‹ La râepublique amâericaine Etats-UnisChapitre 66 sur 205 · WASHINGTON PREMIER PRESIDENT · texte numérisé non relu

WASHINGTON PREMIER PRESIDENT

rent Washington, président des Etats-Unis, élu à l'unanimité des suffrages. Mais de New-York, il fallait expédier officiellement cette nouvelle à ce grand homme qui résidait en Virginie. Trois semaines s'écoulèrent jusqu'à son arrivée à New-York; c'est ainsi que son inauguration fut retardée jusqu'au 30 avril 1789. Ce jour-là, le Congrès proclama Washington Président, et John Adams du Massachusetts, Vice-Président des États-Unis. L'un et l'autre prêtèrent serment entre les mains de Livingston, chancelier, en présence des deux Chambres et du peuple assemblé (1). Ce jour est à jamais mémorable dans les fastes du monde ; car de là, date la mise en œuvre de la Constitution la moins imparfaite qui ait encore existé, et le gouvernement officiel de l'homme politique le plus grand par l'élévation de caractère, par la rectitude l'esprit, par la droiture et le désintéressement, qu'aient connu les temps anciens et modernes. Ce citoyen éminent, en prenant possession de ce poste de confiance, exprima la résolution de n'accepter aucun émolument pour les services qu'on attendait de lui, ne demandant autre chose que le remboursement de ses dépenses dûment justifiées (2): noble langage dépouillé de l'emphase orgueilleuse souvent relevée chez les grands hommes de l'antiquité grecque et romaine.

Attendu que la Constitution ordonnait le renouvellement par tiers des membres du Sénat, cette assemblée procéda au tirage au sort destiné à fixer l'ordre dans lequel expireraient les fonctions de ses membres. Le premier tiers sorti de l'urne fut soumis à réélection à l'expiration des deux premières sessions, le deuxième tiers, deux ans après. Quant au dernier tiers, il resta en fonctions pendant six années, sans changement.

A propos de la durée du mandat du Président, la question s'éleva de savoir de quel jour partirait la durée des

(1) Voir The Nation, 1er avril 188G, n° 1083, p. 274 et Hildreth, vol. IV, p. 48. — (2) Le même, p. 58. Washington avait déjà montré le même désintéressement en prenant possession du commandement de Tannée, au début de la guerre de l'indépendance.

quatre années. Serait-ce du 4 mars, jour de son élection, ou du 30 avril, époque de sa proclamation par le Congrès à la présidence? Il est présumable que Washington, qui élait très scrupuleux des formes prescrites, ne voulut conserver son titre que pendant trois ans et dix mois, c'està-dire jusqu'au 4 mars 1793, quoique en réalité, ses services ne datèrent que bien postérieurement. Aujourd'hui, bon nombre d'esprits non inféodés aux dates, réclament contre celle du 4 mars, et voudraient que l'inauguration de la présidence fût portée au 30 avril, qui est le véritable point de départ du gouvernement de l'Union. Le 4 mars à Washington, est l'époque la plus rude de l'année; le froid y est rigoureux et rend pénibles les voyages imposés aux membres du Congrès pour se rendre dans cette ville de tous les points, surtout des extrémités des États-Unis. En fixant le point de départ de la présidence au 30 avril, on entre dans la belle saison, les privations sont moins dures pour les membres des deux chambres et pour leurs familles qu'ils amènent souvent avec eux. Une proposition a été adressée dans ce sens au Congrès : qu'en adviendra-t-ii (1)?

Chaque deux ans, après l'élection générale des membres de la Chambre des représeutants et du tiers de ceux du Sénat, le Congrès nouveau est tenu de se réunir, sans convocation,à Washington, siège du gouvernement de l'Union, pour procéder à son organisation officielle, prélude de la session.

La loi de 1788 qui dicta la marche à suivre pour l'élection de Washington a été remplacée par un autre acte du Congrès du 1er mars 1792, qui énumère avec détail les formalités à remplir pour cette importante opération ; mais cet acte était muet sur les difficultés qui pouvaient surgir dans les États à propos des interprétations à donner aux statuts locaux, surtout par l'absence de ces statuts. Les graves contestations nées de ces circonstances faillirent troubler

(i) Voir The Nation, 1er avril 1886, n° 1083.

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