‹ La rafale. Samson. Illus. d'apres les dessins de ReneferChapitre 49 sur 76 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

MAX. — Nos tMOURS!

r.E govain. — Votre tante Armoran ne s'est

née pour la planter là !

max. Tu comprends, mon petit, les Armoran font saile comble tous les soirs... Ils

Les Mêmes,

FRAXÇOISE, puis et GLORIEUX

JACQUES

Françoise. — Bah! Je.ssie!... Toujours là0 le govain. — Je me suis attardé... Max; proférait de telles bêtises...

Françoise. — Ce n'est pas un reproche.

Entrent bras dessus Glorieux.

bras dessous Jacques et

Jacques. — Maintenant, mon bon Glorieux, reste le moyen classique... Vendez lo ferme et achetez des primes!

le govain. — Oui! des primes dont dix...

glorieux. — Merci!... avec soixante francs d'écart...

Françoise. — Mais vous limitez les risques.

GLORIEUX. — Ma foi, j'aime autant rester sur ma posil ion !

Jacques. — Je vous approuve. Pourquoi voulez-vous que la liquidation nous fassebaisser P

Françoise. — On a fait huit cent quarante, dernier cours?

LE GOVAIN. — Huit cent quarante-quatre...

Nous piétinons depuis une semaine. Hé ! Brachart, nous n'allons pas nous en tenir là, j'e&père?

Jacques. — Sauf accroc, d'ici deux mois,

chart, vous m'inquiétez un peu... C'est qu^ je suis moi-même très chargé. Moi, un pauvre artiste, un pauvre peintre!...

Jacques. — Mon cher, ne vous alarmez pas,

LE GOVAIN. — Pourquoi? Il est extraordinaire, ce bonhomme! ..

le Cuivre égyptien devrait coter mille franc:-,.

le govain. — Et quinze cents balles, avant la fin de l'année, nom d'un chien!

glorieux. — Dieu vous entende !

Jacques. ■ — C'est une autre question...

le govain. — Enfin, pour l'instant, je tape à tour de bras. J'achète tant que je peux, je m'en fourre jusque-là !

Jacques. — Mauvaise tactique.

le govain. — Pourquoi ? Il est extraordinaire, ce bonhomme!... A la minute, vous déclariez que, dans les deux mois...

Jacques. — Entendu, mon cher vieux, je prévois la hausse. Mais bien jouer à la Bourse, c'est acheter une valeur bon ma c'est vendre une valeur surcotée, c'est laisser tranquilles les actions dont le cours semble normal... Notre cours normal, nous l'atteindrons bientôt... Depuis deux ans nous grimpons sans arrêt... Vous avez, Jessie, empoché toute la hausse... Ne vous montrez pas trop gourmand!... Nous pourrions à présent essuyer quelques fluctuations, subir un petit recul.

Françoise. — ■ Jessie, il faut écouter Jacques !

max. — Hou ! le vilain Jessie !

glorieux. — Bigre ! bigre ! mon petit Bra-

surtout!... Je vous le répète, nous devons monter encore, nous monterons infailliblement. Mais je tente de modérer un peu notre bouillant Jérôme.

Françoise. — Et votre train, mon ami?

Jacques. — J'ai tout le temps! Il me reste une grande demi-heure.

glorieux. — Vous vous absentez iusqu a... ?

Jacques. — Après-demain, à six heures, je serai de retour.

glorieux. — Voyage d'affaires?

Jacques. — D'affaires aussi. Mais je me rends surtout en Angleterre pour assister à la vente Harlington...

glorieux. — Ah! vous verrez de beaux Reynolds....

Jacques. — Précisément, cher ami, je guigne un des Revnolds... un portrait de jeune fille...

glorieux. — ' Je le connais. Il est délicieux.

Jacques. — Une merveille !

LE govain. — Vraiment? Eh bien, n'oubliez pas mes allumettes!

Jacques, riant trop. — Soyez sans crainte!

le govain. — Je file. Et pour de vrai cette fois! (A Jacques.) Bon voyage, Reynolds.

Jacques. — Merci, vieil ami, à bientôt !

glorieux. — Jessie, il paraît que nous avons la même soirée.

le govain. — ■ Mai? oui!

lis rient.

glorieux. — Je vous emmène.

le govain. — Très bien !

glorieux, qui baise la main de Françoise. — Bonsoir, madame-amie.

Françoise. — A samedi, Glorieux!

max. — Dites donc, les deux complices, vous me prenez en lapin?

le govain, qui serre des mains. — Non.

max. — Charmant !

glorieux, également aux adieux. — Nous n'allons pas du même côté que toi, jeune apache !

tretienne?... Fallait me faire une tête d'amant de cœur !

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