SCENE XIII
JACQUES, FRANÇOISE, HONORE, puis ANNE-MARIE
honoré. — Ne souriez pas, Françoise;...
Max est effrayant!
Françoise. — Il n'y met aucune méchanceté... N'est-ce pas, Jacques?
jacques. — Aucune. Sa jeunesse, sa gaieté l'emportent... J'avoue qu'il m'amuse follement.
Françoise. — Je crains pour vous une traversée dure. J'ai lu que la mer était houleuse... Heureusement, vous vous en moquez.
jacques. — Je préfère.
honoré. — Vous vous calfeutrez, bien entendu, dans une cabine?
jacques. — Jamais!... Je me promène sur le pont.
honoré. — Méfiez-vous!
Françoise. — Ce mois de février est glacial !
jacques. — Je me couvrirai en conséquence.
honoré. — Mon cher, voulez-vous me permettre de vous indiquer un moyen de défense contre le froid ?
jacques. — Je vous en prie!
honoré. — Il a le désavantage, mon moyen, de ne pas coûter les yeux de la tête, et le désavantage plus grand encore d'être un vieil usage français... Toutefois, il m'a réussi en tant d'occasions que je vous le signale... C'est assez simjile d'ailleurs... sur votre poitrine... là...
JACQUES. — Oui.
honoré- — Et sous votre chemine... Enfin, entre votre chemise et votre tricot...
jacques. — Oui...
honoré. — Vous placez un journal plié en quatre...
JACQUES. — Oui ?
honoré. — Voilà.
jacques. — Ali!... Un journal?... Vraiment, ce moyen...
honoré. — Souverain!... Essayez-le.
Françoise. — - Honoré, laissez donc Jacques en paix!... Il a sa pelisse, des châles...
honoré. — Très chère, il me semble que je peux recommander à mon gendre...
FRANÇOISE. — Pourquoi ne lui imposez-vous pas le journal de votre choix? Vous devenez tyrannique, mon ami...
Paraît Anne-. Marie.
HONORÉ — Ne souriez pas, Françoise!... Max est effrayant
anne-marie. — Là ! Je rentre...
Françoise. — Eh bien, mes enfants, nous vous laissons à vos adieux. Jacques, ne manquez pas de nous télégraphier dès votre arrivée. Sinon, je serais inquiète.
Jacques. — Je le ferai, certainement, madame.
Baisemain.
honoré. — Mon brave ami, heureux trajet et prompt retour !
jacques. — Je vous remercie. Au revoir... A jeudi! (Evoluant parmi des meubles pour laisser le passage à ses beaux-parents.) Pardon!... pardon... Je vous demande pardon...