‹ La râepublique amâericaine Etats-UnisChapitre 124 sur 205 · LE WYOMING · texte numérisé non relu

LE WYOMING

L'eau ordinaire manque dans certaines parties du territoire de Wyoming. Cependant, sans ce levier précieux, il faudrait considérer comme des richesses stériles, des parties importantes de ce pays. On a creusé des puits, mais l'eau qu'ils fournissent est imprégnée des sels des couches qu'elles traversent; on n'en peut souvent faire usage.

Ce territoire organisé par le Congrès, le 25 juillet 1868, compte aujourd'hui environ 85,000 habitants, dont les trois quarts appartiennent au sexe masculin (1). Bon nombre d'entre eux vivent dans les villes échelonnées sur la ligne du chemin de fer Union Pacific et ses branches adjacentes. Ce territoire, étant de formation comparativement récente, est le plus arriéré de tous, au point de vue de l'instruction et des autres considérations qui aideraient à le faire accepter comme Etat. Cependant le territoire a des écoles, une université; mais elles attendent que la population y donne la vie.

L'assemblée législative de ce territoire a, le 10 décembre I8i)9, accordé aux femmes résidenles le droit de vote dans les élections d'Elat, sur le même pied que les citoyens du sexe masculin et concurremment avec eux. Cette liberté s'est étendue jusqu'à les autoriser ta occuper des emplois publics (2). En 1873, c'est-à-dire dans la session suivante, des membres de la nouvelle législature firent des efforts pour obtenir l'annulation de cette faveur; ce fut en vain. Depuis lors, aucune tentative de ce genre ne paraît avoir été faite, et les femmes ne se sont pas montrées inférieures aux membres de l'autre sexe pour le maniement des affaires. Une cour de justice avait déclaré inconstitutionnelle la loi du territoire de Washington qui avait donné la même faveur aux femmes de ce territoire. La même prohibition constitutionnelle existe pour leWyo-

(1) The report of the Governor, 27 septembre 1887, p. 1014 et le Report uf the l'ommissionerof land office, 5 novembre 1888, p. 8. — (2) Acte de la législature de cette date. Voir Compilation ofthe laws of Wyoming by Whitehkad S" wer intendant of Compilation, 187G, eu. l, p. 347 et the Report of the Governor of Wyoming, 23 septembre 1886, p. 1036.

ming, d'où il faut conclure que si la question était portée régulièrement devant une cour de justice des Etats-Unis, la solution serait la même, au détriment peut-être de la chose publique.

Dans le Wyoming comme dans d'autres territoires et Etats du Far- West, une guerre sans pitié a été faite aux Chinois, non pas eu réalité parce qu'ils étaient Chinois, mais parce que les hommes de cette race, très laborieux, vivant de peu et très économes, peuvent louer et louaient leurs services à un taux inférieur à celui des ouvriers de race blanche. Ceux-ci, pour la plupart étrangers et non naturalisés, ont cherché à détruire cette concurrence, en répandant des bruits calomnieux sur les Chinois. Ils les harcelaient de toutes parts, et exerçaient sur eux des traitements barbares. Tel fut le commencement d'un soulèvement des ouvriers blancs contre ceux de la race jaune, employés par la Compagnie du chemin de fer de l'Union Pacific, dans ses mines à Rock Springs en novembre 1885. Ces malheureux, qui jouissaient de l'estime de la Compagnie, furent assaillis par des ouvriers blancs réunis au nombre de 300 à 350 ; ils les chassèrent des mines pendant leur travail, et avec eux, femmes et enfants. Toutes leurs maisons furent incendiées, nombre d'entre eux brûlés vifs ou massacrés. Le lendemain de ces actes barbares, il ne restait plus à Rock Springs un seul des habitants qui, la veille encore, s'élevaient à neuf cents. La fumée de la destruction humaine par le feu pénétrait jusqu'à plus de un mille de distance du lieu de cet indicible carnage. Ceux qui échappèrent reçurent encore des coups de feu qui les blessèrent plus ou moins. Nous ne parlerons pas des vols commis au préjudice de ces malheureux; ce fut une cruelle saturnale qui ne s'arrêta que d'elle-même par l'enivrement de la réussite. Le territoire n'avait point encore de milice organisée ; le gouverneur adressa de suite une dépêche au général commandant la division la plus proche pour lui demander du secours. Celui-ci en référa au lieutenant générai son supé-

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