ARRET FE
envahissante. Dans certains cas, la paralysie une fois localisée dans un membre ne fait plus de progrès, parfois même elle a une tendance à la régression. Ce fait a été constaté par Roux chez un chien. Mais après une assez longue rémission, la paralysie est revenue et l’animal a succombé.
Dans certains cas, l’anesthésie complète peut s'ajouter aux symptômes, réalisant ainsi tout le syndrome clinique de la myélite centrale.
La paralysie peut gagner les muscies de la face, de l'œil, on voit apparaitre alors du strabisme ; dans d’autres cas, on peul observer tous les signes d’une paralysie labio-glosso-pharyngée : la déglutition devient difficile, les aliments sont rejetés par les fosses nasales, ou bien enfin, elle peut réaliser le syndrome de Landry.
Comment expliquer maintenant ce fait en apparence paradoxal que la rage paralytique qui résulte d’une quantité de virus et d’une réceptivité plus grandes, met plus de temps (sept jours en moyenne) que la rage ordinaire (trois ou quatre jours). Probablement, comme le pense Gamaléia, parce que nous ne remarquons cette dernière que lorsque les centres vitaux les plus sensibles sont déjà envahis par le virus.
OBSERVATION XV (Journal de Vandermonde 1767, p. 99.)
Au sujet d'un homme enragé, onlit dans ce journal que
l’hydrophobie commença le 15 mai, mais ne fut pas forte.
Nous conçumes d'autant plus d’espérance que les symptômes ne paraissaient presque rien eu égard à ceux de la rage des autres. Cependant le soir, les jambes devinrent paralytiques, les bras eurent le même sort le 19, après quelques mouvements convulsifs peu considérables. Ceux-ci passèrent au visage et le malade mourut sans avoir donné aucun signe de
fureur dans ses accès.
OBSERVATION XVI
(Odo-Bujwid. — Annales Institut Pasteur, 1885.)
Benedit Fuchs, vingt-six ans. Mordu par un chien inconnu le 23 décembre 1886, au pouce et à l'annulaire de la main À ga uche, cautérisé dix minutes après à l'acide nitrique.
21 janvier. — Douleurs au doigt mordu, qui se répand de là sur la main et peu à peu sur l’avant-bras. Le lendemain, spasmes pharyngiens en essayant de boire un verre d’eau-devie. Je le vois le 25, à son arrivée dans la salle des mordu de l'hôpital de Wola (Varsovie).
-L'avant-bras et le bras sont paralysés. Le malade marche, fait de longs soupirs en parlant, mais ne peut boire. Mal à la tête intense. [1 dit avoir eu de l'érection pendant plusieurs Jours.
26 janvier. — Infusion de séné introduite par une sonde ; deux selles, se sent un peu mieux. Douleurs dans les muscles dorsaux. À toujours des convulsions respiratoires à l'approche d’un liquide on quand on lui touche le front. Reçoit un litre de lait par la sonde. Le soir, mal à la tête. Température :38 degrés, Pouls : 90.
Bregeon 6
Fra
27 janvier. — Inquiétude et promenades nocturnes. Paralysie du côté geuche. Le pupille gauche est beaucoup plus large que la droite. Vers le soir, le malade ne peut se tenir debout. Température 39°%. Pouls : 100. Délire professionnel.
28 janvier. — Paralysie de tout le corps. Balbutie sans cesse et d’une façon inintelligible. Respiration superficielle et parfois convulsive. Il meurt le 29.
Autopsie. — Hyperémie très accentuée du cerveau et de la foelle épinière avec quelques imbibitions sanguinolentes
du côté gauche du cerveau et de la moelle.
OASERVATION XVII (Résumé)
> (Marchais. -— Thèse de Paris, obs. X.)
Mr° M... cinquante-six-ans, mordue le 27 avril 1889 par un chien à la jambe droite. Deux morsures très profondes et très larges qui saignent abondamment, cautérisées à l’alcali, onze heures après avoir été faites. >
Chien reconnu enragé à l'autopsie et à l’inoculation d’une portion de son bulbe.
On eut beaucoup de peine à décider la femme M... à aller se faire soigner à l’Institut Pasteut ï elle était très effrayée par les légendes du pays qui racontent que l’on doit étouffer les personnes mordues par les chiens malades. Persuadée qu'on voulait la conduire à Paris pour se débarrasser d'elle, elle ne consent à y venir que quatre jours après l'accident.
Pendant toute la durée du traitement, elle manifesta une crainte et une mélancolie profonde. Les plaies qu’elle avait à
la jambe ne se fermaient pas, la malade continuant à mar-
cher malgré toutes les recommandations qui lui étaient faites.
30 mai. — Apparition de symptômes alarmants. Les symptômes les plus caractéristiques du début furent de la paralysie des membres inférieurs et de la nymphomanie.
Le mercredi, prurit douloureux dans les deux flancs et au niveau de la plaie de la jambe qui n’était pas encore fermée.
Puis attaque de nymphomanie, accompagnée de: paralysie des membres inférieurs.
Jambes clouées au lit, complètement immobiles, sensibilité très émoussée.
Vive douleur à la moindre pression dans la région des organes génitaux. Physionomie anxieuse. Aucun symptôme spasmodique: S
Le lendemain, persistance des accidents paralytiques et de la surexcitâtion génitale. De temps en temps, la malade pousse des gémissements. La paralysie augmente.
Le lendemain, aggravation des phénomènes paralytiques ;
la nymphomanie a cessé. Mort le 2 juin.
OBSERVATION XVII
(Di Vestea et Zagari. — Annales Institut Pasteur,
mai 1889.)
Nicoletta D duo à septembre 1888à la jambe gauche. Aucun traitement local ou général. Quand elle se présente pour être reçue à l'hôpital, le médecin de garde
remarque que, tandis que les symptômes d'aérophobie et de
dysphagie étaient à peine apparents, cette malheureuse était
déjà paralytique etne pouvait se tenir debout. Un irrésistible envie d’uriner et d'aller à la selle accompagne bientôt la paralysie des jambes. Les facultés mentales restèrent intactes jusqu'à peu de temps avant la mort qui fut précédée d’un délire religieux tranquille.
Mort le 25 octobre 1888, cinquante-quatre jours après la
morsure.
OBSERVATION XIX
(Gamaléia. — Annales Institut Pasteur, 1885.)
Milowanoff, quarante-neuf, ans est mordu le 6 novembre à la face et au crâne par un loup enragé. La santé reste bonne jusqu’au 16 décémbre. Ce jour-là il tombe malade et la rage débute par dela fièvre et dela paraplégie. La paraplégie persiste et s'aggrave les jours suivants. Puis elle se complique de parésie du bras droit et de la face du côté droit. Pendant les deux derniers jours, le malade devint agité, anhélant ; mais il n’a pas éprouvé d’autres symptômes bulbaires car il a mangé et bu jusqu'au dernier jour de sa maladie.
Au moment où cet homme a été pris de rage, il y avait cinq jours qu'on avait commencé le traitement préventif intensif. Le bulbe de cet homme a été ous à des lapins
qui ont pris la rage au bout de quinze jours.
OBSERVATION XX
(Gamaléia, loc. cit.).
La femme Gichariwa, quarante-quatre ans, fut mordue à la
face et au crâne par le même loup. La maladie débute le