist) une application précise et pratique de la méthode générale de classification des rayons X et radiations similaires que ces lois lui ont fournie.

On sait qu’il existe différentes sortes ou qualités de rayons X, se distinguant les unes des autres par leur aptitude très inégale à traverser tels ou tels corps, par exemple les os ou les chairs, absolument comme les différentes sortes de rayons colorés, qui composent la lumière ordinaire, traversent inégalement un verre rouge ou un verre bleu. Cette propriété des rayons X constitue le radiochroïsme (L. Benoist).

Le photographe doit savoir si la lumière dont il éclaire son laboratoire est bien rouge et non bleue ; de même il est indispensable à ceux qui utilisent les rayons X de savoir quels sont les rayons dont ils font usage.

Jusqu’ici, dit M. Benoist, l'aspect des ampoules radiogènes, leur degré de résistance électrique, mesurée par l’étincelle équivalente au moyen d’un spintermètre, enfin l’opposition plus ou moins marquée entre les os et les chairs sur l’écran fluorescent ou sur la plaque radiographique, sont les moyens indirects employés pour atteindre ce but. A ces procédés correspondent

RADIOCHROMOMETRE

les désignations toujours un peu vogues de rayons mous ou peu pénétrants, de rayons durs ou très pénétrants.

Le radiochromomètre permet d’obtenir pour chaque espèce de rayons une désignation numérique précise, toujours identique à elle-même, et indépendante de toute appréciation personnelle et arbitraire.

11 est fondé sur le principe suivant : étant donnés deux corps de poids atomiques différents et par suite inégalement transparents aux rayons X, tels que l'argent et l’aluminium par exemple, le rapport de transparence de ces deux corps varie avec la qualité ou plus exactement avec le pouvoir de pénétration des rayons qui les traversent ; en prenant pour la commodité de la démonstration des chiffres tout à fait arbitraires, si l’aluminium est seulement 5 fois plus transparent que l'argent pour une certaine qualité de rayons, il devient pour des rayons de plus en plus pénétrants 10 fois, 20 fois, 30 fois, Zi 0 lois, 50 fois plus transparent que l’argent.

Pour la construction de son appareil, M. Benoist a choisi l’argent et l’aluminium, parce que les variations de transparence du premier corps sont très faibles, nulles.pour ainsi dire, tandis que l’aluminium présente, au contraire, de grandes variations.

Voici, d’après la communication de M. Benoist, la description de cet instrument :

Le radiochromomètre est formé d’un disque d’aluminium divisé en douze secteurs, dont les épaisseurs vont en croissant de 1 à 12 millimètres. Le centre de ce sec leur évidé est occupé par un disque d’argent de 0 mm. 11 d’épaisseur. Les secteurs d'aluminium sont distribués comme les heures d’une montre, ce qui dispense de les numéroter, car on reconnaît immédiatement leur rang par leur place môme : l’épaisseur n° 1 correspond à une heure, etc., jusqu’à l’épaisseur n° 12 qui correspond à douze heures.

L’appareil se place soit au-dessus d’une plaque radiogra-

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phique, soit contre un écran fluorescent. Sur l’image obtenue dans l’un ou l’autre cas, l’un des secteurs d’aluminium présente la même intensité de teinte que le disque central d’argent. C’est le numéro d’épaisseur, ou rang de ce secteur, qui constitue le degré radiochromométrique des rayons X employés et les définit complètement.

Fig. 12. — Radiochromomètre de Benoist.

Par exemple, on trouvera, comme sur la figure 13, que le septième secteur d’aluminium présente la même teinte, la même intensité d’ombre que le disque central d’argent. Les rayons X qui donnent ce résultat se trouveront définis en disant qu’ils marquent 7° au radiochromomètre, ou qu’ils sont du degré 7.

Ainsi se trouve constituée une échelle de L2°, qui comprend toutes les qualités de rayons X obtenues et utilisées jusqu'ici Par exemple, les rayons de dureté moyenne marquent 5° ou 6°i les rayons très durs 9° ou 10°, les rayons très mous *2° ou 3°.

RADIOCHROMOMÈTRE 65

L’échelle comprend également les rayons émis par le radium qui marquent en moyenne 0°,5.

Il est aisé de répondre, au besoin, du demi-degré et même du quart de degré. Par exemple, si le disque central d’argent est plus clair que le deuxième secteur d’aluminium, mais plus foncé que le troisième, on verra aisément si sa teinte est à peu près équidistante des deux autres, auquel cas les rayons considérés marqueront 2°, 5 ; mais si cette teinte est plus voisine

Fig. i3. — Aspect d'une radiographie du radiochromomètre, vue du côté gélatine. Sur l’écran fluorescent, l’aspect sera inverse, c'est-à-dire que les chiffres et les secteurs correspondants seront vus dans le même sens que les heures d une montre.

de 2 que de 3, les rayons seront du degré 2 un quart ou 2,25.

Pour faciliter cette comparaison de teintes, il convient de poser sur la plaque radiographique, que l’on observe après développement, un disque de papier noir présentant une échancrure en forme de secteur, qui permet d’isoler successivement

BELOT

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chaque secteur d’aluminium, en même temps que la portion contiguë du disque central d’argent. On opérera de même en observant l’écran fluorescent, mais en remplaçant le disque de papier noir par un disque de plomb échancré.

La lunette radiochromométrique contient le dispositif complet tel qu’il est nécessaire pour l’observation directe des ampoules productrices de rayons X, leur réglage, leur emploi méthodique. Elle se compose d’un corps de lunette, en cuivre épais, dont une extrémité porte une bonnette s’appliquant exactement contre l’œil, et le mettant à l’abri de toute lumière étrangère. L’autre extrémité porte un écran fluorescent contre lequel le radiochromomètre se place extérieurement, grâce à un mouvement à baïonnette. Un disque de plomb échancré, placé comme un bouchon d’objectif, recouvre le radiochromomètre, dont il démasque successivement, quand on le fait tourner, les différents secteurs. Il suffit de diriger la lunette vers l’anticathode d’une ampoule radiogène, et l’on voit rapidement quel est le secteur d'aluminium qui donne la même teinte que le disque central d’argent. On obtient ainsi le degré radiochromométrique des rayons fournis par cette ampoule.

Avec un peu d’habitude, on arrive vite à ce résultat : pour les débutants, nous conseillons l’usage intermédiaire de la plaque photographique.

L’emploi du radiochromomètre permet de donner à la technique des rayons X une précision comparable à celle que le réglage des températures retire de l’usage du thermomètre.

Grâce à cet instrument, il est possible de fixer, pour chaque ampoule radiogène, les conditions de réglage électrique lui permettant de donner des rayons X d’un degré radiochromométrique déterminé. Telle ampoule, alimentée par une bobine et un interrupteur donnés, avec tant de volts et tant d’ampères, donnera, par exemple, des rayons de degré 2 lorsque l’étincelle équivalente, mesurée au spintermètre, aura une longueur de

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1 centimètre, des rayons de degré 6 pour une étincelle équivalente de 10 centimètres, etc.

On constate ainsi que le même réglage électrique ne donne pas nécessairement la même qualité de rayons d’une ampoule à une autre.

Il y a, entre les ampoules, de grandes différences, ce qui est du reste conforme aux lois générales de transparence, d'absorption et d’émission, établies par M. Benoist. Ainsi, une anticathode d’aluminium a donné des rayons de degré 4,5, dans les mêmes conditions de réglage électrique où une anticathode de platine donnait des rayons de degré 6.

Par contre, on est à peu près certain que, pour une ampoule donnée, accouplée au même spintermètre, avec un courant dont le voltage et l'ampérage restent constants et les interruptions identiques, on obtient toujours, ou à peu près toujours, le même degré au radiochromomètre, que l’expérience soit renouvelée «à deux, quatre, huit, quinze jours d’intervalle.

On comprendra tout l'intérêt de cette mesure quand on saura qu’enradiothérapieil faut employer des rayons Xde pouvoir depénétration connu et constant, autrement dit de qualité déterminée.

Le radiochromomètre devra donc faire partie de toute installation radiothérapique.

Il faut cependant remarquer que le degré de pénétration donné par cet instrument s’applique aux rayons les plus pénétrants. En effet, les radiations émises par une ampoule sont multiples et n’ont pas nécessairement toutes la même nature ni la même qualité. Le radiochromomètre indique le degré des rayons les plus pénétrants, il ne dit pas du tout s’il y en a ou non de moins pénétrants ; il indique le maximum et non le minimum. Cette considération est toute théorique, bien entendu, car la différence de pénétration des multiples rayons produits par une ampoule, à un moment quelconque de son fonctionnement, doit être relativement peu élevée. Cette remarque ne diminue en rien l’utilité de cet appareil.

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Enfin, dernièrement, M. Benoist en a construit un nouveau modèle marquant les demi-degrés. Les lames d’aluminium n’ont alors qu’un demi-millimètre d’épaisseur.

|4- — Chromoradiomètre.

Possesseur des instruments que nous venons d’énumérer, nous pouvons à volonté faire varier le degré de vide de l’ampoule et savoir exactement si les rayons émis appartiennent aux rayons pénétrants ou aux rayons peu pénétrants.

Mais un facteur que nous ignorons totalement, c’est la quantité de rayons X qui peuvent arriver au contact de la surface éclairée, et par suite être absorbés par celle-ci.

Ce facteur a cependant, en radiothérapie, une importance capitale, puisque, comme nous le verrons plus loin, la réaction de la surface traitée dépend essentiellement de la quantité de rayons qui frappe la peau et qui est absorbée par elle.

C’est en 1902 seulement que cette lacune a été comblée. C’est en effet à cette époque que le docteur Guido Holzknecht présenta au IIe Congrès international d’électrologie et de radiologie médicales, un petit instrument de son invention, qu’il appela le chromoradiomètre.

L'inventeur s’est basé, pour la recherche de son instrument, sur cette loi établie par Robert Kienbôck que « le degré de réaction dépend essentiellement de la quantité de rayons absorbée par la peau ». Il a cherché un moyen de mesurer directement cette quantité, ou du moins la quantité de rayons X qui vient frapper la peau.

Le photographe, désireux, dans le tirage de ses épreuves, d’atteindre et de ne pas dépasser un degré d’exposition déterminé, emploie un papier témoin, capable de noircir à la lumière; il arrête l’opération quand ce papier, comparé à une échelle de teintes servant d’étalon, est précisément parvenu à la teinte

CHROMORADIOMÈTRE

choisie. A son exemple, le docteur Holzknecht a cherché une substance capable de se colorer sous l’influence des rayons de Rontgen, pour la placer sur la peau au voisinage de la région à traiter, pour mesurer, d’après son degré de coloration, la quantité de rayons absorbée et pour arrêter l'opération aussitôt que la quantité choisie est obtenue.

Avant d’entrer dans le détail de cet appareil, il est intéressant de voir comment l’inventeur a été conduit à sa découverte.

Dans une série de travaux, publiés à l’Académie des sciences de Berlin, Goldstein a montré que certains sels se coloraient sous l’action des rayons cathodiques. Ces couleurs consécutives prennent naissance soit dans des sels à la température habituelle, soit à la suite d'un chauffage préalable de ceux-ci. Ainsi, le chlorure de sodium se colore en brun jaune et le chlorure de potassium en violet.

D’autres substances s’échauffent fortement pendant l’irradiation et prennent des colorations diverses, comme le chlorure de lithium, qui se colore en jaune vert, et le carbonate de potasse en héliotrope.

Mais toutes ces colorations disparaissent dès que les substances qui les ont prises sont exposées à la lumière du jour ou portées à une température élevée. Ce changement de couleur provient-il d'une modification chimique du produit ou d’une allotropie physique ? La question est discutée.

Plus tard, Goldstein montra que les rayons cathodiques ne possèdent pas seuls cette propriété, mais que les rayons ultraviolets pouvaient aussi produire ces colorations.

En plus, il soutint l'hypothèse que les rayons cathodiques, aussi bien que les rayons de Rontgen et les rayons de Becquerel, ont, avec des différences de propriétés très importantes, cette propriété commune qu’aux points où ils tombent et sont absorbés, ils se transforment en rayons ultra-violets, et qu’à cette propriété sont dus tous les effets consécutifs à leur absorption par

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les différents corps. Il appuya cette manière de voir sur le fait que les nombreuses actions déterminées par l’absorption de ces quatre espèces de rayons ne diffèrent pas d’une espèce à l’autre.

Si l'hypothèse était exacte, si du moins elle n’était pas stérile, les colorations secondaires de Goldstein devaient, dit Holzknecht, pouvoir être produites non seulement par les rayons cathodiques, mais aussi par les rayons de Rôntgen. Müller et Büttner dans leur manuel (Knapp, Halle) avaient, il est vrai, soutenu le contraire.

L’expérience confirma l’hypothèse d’Holzknecht; il constata, en effet, que les rayons de Rôntgen produisent les mêmes effets colorants que les rayons cathodiques, fait qu’avait déjà montré Villard, en France. La principale différence, c’est que les rayons cathodiques, ne pénétrant pas les cristaux à plus de quelques centièmes de millimètre de profondeur, en colorent seulement la surface, tandis que les rayons de Rôntgen, qui les traversent dans toute leur étendue, en colorent la masse tout entière. L’intensité de la coloration, pour une épaisseur déterminée de ces sels, est proportionnelle à la quantité de rayons absorbés.

Poursuivant ses études sur le pouvoir de coloration des rayons de Rôntgen, Holzknecht a découvert que certains sels, après fusion, dissolution mutuelle et refroidissement, se colorent autrement qu’à l'état de mélange pulvérulent.

Enfin, il arriva à trouver une solution saline, qui prit une coloration d’une intensité proportionnelle à la quantité de rayons Rôntgen absorbés, et qui conserva cette coloration à la lumière du jour. Il ne donne pas la formule de ce produit.

Il en a fait le principe de son chromoradiomètre.

M. le docteur Béclère, qui est allé à Vienne étudier de visu le mode d’emploi sur les malades, le montra le 6 novembre 1902 à la Société de dermatologie et de syphiligraphie, en donnant quelques détails sur sa construction et la manière de s’en servir.

« Le chromoradiomètre d’Holzknecht que je vous présente

CHROMORADIOMÈTHE

se compose de deux parties : 1° une série de réactifs isolés ; 2° une échelle graduée qui sert d’étalon .

« Chaque réactif consiste en sels colorables par les rayons de Rôntgen, incorporés dans une substance transparente et contenus dans un petit godet. C’est ce godet qu’on place, au cours des opérations radiothérapiques, sur la peau du patient, tout au voisinage de la région à traiter, de manière à ce qu’il reçoive et absorbe la même quantité de rayons que celle-ci. Aussi, pour chaque nouveau ca^ à traiter, on fait usage d’un nouveau réac-

tif ; le carton sur lequel est fixé le godet de sels colorables est destiné à recevoir les notes concernant le malade.

« L’échelle graduée est formée de douze godets du même genre enfermés dans une boîte, qui les préserve de la lumière, et ils présentent une coloration bleu verdâtre dont l’intensité s’accentue graduellement d’un bout à l’autre de la série. A chaque degré de l’échelle se trouve un chiffre qui indique la quantité de rayons

DES MESURES EXACTES EN RADIOTHÉRAPIE

absorbée, d’après une unité que l’inventeur a choisie, et que, sans la définir, il désigne par la lettre H.

« L’échelle s’étend de 3 H à 24 H.

« La règle générale pour l’emploi de cet instrument est de placer dans chaque cas un réactif tout au voisinage de la région à traiter et d’interrompre de temps en temps l’irradiation, dans le but de comparer la coloration du réactif à l’échelle qui sert d’étalon, jusqu’à ce qu'il ait atteint précisément le degré de coloration désiré. 11 n’est d’ailleurs pas nécessaire de l’obtenir en une seule séance ; mais, en attendant une séance nouvelle, il faut conserver dans l’obscurité le réactif qui vient d’être employé. On doit savoir que, si la première et la dernière séance sont éloignées de plus de cinq jours, il convient d’atteindre une coloration un peu plus intense, parce que dans l’intervalle la peau a eu le temps de se remettre en partie des impressions encore invisibles qu’elle a reçues des rayons de Rôntgen. »

Quant à la quantité de rayons qui doit être absorbée dans chaque cas particulier, elle est essentiellement variable. Elle varie, en effet, suivant l’âge du sujet, suivant la région de la peau, suivant que cette région présente ou ne présente pas de phénomènes inflammatoires, suivant la nature du processus pathologique dont elle est le siège et suivant qu’on se propose de l’irriter très légèrement, de la dépiler ou de détruire les productions morbides qu’elle contient.

« Les avantages de cette nouvelle méthode de dosage, disait M. Béclère, sont si évidents qu’il suffit de les brièvement énumérer. Par sa sûreté, la facilité de son apprentissage et de son mouvement, elle met la radiothérapie à la portée de tous les médecins qui s’occupent des affections cutanées et de leur traitement. Par la possibilité qu’elle donne d’atteindre rapidement et de ne pas dépasser la dose thérapeutique, elle abrège la durée des cures à l’aide des rayons de Rôntgen et réduit au minimum les risques de divers genres que ces cures entraînaient

CIIROMORADIOMÈTRE

pour les malades et les médecins à la fois. Enfin, grâce à la comparaison qu’elle permet entre les observations de toutes provenances et à la commune mesure qu’elle leur fournit, on peut prédire que la radiothérapie lui devra ses futurs perfectionnements. C’est seulement avec son concours qu’on pourra déterminer exactement le degré de réaction cutanée qui convient le mieux au traitement de chaque processus pathologique, la quantité de rayons que réclament dans ce but les différentes régions de la peau, les différents âges, les différents états morbides, enfin le mode d’absorption, à dose massive ou à doses fractionnées et diversement exposées, capable de donner dans chaque affection les résultats les plus favorables. »

Enfin, il faut remarquer que la méthode d’Holzknecht peut s’appliquer aussi aux radiations complexes émises par les substances radio-actives. On sait combien est inégale et difficile à mesurer l’activité des divers échantillons de ces substances. Pour mesurer la quantité de rayons qu’une substance radio -active, immédiatement ou médiatement appliquée sur la peau pendant un certain temps, pourra lui faire absorber, il suffira de couvrir, dans les memes conditions que la peau, un godet de réactif avec cette substance jusqu’à ce que l’on ait obtenu le degré de coloration correspondant à l’unité H. Un calcul très simple donnera le nombre d’unités qui serait absorbé en une heure, et ce nombre pourra désigner au point de vue thérapeutique le degré d’activité de cette substance. On dira par exemple qu’elle peut en une heure faire absorber à la peau une quantité déterminée de radiations, exprimée en unité H, comme on dit d’un accumulateur qu’il est capable de fournir en une heure un nombre déterminé d’ampères.

Il n’est pas indispensable en radiothérapie de se servir à chaque application d’une nouvelle pastille d’Holzknecht. La même peut servir jusqu’à ce qu’elle ait atteint la coloration maxima correspondant au degré maximum de l’échelle. La pas-

74 DES MESURES exactes en radiothérapie

tille peut alors être régénérée en l'exposant pendant un temps convenable à la lumière, mais reprend rarement une teinte identique à celle qu’elle avait étant neuve.

Comme l’appareil d'Holzknecht est cher (puisqu’on ne livre avec l’échelle que douze pastilles témoins), difficile à se procurer, nous avons adopté pour son usage un procédé analogue à celui dont nous nous servons pour le radiochromomètre de Benoist.

Pour cela on détermine, en un temps donné et avec une intensité donnée, la quantité d’Ii absorbée par la peau, et on produira toujours à peu près la même qualité en se plaçant dans des conditions identiques.

Ainsi, par exemple, on déterminera (pour une distance donnée) la quantité d’H que l’on peut faire absorber en 15, 20, 25, 30 minutes, et on saura qu’en se plaçant dans les mêmes conditions on fera toujours, ou à peu près toujours, absorber la même quantité.

Ces déterminations pourront être faites également pour les différentes distances séparant la peau de l’anticathode, et on établira ainsi une sorte de table, qui indiquera pour l'installation dont on dispose le temps pendant lequel il faudra exposer un malade aux rayons X pour lui faire prendre la dose active désirée.

Il sera toutefois prudent, à cause de la variation (possible) du rendement des appareils, et surtout des altérations que peuvent subir les ampoules, de vérifier de temps eu temps l’exactitude des chiffres établis. De cette façon, on évitera toute cause d’erreur.

Holzknecht et d’autres auteurs ont indiqué sommairement les doses qui conviennent aux divers cas... mais ces indications seront étudiées dans une autre partie de cet ouvrage.

Cette méthode, parfaite au point de vue théorique, est d’une réalisation souvent difficile ; elle est loin, en pratique, de répondre aux espérances que l’on aurait pu fonder sur elle.

Il faut avouer, comme le fait justement remarquer M. Huguier dans sa thèse sur les mesures exactes en radiothérapie, que

CHROMORADIOMÈTRE

l’appréciation des teintes présente une réelle difficulté. Les différences de tons entre chaque godet de l’échelle étalon ne sont pas très accentuées, et on est souvent bien embarrassé pour classer exactement le godet en expérience. Il faut un bon éclairage pour arriver à un résultat satisfaisant, procéder par comparaisons respectives, et souvent aussi, nous nous sommes bien trouvé de regarder les godets à comparer à la pleine lumière du jour et sous une certaine incidence.

En outre, lorsque, comme M. Oudin, on emploie en thérapeutique des rayons très peu pénétrants, et par suite très actifs, pendant un temps très court, il faudra arrêter à chaque instant l’expérience pour vérifier la teinte du godet témoin, trop heureux si, en un temps aussi court, le godet s'est coloré de la teinte correspondante.

D’autre part, il faut se demander si un godet qui a subi une exposition prend immédiatement la teinte équivalente à la quantité de radiations absorbées ; en un mot, la réaction colorante se produit-elle instantanément ?

Nous avons observé quelquefois que le changement de coloration n’était pas immédiat. Une pastille montée à 5 H est examinée le lendemain ; elle s’est élevée à 7 H ; elle avait été conservée dans l’obscurité.

De même, deux pastilles exposées à la fois à la même ampoule ne prennent pas toujours exactement la même teinte. On constate parfois une petite différence ; mais il faut bien dire que ces variations sont exceptionnelles.

Huguier, dans sa thèse inaugurale, relate quelques variations analogues.

Malgré ces imperfections, il faut reconnaître que tel quel le chromoradiomètre rend en radiothérapie de très grands services. Grâce à lui, on peut désormais avoir un moyen de contrôle et un terme de comparaison pour les applications radiothérapiques et pour les publications. Nous devons savoir, en effet, que toutes

76 DES MESURES EXACTES EN RADIOTHÉRAPIE

les autres indications techniques n’ont de valeur scientifique qu’autant que l’on peut fixer la quantité de rayons X absorbée ; seule la méthode d’Holzknecht indique cette quantité d’une façon le plus souvent suffisamment approximative.

Il faut espérer, en outre, qu’on arrivera à perfectionner l’instrument, et le jour où nous aurons entre les mains le témoin fidèle et commode que nous souhaitons, il faudra remercier Holzknecht d’avoir découvert cette ingénieuse méthode : le chromoradiomètre est en radiothérapie ce qu’est le photomètre en photographie. •

Des tentatives ont été faites dans cette voie par plusieurs expérimentateurs ; on a essayé d’utiliser le changement de coloration du platino-cyanure de baryum, mais la difficulté réside dans la fabrication de l'échelle. Il faut en effet trouver une substance qui conserve relativement fixe la coloration qu’elle a prise ; sinon l’étalon devra être fait à l’aquarelle, ce qui complique la situation.

Dernièrement, Freund a fait connaître un nouveau radiomètre de son invention, auquel il attribue de grands avantages sur celui d’Holzknecht. L’appareil est basé sur le changement de coloration que subit une solution à 2 p. 100 d’iodoforme pur dans le chloroforme, sous l'influence des rayons X. Cette solution conserve sa coloration normale pendant Zi8 heures. Dès qu’elle est exposée aux rayons X, la couleur change par suite du dégagement d’iode. La sensibilité est telle qu’on peut constater une différence de teinte entre deux solutions identiques, dont l’une a été exposée pendant 3 minutes à une ampoule en activité et dont l’autre n’a pas été irradiée. Ce réactif, dit Freund, est bien plus sensible que celui d’Holzknecht, puisqu’en 6 minutes il prend une teinte équivalente à celle prise en 10 minutes par les pastilles. Le verre du récipient n’empêche pas les phénomènes de se produire.

Nous ne connaissons pas cet appareil, mais il nous semble d’un usage plus délicat que celui d’Holzknecht.

CHHOMORADIOMÈTRE

Au moment où nous mettons sous presse, M. Sabouraud veut bien, sur notre demande, nous communiquer une intéressante méthode de mesure qu'il a établie avec son intelligent collaborateur le docteur Moiré.

Mous le remercions vivement de nous avoir donné les prémices de cette découverte, et nous allons reproduire textuellement la note qu’il a eu l’obligeance de nous remettre.

Procédé de MM. Sabouraud et Noiré. — Jusqu’ici il n’y avait qu’un moyen de mesurer la somme des rayons X absorbés par la peau en une opération, c’était de se servir des pastilles de Holzknecht.

Ces pastilles avaient beaucoup d'avantages. D’abord elles fournissaient une mesure qu’aucun autre moyen ne pouvait donner.

Leur emploi, en outre, était des plus commodes et des plus simples. Elles avaient pourtant un grand nombre d’inconvénients.

D'abord c’était une spécialité.

Pour en obtenir on était donc tributaire d’un seul marchand. Il a été facile de mesurer cet inconvénient en France, où depuis 6 mois et plus il est quasi impossible de s’en procurer. Cette spécialité, de composition secrète, avait un autre inconvénient sérieux, celui d’être vendue à un prix extrêmement élevé.

Chaque pastille était vendue à 2 fr. 50 pièce. Elle pouvait, il est vrai, resservir un certain nombre de fois, mais chaque fois le réactif perdait de sa valeur et de son exactitude.

Enfin un gros inconvénient peu connu des pastilles de Holzknecht était celui-ci. Après avoir été exposées aux rayons X, lorsqu’on les soustrayait à l'action de ces rayons, leur teinte continuait de virer ou de s’accentuer davantage. Ainsi leur teinte à la fin d'une opération était inexacte, il fallait dans chaque opération tenir compte par à peu près du virage après coup.

78 DES MESURES EXACTES EN RADIOTHÉRAPIE

Tous ces inconvénients sont supprimés par la méthode apportée par Sabouraud et Noiré. Cette méthode emploie, comme réactif mesurant la somme des rayons X reçus par la peau en un temps donné, du papier au platino-cyanure de baryum. C’est le papier dont on fait les écrans spectroscopiques (émulsion au collodion et à l’acétate d’amyle).

Ce papier vire à la lumière des rayons X. Plus il en reçoit, plus il vire ; la teinte obtenue est comparée à une série de teintes fixes aquarellées, échelle de trois teintes comprenant :

1° La teinte du papier au platino-cyanure de baryum non viré;

2° La teinte correspondant à 4 unités H de Holzknecht, c’està-dire à la quantité des rayons X qui donne le premier effet thérapeutique appréciable ;

3° La teinte correspondant à 5 unités H 1/2 de Holzknecht, c’est-à-dire celle qu’on ne peut dépasser sans déterminer sur la peau le premier érythème radiodermique.

Le papier au platino-cyanure de baryum, utilisé comme les pastilles de Holzknecht, présente sur elles un grand nombre d’avantages :

1° Ce n’est pas un moyen secret. Non seulement tout le monde peut s’en servir, mais chacun est libre da chercher à l’améliorer ;

2° Son prix de revient est presque nul ; un écran vendu 25 francs peut faire mille fragments dont chacun est suffisant pour une séance ;

3° A la rigueur on pourrait se servir plusieurs fois du même fragment, après l’avoir exposé à la lumière jusqu’à ce que ses teintes de virage s’effacent ;

4° Son virage s’arrêta immédiatement quand cesse son exposition aux rayons X ;

5° Sa teinte est beaucoup plus facile à apprécier par rapport à l’échelle de Sabouraud et Noiré que celle des pastilles de Holzknecht par rapport à leur échelle correspondante.

U1ROMOKAUIO.METUE

Ce papier réactif a deuxi nconvénients qu'il faut reconnaître, et sur lesquels Sabouraud et Moiré insistent beaucoup :

1° Il dévire extrêmement vite lorsqu’on l’expose à la lumière. Quand donc on veut apprécier sa teinte, il faut la comparer sans retard avec les teintes de l’échelle, car en quelques minutes le papier pâlit et sa teinte s’efface. Mais il suffit d’être averti de cet inconvénient pour savoir comment l’éviter;

2° Un autre fait des plus importants est le suivant :

Le papier au platino-cyanure de baryum est moins sensible aux rayons X que les pastilles d’Holzknecht. Tandis que cellesci doivent être placées à une distance du centre de l'ampoule égale à celle oiï la peau se trouve placée, il n'en est pas de même pour le papier réactif de Sabouraud et Noiré. Celui-ci doit être placé ci huit (8) centimètres du centre de l'ampoule, tandis que la peau du patient est placée à i5 centimètres.

Ce fait est capital et ne doit pas être oublié; mais il suffit de le connaître.

Dans ces conditions, le papier au platino-cyanure de baryum est d’un emploi extrêmement facile et donne à l’opérateur et à l'opéré une sécurité absolue, que rien jusqu’ici n’avait pu permettre.

Cette méthode utilise le changement de coloration du platinocyanure de baryum : fait connu depuis déjà quelque temps. MM. Sabouraud et Noiré sont arrivés à établir une petite échelle de trois teintes, dont la lecture est facile. Ils ont bien voulu nous en confier un exemplaire, et nous nous proposons d’essayer leur procédé. Il réunit de nombreux avantages, est d’un maniement très facile, peu dispendieux, et nous sommes convaincu qu’il est appelé à rendre de grands services en radiothérapie. Peut-être peut-on lui reprocher d’employer un réactif témoin dont le virage est rapidement modifié par la lumière du jour. L’échelle aquarellée est délicate à obtenir, partant les colorations quelquefois ditliciles à comparer, par suite de l’aspect toujours brillant du platino-cyanure.

DES MESURES EXACTES EN RADIOTHÉRAPIE

Mais ce sont des inconvénients qu’il suffit de connaître, et ils ne diminuent en rien la valeur de la méthode. •

§ 5. — Milliampèremètre de Gaiffe.

La maison Gaiffe a présenté cette année, à la Société de physique, un appareil qui permet de se rendre compte de l’intensité du courant qui traverse une ampoule. Il constitue un nouvel instrument de mesure très précieux, qui s’applique surtout bien à leur transformation à circuit magnétique fermé, parce qu’avec cet appareil les variations qui peuvent se produire dépendent de la plus ou moins grande résistance de l’ampoule. L’interrupteur étant supprimé, le transformateur obéissant à des lois connues et fixes, les facteurs électriques au secondaire seront toujours les mêmes si ceux du primaire restent constants.

Voici, du reste, la présentation que nous avons faite avec M. Brocq à la Société de dermatologie :

La maison Gaiffe a trouvé le moyen de mesurer pratiquement l’intensité qui traverse une ampoule. Elle a construit un milliampèremètre très sensible, réalisant les conditions nécessaires pour pouvoir être branché sur le circuit du tube : la lecture de cet appareil permet, sans interrompre le traitement, de se rendre compte des variations les plus faibles qui ont tendance à se produire dans le tube et de le maintenir à un point rigoureusement fixe, pendant un temps aussi prolongé qu’il est nécessaire. Si nous supposons que la différence de potentiel au primaire du transformateur reste fixe, ce qui est facile à obtenir grâce au rhéostat de réglage, la variation du milliampèremètre ne pourra être produite que par une variation de la résistance dans le tube. Cette variation sera due à une augmentation ou à une diminution du degré de vide : si l'intensité diminue, c’est que le tube a durci, et si au contraire elle augmente, le tube a molli

MILLIAMPÈREMÈTRE DE GAIFFE

Les rayons produits n’auront donc plus la même pénétration. Avec un voltage quelconque, mais fixe, aux bornes du primaire, faisons produire à l’ampoule, en la durcissant ou en la ramollissant par l’osmo-régulateur, des rayons d’une pénétration donnée, que l’on déterminera avec le radiochromomètre de Benoist. A ce moment, on lira l’intensité en milliampères qui passe dans le tube (chose facile, l'aiguille n’oscillant pas) et on notera le voltage au primaire. Dès que l’état de vacuité du tube tend à changer, l’aiguille se porte à droite ou à gauche, et il suffît de la maintenir au point où elle était précédemment, en utilisant l’osmo-régulateur, pour être sûr d’avoir toujours des rayons de même pénétration.

Supposons, pour fixer les idées, qu’avec 45 volts au primaire, 2 milliampères d’intensité au tube (tube Chabaud), nous ayons des rayons n° 6. On peut enlever le tube, le mettre sur une autre installation, le durcir, le mollir... 11 suffira, en le replaçant sur l’appareil, de remettre 45 volts au primaire et d’amener le tube à prendre 2 milliampères d’intensité, pour être sùr que les rayons émis seront encore du n° 6.

Jusqu’à présent, nous avions le spintermètre qui nous indiquait approximativement les variations de l’ampoule, mais cet appareil obéit à des lois peu connues ; il n’indique que des variations considérables, uniquement quand le tube durcit. Il est un appareil à maxima. Le milliampèremètre, au contraire, rend compte des variations du tube en plus ou en moins. Il constitue un précieux instrument de mesure.

En plus, les expériences faites chez Gaiffe semblent prouver qu'avec des facteurs électriques constants : volts au primaire, milliampèremètre au secondaire, les résultats sont à peu près identiques sur différents tubes, même de constructeurs différents, à condition que leur anticathode soit de même nature.

Cet ensemble permet également de se rendre compte de la quantité de rayons X produits. Si les constantes électriques

BELOT

DES MESURES EXACTES EN RADIOTHÉRAPIE

restent les mêmes, la quantité restera la même. Si elles augmentent, la quantité augmentera ; la qualité elle-même se modifiera, mais, si en chauffant l'osmo on la rend ce qu’elle était auparavant, la quantité restera plus élevée qu’elle n’était, et c’est la variation do l’aiguille du milliampèremètre qui indiquera cette augmentation.

Supposons, pour fixer les idées, que le tube- reçoive, comme intensité, 2 milliampères, que la différence de potentiel aux bornes du primaire soit de 45 volts, et qu’ainsi les rayons émis correspondent au n° 6. Si nous élevons le voltage aux bornes du primaire à 60 volts, le milliampèremètre A’a se déplacer de 2 vers 3.

Si en chauffant l’osmo-régulateur nous ramenons le tube à un degré de vide tel qu’il émette encore des rayons de même pénétration que précédemment (détermination que l’on fait avec le radiochromomètre), nous amènerons de ce fait l’aiguille du milliampèremètre sur une nouvelle division, 2,5 par exemple, ce qui nous indiquera que la quantité de rayons X a augmenté dans le rapport de 2 milli à 2 milli 5.

Ce n’est peut-être pas là une mesure directe, mais c’est un terme de comparaison de la plus haute valeur, qui nous permettra, en établissant des tables, de nous rendre compte, pour une pénétration donnée, de la variation de la quantité de rayons produits.

« J’insiste surtout sur la facilité avec laquelle on peut :

« 1° Faire émettre à un tube depuis une faible quantité de rayons X jusqu’au maximum qu’il peut produire sans être détérioré ;

« 2° Pouvoir le maintenir au même point pendant un temps très long ;

« 3° Avoir des points de repère qui permettent à un opérateur de remettre un tube à des intervalles de temps éloignés, dans des conditions absolument semblables ;

« k° Réaliser des mesures qui permettent «à plusieurs opérateurs de se remettre exactement dans les mêmes conditions.

« Loin de supprimer les instruments de mesure connus jusqu’à présent, il les complète et en facilite la lecture. »

Cet appareil peut également être employé sur la bobine ou la machine statique ; mais comme dans ce cas on ne sera jamais sùr de la constance des facteurs électriques, il ne donnera plus des indications aussi précises. Sur machine statique, par exemple, si l’ampoule est maintenue toujours au même degré de vide, c’est-à-dire si on lui fait émettre toujours des rayons de même pénétration (ce que l’on constatera avec le radiochromomètre), les variations de l’aiguille du milliampèremètre indiqueront une variation dans la quantité de rayons X produits.

Néanmoins, cet instrument est très précieux, et son usage s’impose dans toute installation radiothérapique.

§ 6. — Appareil porte-ampoule pour radiothérapie.

Localisateur.

Jusqu’à ces derniers temps, en France du moins, on se contentait, pour les applications thérapeutiques, de fixer l’ampoule sur un support quelconque, de la rapprocher le plus près possible de la surface à traiter et de protéger les parties voisines par une lame de plomb. Ce procédé élémentaire présentait de nombreux inconvénients :

1° Difficulté pour donner à l’ampoule la position jugée utile ;

2° Risques de bris de l’ampoule par le patient ;

3° Possibilité de décharges électriques si l’ampoule et surtout les prises de courant sont trop rapprochées du patient ;

4° Poids, fatigue et difficulté d'application de la lame de plomb protectrice sur certaines régions;

5° Di I fîculté d’empêcher le malade de se déplacer pendant l'ir-

Echelle

Fig. i5. — Localisateur Belot.

radiation, déplacement qui entraîne une mauvaise utilisation de l’éclairage ;

6° Difficulté de centrage de l’ampoule, de façon à ce que le rayon normal incident arrive perpendiculairement au centre de la surface en traitement, condition nécessaire pour la bonne utilisation de la lumière ;

7° Calcul de la distance de l’anticathode à la peau en fonction de la grandeur de la surface à traiter devant être établie pour chaque malade ; difficulté de la mesure exacte de ce facteur ;

8° Accidents chroniques causés à l’opérateur par suite du voisinage de l’ampoule, nécessité pour lui de se protéger par des gants ou cuirasse de plomb, masque, etc.

En présence de ces difficultés, nous avons cherché à établir un appareil qui permette de les supprimer autant que possible. Il est le résultat de nombreux essais que nous avons faits à Broca, dans le beau service d’électrothérapie du docteur Brocq.

L’ampoule, type Chabaud, petit ou grand modèle, est enfermée dans une boite en ébonite, épousant à peu près sa forme. Cette boîte est composée de deux calottes renversées l’une par rapport à l’autre, et réunies suivant le plan de l’anticathode O par des vis ( u ) qui en permettent l’ouverture facile. De forme générale sphérique, elle porte aux deux extrémités d’un même diamètre deux appendices cylindriques, qui servent à loger les deux pôles de l’ampoule. Deux orifices, situés aux deux extrémités d’un diamètre perpendiculaire au précédent, laissent passage : le supérieur, à l'osmo-régulateur (N) ; l’inférieur (BB'), aux rayons de Rôntgen. Un dispositif spécial à double chariot ( bc ) permet de centrer exactement l’ampoule, de façon à ce que le foyer d’émission des rayons corresponde exactement au centre de l’orifice d’utilisation. Un double système à fils métalliques croisés, qui se monte sur l’appareil, permet d’y arriver.

L’orifice inférieur de l’appareil, qui livre passage et limite le cône de lumière Rôntgen, porte une bague métallique sur

DES MESURES EXACTES EN RADIOTHERAPIE

laquelle viennent se visser (gros filets) toute une série de tubes de différentes longueurs et de différents diamètres., de façon à permettre d’atteindre toutes les régions malades, même le col utérin ou la langue. Ces tubes sont calculés de telle sorte que la surface à traiter reçoive le plus de radiations possible, tout en assurant une uniformité d'éclairage théoriquement parfaite. Leur longueur et leur diamètre ont été déterminés en se fixant sur deux lois qui régissent l'intensité des rayons lumineux, et qui, déduites de leurs propriétés géométriques, s'appliquent également aux rayons X :

La loi du carré de la distance ;

La loi du sinus.

Chaque tube porte à l’extrémité la plus voisine de l’ampoule un diaphragme métallique (AA'), dont l’ouverture est calculée detelle sorte que la production des rayons secondaires soit empêchée.

On sait, en effet, que chaque élément de matière rencontré par les rayons X émet en tous sens des rayons que G. Sagnac appelle secondaires. Les rayons secondaires peuvent, à leur tour, se disséminer pour donner des rayons tertiaires. Les rayons secondaires n’ont ordinairement pas la même qualité que les rayons primaires qui les produisent, d’où nécessité en radiothérapie d'en supprimer autant que possible la production.

La surface extérieure de la boîte est recouverte d’une feuille de plomb dans toutes les parties frappées par les rayons X, c’est-à-dire dans la région correspondant à la demi-sphère lumineuse anticathodique. Un orifice a été ménagé pour la mise en place d’une pastille d'Holzknecht. Le tout est monté par une attache en aluminium sur un pied-support à mouvements multiples, qui permet instantanément le déplacement dans tous les sens et la fixation solide, quand la bonne position est trouvée.

Toutes les parties métalliques sont reliées entre elles, et de cette façon le pied lui-même met à la terre. Aussi, on peut toucher le localisateur sans inconvénient, et le patient peut appuyer

LOCALISATEUR BELOT POUR APPLICATIONS RADIOTHÉRAPIQUES

Belot

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