‹ La rafale. Samson. Illus. d'apres les dessins de ReneferChapitre 73 sur 76 · ANNE-MARIE, JACQUES · texte numérisé non relu

ANNE-MARIE, JACQUES

Lorsque Max est sorti, Anne-Marie et Jacques demeurent un moment silencieux. Jacques ébauche un sourire d'homme las et porte instinctivement la main à son front.

anne-marie. — Vous êtes souffrant ?

jacques. — Fatigué... un peu fatigué... ce n'est rien.

anne-marie. — J'ai reçu votre lettre...

jacques. — Ma lettre... Oh! ce billet... ce billet griffonné... J'aurais voulu me recueillir, mais les hommes, les événements se bousculaient autour de moi...

anne-marie, nette et simple. — Vous avez écrit les choses qu'il fallait. (Mie a tiré lu lettre de son corsage et lit.) Vous m'avez écrit : « Annette, je n'ai pas quitté Paris. Je suis complètement ruiné. Je ne pense qu'à vous. Je vous aime. » (Un temps.) Jacques, je ne sais pas mentir... enfin, je ne triche pas... je ne ruse pas... je ne suis pas coquette... (Le regardant.) Votre lettre m'a flattée. Je vous le déclare brutalement... je suis une petite brutale... jamais je ne m'étais sentie flattée comme en lisant cette lettre.

jacques. — Si mon amour vous flatte, Anne-Marie, je...

anne-marie. — Comprenez-moi. Votre dé-

faite vous diminue même à vos yeux, vous abaisse... (Vn silence.) Certainement, vous ne l'avouerez pas. Vous y mettez, vous, de la coquetterie! Mais un financier, un lutteur pour l'argent, qui veut prendre et qui se fait prendre, qui touche des épaules avec cette rudesse, perd pour un temps sa propre estime. Quant au cercle des curieux, les autres, tous les autres, ils vous méprisent, à cette heure... pesamment. Vous êtes aujourd'hui l'idole la plus démolie. Vous êtes brisé, vous êtes en miettes. Cela, vous l'admettez, je suppose. Eh bien, je suis si fière que vous ne me confondiez pas avec la foule!... Appauvri, pauvre, vous osez dire que vous l'aimez toujours à la femme que vous aviez achetée. Je vous remercie, Jacques. Pour la première fois, vous m'avez... pas émue... si, émue! Votre instinct vous a servi merveilleusement. Il vous a mieux servi qu'à la Bourse.

jacques. — - Ce sont les mots de mon cœur que j'ai dits.

anne-marie. — Ainsi, vous tenez à moi, quand même?

Jacques. — Oui, Anne-Marie, je tiens à vous.

anne-marie. — Dans votre infortune.

jacques. — Je tiens à vous, Anne-Marie.

anne-marie. — Malgré... malgré les choses de la nuit ?

jacques. — ■ Je tiens à vous. (Après un temps.) Il faut que je vous parle, Anuette.

anne-marie. — Il faut que je vous parle aussi.

jacques. — Alors, j'écoute.

anne-marie. — Non, je préfère...

jacques. — Et moi, je vous adjure de parler la première.

anne-marie. — C'est une proposition, une offre... Mais je redoute un malentendu... Pourtant!... (Un temps. Résolument.) Jacques, comme on dit dans les romans : « Désormais le mauvais souvenir nous sépare. Il sera toujours entre nous. » N'est-ce pas? Je peux compter là-dessus? Finies, bien finies les déclarations, les supplications... les... les bêtises ? Je me trompe ?

jacques, doucement. — Ne me questionnez pas... J'attends... Je...

anne-marie. — Prudent ! Trois fois prudent!... Les orages de l'existence ne vous changent pas. Eh bien, moi, je livre une fois de plus toute ma pensée. C'est volontiers que je vous dis : oubliez les injures, les morsures. J'avais un cœur plein de haine. La haine est tombée. Je ne sais haïr que les oppresseurs, les puissants. Oui, oubliez les paroles envenimées, oubliez ma rage, oubliez mon désespoir; mais le cri constant de tout moi-même, il faut le retenir ! Jacques, je ne serai pas... votre femme. Ne me demandez jamais, jamais... cela... Je ne peux plus, je ne veux plus! Je ne veux pas...

Un silence.

jacques. — Et que ferez-vous pour moi, Annette ?

anne-marie. — Voici, je vivais à vos côtés en prisonnière sur parole, en ennemie. Hier, au petit jour, après nos mornes adieux, j'avais résolu de me sauver. Votre aventure a éclaté et je reste. Je vous reste. Vous ne me sentirez plus hostile. Je serai votre compagne. Mais une compagne, rien qu'une compagne ! Et je n'engage pas toute ma vie. Il me plaît que dans cet immense abandon, vous rencontriez une amie, inattendue. Les mauvais jours passés, vous vous souviendrez que j'avais ouvert la porte pour fuir, et que je l'ai refermée, et que je suis demeurée afin que vous ne soyez pas seul. C'est là ce que je vous offre.

jacques. — Annette, avant d'examiner, avant même de vous remercier, un aveu ! Il s'impose. Tout à l'heure, à vos parents, j'ai dit la vérité, je n'ai pas dit toute la vérité.

ANNE-MARIE. TieilS !

jacqxtes. — Régler mes différences, c'est naturellement la condition qu'a fixée le ministre. Il a ajouté un conseil, un de ces conseils qu'on suit toujours, qu'il faut suivre. Ma présence à Paris entretiendrait les polémiques, le scandale, gênerait le bon vouloir du gouvernement... Au surplus, la situation serait pour nous-mêmes intenable... Bref, je suis forcé de m'éloigner, de m'exiler pendant quelques années.

anne-marie. — Hum!... Je vous fais un reproche de ne m' avoir pas avertie dès le début de notre conversation. Votre insistance pour que je parle la première, à présent, me choque un peu. Le sacrifice de m'expatrier, je l'envisage avec effarement, je le conçois mal... Jamais je n'avais supposé, admis... Enfin, il ekst légitime que je vous le dise, ça ne m'amuse pas de m'en aller. Mais je ne me servirai même pas d'une bonne raison pour dégager ma parole. J'étais résolue, si vous braviez la meute, à me tenir à votre côté. On vous condamne à la fuir, je vous suivrai.

jacques. — Ainsi, vous consentez à partir?

anne-marie. — Je consens.

jacques. — Et c'est moi qui refuse.

anne-marie. — Je ne saisis plus.

jacques. — Je refuse votre pitié, votre charité, votre aumône!

anne-marie. — Que signifient ces paroles de théâtre? Il ne s'agit pas de pitié, je...

jacques. — Si!... Si! si! Vous vous inclinez avec une douceur toute neuve vers l'homme qui n'a pas réussi, vers l'homme que vous croyez à terre...

anne-marie. — Eh bien ?

jacques. — Eh bien, je n'en veux pas de cette douceur ! Je ne suis pas à terre ! Je ne vous reviens pas battu, vaincu, je ne suis même pas un perdant... La partie se joue. Elle se joue maintenant. Et l'enjeu, c'est vous, Anne-Marie.

ANNE MARIE. — Eh bien ?

anne-marie. — Mon Dieu, mon Dieu, vous allez...

jacques, fort, presque rude. — Non, plus un mot !

ANNE-MARIE. Mais.

.Jacques. — Plus un mot. A moi!... Vous êtes généreuse. Si jamais un homme a conquis le droit de plaider sa- cause, c'est celui qui, outragé, ruiné, traqué, harassé, est devant vous à cette minute, et une fois envoie, demande l'amour à la femme de sa vie! (Ils se regardent, puis :) Annette, vous m'accusez de simuler toujours et de dissimuler... Oui... J'ai imaginé un personnage, j'en ai imaginé dix!... Une faiblesse!... C'est un peu la loi de tous les amants malheureux... Je cherchais, je m'ingéniais... Une faiblesse, je vous dis!... Si je vous avais heurtée de front, si je m'étais montré, il ^e peut que... Je ne suis pas indifférent. Anne-Marie, je vous ai aimée bien avant de vous connaître.

Quand j'étais, par les carrefours de Marseille, un galopin miséreux, une inoubliable passion me troubla... Une jeune dame de la noblesse... déjà!... Chaque jour je guettais sa sortie, chaque jour, elle passait frêle, dédaigneuse, souveraine, devant un petit pauvre qui baissait les yeux. Valait-elle pareille ferveur? On ne le saura plus. Mais son image embellie a décidé de moi-même.

Quand je me suis mis à vraiment penser aux femmes, c'est \er.^ cette vision de mon jeune temps que montaient mes désirs... Le soir où je vous ai rencontrée, où j'ai vu pour la première fois vos yeux francs et fiers, vos tes impériaux, où j'ai entendu votre parole simple, fraîche hautaine, il m'a paru que Le souvenir de * renie :niiiées ko levait tout a coup, la. devant moi, eu chair et

en os... Vous le comprendrez sans peine, lorsqu'on court après une femme depuis trente ans et qu'on la rejoint enfin, on n'a pas envie de la lâcher. Je m'étais enrichi dans l'intervalle. Je vous ai prise.

anne-marie. — C'est tout?

jacques. — Oh! non... Fichtre non!...

Mais ne me soyez pas injuste! Ce n'est déjà pas mal... L'amour humilié de ce gosse des rues, la su-rvie d'un songe, ce mirage... Et l'homme ensuite qui amasse des millions et des millions, et qui grimpe sur ce tas d'or pour dénicher tout en haut de la tour féodale la petite bonne femme de son rêve!... Allons, allons, c'est assez bien, et vous n'en disconvenez pas. Nous avons mieux! Depuis quelques heures, nous avons mieux. (Un silence. Jacques porte la main à son front, fait effort, et continue.) Une histoire aujourd'hui me trotte par la tête... Une belle histoire, une belle légende... la plus belle... Samson...

anne-marie, sourient — Samson et Dalila?

jacques. — N'e.st-ce pas qu'elle est splendide?... Ce pauvre grand mâle de Samson, prisonnier des Philistins, qui lui ont crevé les yeux, qui le réduisent à tourner la meulo d'un moulin... Et le géant déchu, se plie, s'accoutume à son asservissement. Mais les vainqueurs inventent une dérision plus cruelle. Ils célèbrent la honte de leur captif, et l'homme assiste à cette fête. Le gueux, il dut en avaler de féroces !... Jo pense que les convives insultaient à son malheur, à tous ses malheurs. Alors, d'affreux souvenirs se rallumèrent en lui. Une rage d'autrefois tordit ce creur dégradé. Samson comprend qu'il est redevenu Samson. Il

Sa m son

ne laisse rien paraître, il est malin, il sait... Mais ses mains tâtonnantes, caressent, mesurent les deux piliers qui supportent le temple. Et soudain, sur les buveurs, sur les noceurs, c'est un fracas!... Les poutres, les pierres, le toit, les murs ! Hou ! quel massacre!... Ensevelis tous les ennemis et leur ennemi à tous. Hein, Annette!...

ann'e-m&rie . — Jacques, tout de suite, expliquez-vous! A deux reprises déjà j'ai entrevu... Mais non... Impossible!... Votre retour dans la nuit, quel en était le motif?

Jacques. — Une dénonciation. On m'avait dit de veiller, de vous surveiller.

anne-marie. — En aucun cas vous n'alliez à Londres I

Jacques. — Pardon, je devais partir. Mes rendez-vous étaient pris.

anne-marie. — Enfin, cette baisse est do votre fait?

jacques. — Oui.

anne-marie. — Et vous la préméditiez depuis longtemps?

jacques. — La chose m'a traversé hier matin, vers quatre heures.

anne-marie. — ■ Impossible.

jacques. — Pendant que je vous tenais sous clé là, dans ma chambre.

anne-marie. — Impossible! Impossible!

jacques. — Je vous donnerai toutes les preuves... Mais je n'invente plus. Vous pouvez me croire. Vous me croyez.

anne-marie. — Jacques... sérieusement, loyalement, suis-je pour quelque cho-se dans... jacques. — Annette>, l'autre nuit, à cette place, je me suis battu contre une agonie. Votre aveu... ce Jérôme, ce bellâtre, ce traître!... Le souper aussi, le souper mystérieux, les invités, les filles... Et parmi cette racaille, ma femme, ma femme à moi, ma petite! Oh! la jalousie me brûlait... me brûlait à mort. Je vous aime, moi!

anne-marie. — • Alors?

jacques. — Alors, j'ai fait comme le grand trahi. Comme lui, j'étais aveugle de fureur, de douleur... J'ai pris à deux bras les colonnés du Temple... vous savez le temple qui est là-bas au coin de la rue Vivienne... Et j'ai secoué, j'ai secoué, j'ai secoué !

anne-marie. — Vous avez fait cela ?

jacques. — Mon Annette, à présent, je peux pardonner, je peux oublier... Je peux me dire : c'est dans le passé, c'est d'avant... c'est d'avant moi ! Je peux. A présent, je peux. J'ai tenu le Jessie à la cravate, je l'ai tenu gigotant tandis que je vidais sa poche. A cette idée-là, comme il a glapi!... Vrai, c'est pas grand'chose! Je pensais : (( La combinaison est bonne. La même rafale nous assaille l'un et l'autre, mais elle va le coucher à toujours, ce vaurien. Et je resterai debout, moi... Avec ces mains-là je fais de l'argent ! » Et je pensais aussi : <( Pourquoi Anne-Marie ne nous voit-elle pas tous les deux face à face ? Il dit les mots

qu'elle aime, il parle d'honneur, de loyauté, de bravoure, il porte des défis, il offre de se battre... Oui, mais moi, je venge ma petite. C'est moi qui suis beau, c'est lui qui est toc!... Si ma femme était là, elle comprendrait, cette fois, elle serait fière, elle serait touchée... peut-être qu'elle m'aimerait... qu'elle m'aimerait un peu... rien qu'un peu... un tout petit peu... enfin... enfin! »

anne-marie. — Jacques, vous avez fait cela?

Jacques. — C'est ma dernière chance. Je me remets à votre merci. Annette, j'ai tout perdu pour vous plaire. Que reste-t-il qui nous sépare?... Mes débuts, ma fange, et que j'ai gratté, trimé, trimardé, et que j'ai remué des gros sous, et que nous n'appartenons pas à la même caste?... Mais je prétends, moi, que l'effort, que le travail... Et puis zut! Tout ça, c'est des histoires, c'est des rengaines, c'est des blagues! Je suis un homme et tu es une femme. Alors, qu'estce que ça te fait que je vienne d'en bas et que tu sois née là-haut? Qu'est>ce que ça te fait, à toi, si je sais aimer? (Très prix (F elle.) Annette, tu n'es qu'une femme, tu rêves des aventures fabuleuses... Pauvre petite, c'est l'amour, ton aventure, c'est l'amour que tu attends ! Viens... Sur la nuit d'adultère, sur le jour de banqueroute, cette flamme est belle! (La saisissant brusquement.) Veux-tu ? Veux-tu ?

anne-marie, sursautant. — Non, non! laissez-moi !

jacques. — Annette !

anne-marie. — Laissez-moi ! Je vous ordonne de me laisser !

jacques, lâchant prise. — Pourquoi?

anne-marie. — Parce que... vous me contraignez!... Parce que je n'aime pas de force. Je ne vous aime pas...

jacques — Oui?... Eh bien, va-t'en !

anne-marie. — Jacques !

jacques. — Va-t'en ! Va-t'en !

anne-marie. — Jacques, ne vous montre» pas si âpre ! Vous avez gagné quelque chose, vous m'avez remuée...

jacques. — Trop bonne ! Un autre, en se surpassant ainsi, t'aurait arraché l'amour. Mais moi! .. Tant pis! Je ne lutte plus, va-t'en ! Ou plutôt ne bouge pas, c'est moi qui file. Les brusques départs, ça me connaît! En route! Je te débarrasse à jamais. Adieu.

anne-marie. — Pestez!... Jacques...

jacques, qui a gagné le seuil. — Pour souffrir encore? Pour que tu me déchires encore? Non, non, fini!

anne-marie. — Jacques !... Reste !...

C'est un grand cri qui arrête Jacques, qui le ramène vers sa femme.

jacques. — ■ Regarde-moi, un peu, toi !... mais, regarde-moi !... Tu es troublée. Tu es

troublée comme tu ne l'as jamais été. Xe détourne pas les yeux. Contre quoi te défends-tu ?

ANNE-MARIE. — Jacques...

jacqies. — M'aimes-tu?

anne-marie. — Jacques... Vous êtes tout ce que je n'aime pas! Hier encore vous avez commis une action sournoise, atroce... Et, malgré moi...

Jacques. — Parle!

anne-marie. — Oui, je suis troublée... C'est passionné, c'est violent... C'est grand. Je suis troublée... Jacques, je vous admire.

Jacques. — Alors, tu m'aimes ? (Z'n silence.) Quel est l'obstacle ? Dis-le ! dis-le ! Tu ne sais pas comme je sais vouloir. Tu ne soupçonnes pas ma force! Dis-le!... C'est mon passé ?

anne-marib. — Oui !... Ce chemin tortueux, ces zigzags... et votre souplesse... et les choses que je devine, troubles, vilaines, cruelles... Jacques, j'ai tort de...

jacques. — Non, Tu as raison. Je suis un mauvais bougre. C'est vrai. J'ai trompé, pillé, rançonné... D'autres fois, je me suis aplati... Tu as raison. Je n'ai pas été un monsieur propre. Mais, pour l'amour de toi, je peux mourir et ressusciter. Annette,

me voici à sec, au ras du sol. Je n'ai plus rien, je recommence la vie. Il faut que je me remette à monter, à grimper... Eh bien, cette fois ce sera chic, ce sera net, ce sera comme tu le désires. Je m'y engage. Seulement, tu m'aimes ? N'est-ce pas ?... Mon petit, mon cher petit, n'est-ce pas, tu m'aimes ?

anne-marie. — ■ Attendez, Jacques !...

jacques, pressant. — Je t'en conjure...

anne-marie, dans un cri. — Attends, attends!... Ne l'emporte pas à tout prix!

Ne traite pas notre amour comme une affaire. Ne sois pas toujours le plus fort ! Attends ! Jacques, je te jure que je vais essayer de t'aimer. Comprends-tu?

jacques. — Je comprends et je suis heureux !... Annette, si heureux, si heureux que... Ab ! tu ne te doutes pas, tu ne peux pas te douter ! J'étais un damné, un forçat... un forçat du succès ! Gagne ou crève ! Telle était ma loi. Tu me délivres. Maintenant, si, malgré ma volonté, malgré mon courage, je ne réussis pas, eh bien, il me restera... il me restera mon amour... il me restera... (Il s'interrompt. Une seconde de nervosité, d'inquiétude. Puis:) Mais je réussirai !

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