‹ La râepublique amâericaine Etats-UnisChapitre 123 sur 205 · LE WY0M1NG · texte numérisé non relu

LE WY0M1NG

mer Pacifique la même influence thermométrique que le gulf stream dans l'Atlantique. Sur ce point, une théorie ingénieuse a été développée parun savant médecin de Cheyenne, capitale du territoire, indiquant dans quelles circonstances et comment ce courant pouvait contribuer à l'adoucissement de la température dans les Montagnes Rocheuses.

« La rangée de la côte, dit-il, est basse et sans conséquence. La rangée de la Sierra-Nevada est de beaucoup la plus élevée et la plus abrupte, ne présentant que peu de passes, très hautes par elles-mêmes. Elle se prolonge sur presque toute l'étendue de l'Etat de Californie. Sa face à l'ouest est recouverte, jusqu'à la hauteur de 8,000 pieds, de forêts épaisses, surmontées de parties granitiques et couvertes de neiges perpétuelles. Ces grandes hauteurs repoussent complètement de l'intérieur le climat chaud de la côte. Une grande étendue de la Californie est très aride et sèche. Le peu de moiteur qui surmonte ces montagnes agit ainsi de janvier à mai chaque année. Pendant la saison des pluies de Californie, vers le 40° parallèle de latitude nord, l'influence du courant japonais commence à se faire sentir. L'on en a vu la preuve par le rapide accroissement de la pluie sur la côte, au fur et à mesure qu'on s'avance de la Californie vers le nord. On observe encore que, sur le long de la côte jusqu'au nord de Victoria, la température annuelle est à peu de chose près la même qu'à San-Francisco. Les vents des tropiques accompagnent le courant japonais pendant des milliers de lieues, et à mesure de leur approche de la terre, la température baisse si rapidement, que de très grandes quantités de pluies se précipitent sur la côte, de manière qu'à Asloria, pendant une seule année, elles ont représenté une masse de 7 pieds et demi de profondeur. Ces vents chauds passent sur le grand plateau à travers les vallées, le long du flanc des montagnes, au milieu des rangées comparativement basses et brisées du Montana et du Wyoming et sur les grandes plaines, donnant à ces hautes terres un climat non seulement

habitable, mais extrêmement salubre et agréable (1) ».

A raison de cette salubrité et de l'air vivifiant qui règne sur ces territoires et à cause de la bonté de ses pâturages, l'élève des bestiaux a été jusqu'à présent la principale industrie. Frappés des grands avantages que retire Chicago, de Fabalage des animaux et de la préparation des viandes pour la vente à l'intérieur des États-Unis, des capitalistes ont commencé ces sortes d'opérations sur le territoire de Wyoming; ils s'en promettent un réel succès.

Il n'y a point, dit le gouverneur du territoire, une seule montagne dans ce pays (2), qui ne montre l'existence de l'argent, du cuivre, du plomb; mais ces richesses y restent enfouies jusqu'à ce que l'immigration elles capitaux mettent ces métaux en lumière. Le bois est abondant dans presque tous les districts miniers. Les routes naturelles y sont excellentes. Cependant la production de l'or et de l'argent n'a donné que peu de résultats. L'exploitation des mines est encore à ses débuts, faute de capitaux, et parce que les ressources du pays sont peu connues. L'huile de pétrole est abondante.

Pendant longtemps le Wyoming fut privé de moyens de communication propres à faciliter l'exploitation de ses richesses agricoles et minéralogiques. Maintenant, plusieurs chemins de fer y pénètrent, notamment YUnion Pacific railway, the Siouxcity andPaficic, etc. A l'aide de ces voies de communication, et eu égard au succès déjà obtenu par quelques industries, le Wyoming semble appelé, dans un prochain avenir, à développer toutes les ressources de son sol que la sape n'a point atteintes, et elles sont nombreuses. Malheureusement, l'esprit d'initiative manque aux habitants. Ce n'est pas que l'on n'ait cherché à attirer les émigrants pour cultiver la terre; mais ce mouvement vient d'être paralysé par Yalien bill rapporté plus haut, et que tous les territoires attaquent à l'envi, car ils le considèrent comme mortel pour eux.

(1) Voir The report of the Governor of Wyoming, 10 novembre 1883, p. 568. — (2) Même report, p. 591.

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