‹ La rafale. Samson. Illus. d'apres les dessins de ReneferChapitre 20 sur 76 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

HELENE. AMEDEE I EBOUEG

amédée. — Salut ! On ne voit plus que moi ici.

hélène. — Geneviève ne t'accompagne donc pas?

amédée. — Non... je venais t'avertir... Il ne faut pas compter sur elle avant cinq heures et demie.

hélène. — Cinq heures et demie... Je suis désolée... Je ne pourrai pa.- l'attendre... Je suis forcée d'aller à Pari-.

amédée. — Oh! Tu m'avais dit que tu ne sortirais pas de la journée !

hélène. — Excuse-moi. Une obligation impérieuse, imprévue. Il faut que j'aille È Paris.

amédée. — Bigre! Quelle drôle de voix!.. Tu parais joliment troublée.

Un temps. — Amédée rajuste son binocle.

hélène. — Je traverse des heures... de vilaine- heures...

AMÉDÉE. — Salut ! On ne voit plus que moi, ici.

amédée. — Des embêtements?... (Un temps.) Le* gens chics ne sont donc pas à l'abri?

HÉLÈNE, arec effort. — Amédée, puisque le hasard t'a fait surgir devant moi, en pleine heure de crise...

Elle se tait brusquement.

AMÉDÉE. — Eh bien ?

ir . iÈne. — J'ose à peine... Amédée... j'ai... j'ai besoin d'argent.

AMÉDÉE. — D'argent! Toi!...

HÉ Eve. -- De beaucoup... beaucoup d'argent. Un bijoutier sort d'ici. Jl se chargeait de me procurer la chose... En nantissoment, je devais lui remettre mes bijoux que roici... [La sont admirables, tu sais. Seulei «lit. cet homme m'a demandé une semaine. de patience... VA lo temps presse... presse affreusemenl !

amédée. Ktrangel étrange!... étrange!...

je m- -ni- pas curieux de ma nature.

HÉLÈNE, qui cht rc.lt e ses mots. — A l'instant, lorsqu'on t'a annoncé, j'ai entrevu tout :• coup !<• moyen d'éviter une démarche que

j'allais tenter... une démarche difficile... pé-

ni le... plus pénible que celle-ci... du moins, je me l'imaginais. J'ai pensé que peut-être tu... N'est-ce pas, toi, tu peux disposer sur l'heure de fonds considéra bl<

amédée. — Ma foi... jusqu'à concurrence d'un million...

Hélène, avec une soudaine volubilité . — Il ne m'en faut pas tant!... Alors, si tu consens, je te donnerai les garanties que réclamait ce bijoutier et, en plus, ma signature. Tu nous connais, tu connais notre situation, tu vois que tu ne risques rien et... et tu me sauverais la vie!

amédée. — Tiens ! tiens ! tiens ! Tu me demandes de sauver ta vie et tu as flétri et perdu la mienne.

hélène. — Je n'oublie pas. Je me sens rouge de hante et tu devines les affre- de cette journée... Mais tu m'as répété souvent que tu valais mieux que mon entourage. Et, encore uno fois, Amédée, tu ne cours aucun risque. (Un silence.) Tu refuses?...

amédée. — Je n'ai pas dit que je refusais. Je suis un homme d'affaires. Je ne repousse jamais une affaire qui se présente bien. Celle que tu me proposes me semble de tout repos. Vions demain matin à mon bureau. Nous nous entendrons peut-être...

hélène. — Ah! merci!

amédée, durement. — Ne me remercie pas! Je ne fais rien pouj' rien.

hélène. — Je souscris d'avance à tout ce qu'il te plaira de...

amédée. — Ne t'engage pas à la légère!

HÉLÈNE. — Ah !

JE T'EN PBIeÎ..

Jadis tu m'as lâché, ton père m'a dupé, vous m'avez dédaigné et humilié... J'ai de la rancune.

héiène. — Mais...

amédée, violent. — Oui, j'ai de la rancune!... Je ne souffre plus, mais l'affront n'est pas digéré. Rien qu'à prononcer un titre de noblesse, je me crispe, comprends-tu ?

hélène. — Alors, comment puis-je espérer...

amédée. — Ah! je ne ferai rien pour rien. Nous avons été fiancés, toi et moi... ou tout comme!... Je ne t'affolais pas, mais tu m'acceptais... Tu m'acceptais de bon cœur...

hélène. ■ — Quel rapport entre le passé et..

amédée. — Dans votre jardin, à Montmorency, je t'ai tenue dans mes bras...

HÉLÈNE. — Oll !

amédée, brutal. — Mais oui! Je t'ai tenue dans mes bras et je t'ai embrassée... sur les lèvres.

hélène, révoltée (suppliante). — Ah! je t'en prie...

amédée. — A présent, c'est entendu, je te répugne, je te dégoûte...

hélène. — Tu te trompes, je te jure que tu te trompes !

amédée. — Tant mieux! Alors, viens demain... nous verrons.

hélène. — A la fin, explique-toi! (Un silence. Amédée Ivre les yeux. Sun regard, où il y a du défi et du désir, rencontre Je regard d'Hélène. Hélène comprend et sans élever la voix.) Ya-t'en !

amédée. — Ha ! ha ! voilà ta réponse ! Tu me chasses !

héiène, même jeu. — Oui. ATa-t'en !

amédée. — Madame la comtesse ne me fait pas jeter à la porte par ses laquais?

HÉi ène. — Non. Va-t'en !

AMÉDÉE. — Bien! bien ! Mais tu te débrouilleras sans moi, ma petite!

HÉLÈNE. — Oui. Va-t'en.

amédée. sur le seuil. — C'est égal... (Il ne trouve rien à dire.) Bonjour!

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