‹ La Rage HumaineChapitre 15 sur 24 · PET NA · texte numérisé non relu

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13 décembre, deux jours seulement après le commencement des inoculations. Les symptômes de la maladie ont été les suivants : fièvre, courbature générale, paralysie du côté droit de la face et du bras droit. La mort eut lieu au bout de quarante-huit heures. Dans les dernières heures il y eut de

l’hydrophobie et des spasmes respiratoires.

OBSERVATION XXI

(Gamaléia, loc. cit.).

Chagowitch, douze ans, fut mordu par un chien enragé le 28 août, au bras droit. Il tombe malade le 4 octobre. La maladie débute par de la fièvre, de l'insomnie’et une para= lysie du bras droit. On le conduit à l'institut bactériologique d'Odessa le 7 octobre. Du 4 au 7, il avait mangé et bu comme dans son état normal. Le jour même de son arrivée au laboratoire, on constate, outre la paralysie du bras droit, une parésie des jambes et de la moitié gauche de la face en même temps que de l’anhélation et de la respiration suspirieuse. En présence de ces symptômes on ne lui fait aucune inoculation. Température 39 degrés.

“Sous les yeux des médecins, la paralysie a suivi une marche ascendante ; elle a gagné le tronc et Chagowitch était dans l'impossibilité de se tenir dans son lit; il tombait à droite ou à gauche si on ne le soutenait pas : il ne pouvait même pas se tourner seul du dos sur un côté.

: Jamais ce jeune homme n'a présenté de convulsions ni . d’hydrophobie. Il y a eu un peu de délire et de RS le

dernier jour de la maladie.

OBSERVATION XXII

(Gamaléia, loc. ait.)

S. O..., soixante-quatre ans, mordu très grièvement au mois de juillet à la tête (une oreille presque enlevée), aux mains et aux jambes, par un loup enragé à Kostrowa. Il vient au laboratoire d'Odessa au bout d’une semaine. On commence le traitement préventif. Avant qu'on lui ait inoculé une moelle viralente, il tombe malade quinze jours après avoir été mordu.

Les premiers symptômes ont été la fièvre, la respiration

suspireuse, la difficulté d’avaler. La mort a eu lieu au bout de deux jours et pendant ces deux jours, le symptôme dominant a été une faiblesse musculaire extraordinaire, allant jusqu’à l'impossibilité de se mouvoir dans son lit et de se tenir assis. Tranquillité absolue. Pas d'hydrophobie, pas de

convulsions ni d'agitation quelconque. …

OBSERVATION XXII (Résumée)

(Toussaint.— Recueil des mémoires des médecins,chirurgiens

et pharmaciens militaires, 1862.)

6 décembre 1860. — Un chien arabe, après avoir mordu un certain nombre de personnes, joint un nommé D... et Jui fit trois blessures à la partie postérieure de la jambe gauche. Ces blessures furent cautérisées douze heures après.

30 décembre. — Le malade paraissait en bonne santé

pre Lise et quitte l’hôpital. Il y rentre le 26 janvier pour des douleurs lombaires qui le contraignent à s’aliter.

2 février. — Les douleurs reparaissent très vives dans ‘les lombes, elles se font ressentir le long du sciatique de chaque côté. :

3 février. — Rachialgie intense, mouvements du tronc très pénibles.

& février. — Douleurs musculaires générales, particulièrement le long des muscles antérieurs des cuisses dont les mouvements de flexion sur le bassin sont très douloureux.

5 février. — Constipation, pertes séminales, lassitude extrême des membres.

6 février. — Anorexie, constipation opiniâtre, brisement des membres, le soir commencement d’hydrophobie.

7 février. — Faiblesse extrême des extrémités inférieures qui ne peuvent presque plus supporter la marche, raideur tétanique du tronc, picotements dans les orteils.

9 février. — Commencement de fureur, sudation assez abondante, les membres inférieurs sont dans un état de résolution complète.

10 février. — La paraplégie est un peu moins complète. A 10 heures du soir, affaiblissement progressif et rapide, perte totale de le parole et du mouvement.

Mort le 11 à 6h. 1/2 du matin.

OBSERVATION XXIV (Hémon, in thèse Ygouf.)

8 juillet. — À Saint-Saturnin près d’Apt, en Provence, un

chien mordit à la paume de la maïn un cuisinier âgé de.

trente ans. Plaie considérable très profonde, ayant beaucoup saigné.

Le cuisinier mit tout de suite un charbon allumé sur la blessure, maïs il fallut que cette brûlure fut peu considérable puisqu'il n'y eut ni phlyctènes ni eschare. Elle: se ferma au bout de six jours.

18 août. — Il se plaint d'un engourdissement du bras du côté mordu,

19 août. — Cet engourdissement était mêlé par moments d'une faiblesse pareille à la paralysie, dans d’autres moments, il ressentait une douleur à ne savoir où poser le bras.

20 août. — Les symptômes du bras persévérèrent et se propagèrent jusqu’à l'épaule du même côté ; il avait vomi toute la nuit. Le matin, il fut obligé d'étendre continuellement le bras et tout le corps comme dans les pandiculations qu’on éprouve en s’éveillant ou en bâillant.

A 3 heures du matin, il fut fort altéré É vinrent ensuite difficulté de la déglutition, nausées, vomissements. Mort

dans la nuit,

OBSERVATION XXV

(Rombro. — Rouskaïa Medizina, 1886.) 0... Daria, mordue à l’annulaire de la main gauche par un chien reconnu enragé à l’autopsie.

Trois mois et demi plus tard, elle est effrayée par un homme ivre et, en le fuyant, elle saute par-dessus une haie. | En même temps, elle éprouve de la douleur ins la main

mordue qui devient lourde.

ce 93 —

Le soir, elle a des difficultés à boire. Les quatre jours suivants, elle a peur pendant les nuits. Elle mange des pommes et du raisin, ne peut boire. La main gauche est paralysée.

8 septembre.— Ses jambes sont devenues lourdes.

9 septembre. — Température 3605, Paralysie du bras

gauche et des deux jambes avec conservation de la sensi.

bilité et des réflexes plantaires.

11 septembre. — Température 395. Salivation ; toujours très tranquille et sans aucune hyperesthésie. Le bras droit est aussi paralysé. Défécation et miction involontaires. Consciénce complète. Le soir température 40 degrés.

12 septembre. — Température 39°5. Toujours pleine conscience, mais la parole est très indistincte ; la langue devient parétique. Boit sans difficulté. Elle est tout à fait calme.

Mort le soir.

OBSERVATION XXVI

(Roussine. = Rouskaïa Medizina, 1886.)

Le 27 juin 1886, N..., douze ans, est mordu par un chien enragé (un poulain mordu par le même chien a eu la rage). Deux blessures profondes sur chaque cuisse et une à la fesse.

Tombe malade le re août. Faiblesse des jambes.

2 août. — Température 385. Ne peut pas se lever, éprouve

des douleurs au ventre et aux reins.

3août. — Angoisse, a mal dormi la nuit, accusant des

douleurs aux reins, au ventre et aux parois abdominales.

Constipation. Les bourgeons charnus des plaies sont à sec. Soir, température 363.

4 août. — Température 385. Mêmes douleurs. Paralysie complète, rétention d'urine. Soir, température : 38°8.

5 août. — Température 386. N'a pas dormi la nuit, avait de l’angoisse et du délire. Les douleurs sont montées plus haut. Paralysie des jambes, du rectum et de la vessie. Sensibilité partout normale. Refuse de boire et de manger. Quand on insiste, il s'excite, Le soir, température 3902.

6 août. — Température 3803. Le soir 4o degrés.

7 août. — Température 393. Respiration montée à 24. Dans les extrémités supérieures qui sont affaiblies, on voit des secousses spasmodiques légères. À vomi. Refuse toujours de boïre et de manger accusant de la difficulté d’avaler. Sommeil interrompu ; parle dans son sommeil. Soir, température 39°2.

8 août. — Température 37°8. Respiration entrecoupée,

36 par minute. Parole embarrassée avec un fort bégaiement. Dysphagie, vomissements. Les bras sont immobiles.

Le soir, respiration 42. Températnre 37°3. Hydrophobie avec spasme des muscles cervicaux, excitation psychique et terreur provoquée par l’eau. Il continue à balbutier quoique la parole paralysée soit devenue inintelligible.

Mort à minuit.

OBSERVATION XXVII (Résumée.)

(Roussel. — Loire médicale, 1883.)

Au commencement de septembre 188r, M. X..., fut mordu

au poignet droit par un chien familier qui fut abattu quel-

9h ques heures plus tard au milieu d'un groupe d'autres chiens qu’il lacérait à belles dents. Reconnu enragé à l’autopsie.

M. X... se trouvant à la campagne, la plaie ne fut pas cautérisée. Elle se cicatrisa du reste parfaitement quelques jours après.

Le malade garda une répulsion très vive pour les chiens ainsi qu'en témoigna à plusieurs reprises sa conversation.

8 avril 1883. — Au long d’une causerie, il se mit à dire. « Je suis horriblement triste ; Sans savoir pourquoi, je broie du noir. » -

Le lendemain M. X... éprouva quelques douleurs dans l'épaule du côté mordu; ces douleurs firent graduellement placé à une paralysie à peu près complète du deltoïde; le malade fort pieux se plaignait amèrement d’être obligé de prendre sa main droite avec la gauche pour faire le signe de la croix. Les autres muscles du bras et de l'avant-bras se

contractaient régulièrement et la sensibilité était intacte.

Dans la nuit du 9 au 10 avril se montrèrent quelques nausées avec vomissements sans caractères bien précis ; mais ce n’est que le 12, au matin, qu'apparurent la difficulté de la déglutition et que l’idée de rage s’imposa. Le diagnostic n’était plus douteux.

L'insomnie durait depuis trois jours: lagitation était extrême et accompagnée d'une loquacité intarissable ; les yeux étaient saillants et fortement injectés; le malade ne cessait de cracher des flots de salive. Spasme pharyngien intense. Crampes dans les membres inférieurs. Accès de

suffocation fréquents. Mort le soir,

OBSERVATION XXVIII

. (Ricochon. — Gazette hebdomadaire. Paris, 1887.)

14 juin 1896. — Henri H..., vingt-neufans, fut mordu, dans ses lieux d’aisances, par son jeune griffon qui y avait pénétré tout à coup, à la partie externe de la cuisse gauche, la région

étant à nu. Le chien dont les allures étaient un peu étranges depuis la veille, tomba tout à fait malade le lendemain, il se . retira dans son chenil d’où il ne sortit plus. Il était sombre, inquiet, refusant la nourriture et paraissant paralysé du train de derrière. H..., sans rien dire de sa morsure, consulta ses amis sur l’état de l’animal. Ils conclurent à la maladie des jeunes chiens. L'un d'eux lui entr'ouvrit même la mâchoire semi-paralysée et y introduisit, avec ses doigts, une poudre. C'était le dimanche 18 juin. Le soir même, le chien mourut et il n'en fut plus question.

Cependant H... qui ne s'était pas fait cautériser, n’était pas sans quelque appréhension. Il avait des instants de tristesse et, à plusieurs reprises, il exprima en termes vagues, il est vrai, à ses intimes amis qui n'y comprenaient rien, d'assez vives craintes pour un prochain avenir.

Le mercredi 12 juillet suivant, vingt-neuf jours après la morsure, H... se fatigue beaucoup. Dès le soir, il fut pris de malaise, courbature générale, se plaignant des lombes et des jambes. |

Le lendemain 13, un médecin appelé constata une migraine violente, une insomnie rebelle, une difficulté déjà manifeste pour se retourner dans son lit. Il crut à un tour de reins.

Le surlendemain, aggravation des symptômes. L’insomnie

persistait, la respiration était anxieuse ; successivement :

douleurs lombaires, sciatiques, lirradiations douloureuses dans le mollet, le talon, les orteils et, sans doute, au niveau de la morsure, bien que le malade se gardât d’en parler. Déjà il ne pouvait plus quitter le lit.

Le samedi 16 juillet, premiers symptômes de déglutition difficile et douloureuse, surtout avec les liquides. Cependant, jusqu’à midi, le bouillon est encore avalé. Le soir, les spasmes buccaux et pharyngiens s’accusent vivement. C’est à ce moment que je fus mandé.

. Je trouvai le malade pris d’étouffements avec une respiretion inégale, saccadée, profonde, entrecuupée par des soupirs, yeux brillants, face congestionnée, parole vive, voix un peu altérée.

Sollicité par le malade d'exainer ses lombes dontil accusait la douleur et l’impotence fonctionnelle, je procédai à l'examen de toute la région inférieure du corps et je trouvai à la cuisse gauche la trace de la morsure. Si rapide qu'eût été cet examen silencieux, le malade fort intelligent en conçut quelque ombrage. A partir de ce moment, il me tint en défiance ; il crut lire dans ma pensée, il se douta de mes soupçons et y trouva comme la confirmation des craintes qui

assiégeaient déjà son esprit ; et, dominé sûrement, malgré son éducation, par ce préjugé trop répandu qu'on doit se débarrasser ‘le plus tôt possible d’une personne reconnue

enragée, il refusa dès lors toute sorte de traitement actif. Nous faisons apporter un verre, nous y versons lentement

l'eau d’une carafe. Le malade n'en est pas impressionné ; mais quand il prend le verre en main et qu'il le porte à sa

bouche, des spasmes éclatent, la figure se contracte, les lèvres

s'agitent, se rapprochent irrégulièrement, aspirent un peu d'eau et beaucoup d'air et le mélange passe en sifflant. Après plusieurs efforts du même genre, le malade anxieux, anhélant est obligé de s’interrompre. | Constipation, dysurie douloureuse. Pas d'hyperesthésie visuelle ; la lumière d’une bougie ne

l’incommode nullement. Hallucinations de l’ouïe; il croît

entendre des bruits de trompette. La mémoire paraît moins .

sûre qu'autrefois.

Le garde-malade nous dit en confidence que H... a déclaré

dans Îe jour, à plusieurs reprises, qu'il se savait perdu.

16 juillet. — Nuit mauvaise ; insomnie persistante, agitation, spasmes et étouffements ; délire, a parlé à haute voix, a demandé un livre, mais n’a pas pu lire. 2

Aù matin, relativement calme, nous fait bon accueil, raconte ses rêves de la nuit, a vu des chevaux ; étouffe moins ; spasmes toujours violents en voulant boire. |

À midi, même état ; quelques cuillerées de potage, quelques gorgées d'eau vineuse ont pu être avalées au prix des plus grands efforts qui finalement l’obligent à y renoncer. Alors, une éponge imbibée d’eau est acceptée et sucée.

Sputation légère. Reins douloureux ; les jambes ne peuvent plus quitter Le plan du lit ; urines involontaires.

19 juillet. — Nuit n'offrant rien de particulier. Sommeil

d'un quart d'heure environ. A 4 heures du matin, exa-

cerbation générale des symptômes. Mandé, nous arrivons en

hâte. L’éponge ne plaît plus. Deux biscuits trempés dans du

vin, pris avec difficulté; sont quand même avalés. Impossibi- -

lité de boire au verre.

H...se plaint d’avoir la têteetles mains en feu. Il demande

à se laver. Il refuse la cuvette redoutant, non l'aspect de l’eau, mais son contact. On lui offre une serviette mouillée. Il éprouve, en la prenant, un frisson général analogue à celui qu'on ressent en se mettant dans l’eau, puis il se lave tranquillement les mains, mais refuse de se laver le visage. Sueurs générales, crachats abôndants. A 11 heures, les

spasmes thoraciques acgmentent; respiration anhélante,

courte, rapide ; urines involontaires ; tache spermatique sur

les draps. FH... se plaint d’être mal couché et voudrait qu'on refit son lit. On a peine à l’arracher du lit, on le soutient par. les épaules : les jambes traînent, flasques, sur le plancher. On l’étend sur son matelas, le ventre et la face en bag.

Soit effet de cette position, soit excitation provoquée par

les efforts de déplacement, à partir de ce moment éclate une

véritable excitation maniaque: «On veut donc me faire mou-

rir comme un chien, s'écrie-t-il: je pe veux pas mourir ici sur la litière ; je veux mon lit, il est à moi. » On le recouche en toute hâte. Il se plaint d’odeurs insupportables ; il accuse les poches des assistants de sentir mauvais : il fait enlever le linge sale de sa chambre ; il accuse également le linge blanc

qu’on met dans ses mains, 11 fait fermer les fenêtres, incom-

= modéparles fleurs du jardin qui sont pourtant assez éloignées ;

il entend parler à voix basse des personnes placées à l’autre extrémité d’un corridor voisin.

Enfin, il laisse échapper son fatal secret, qu'il avait pour-

tant gardé avec tant de soin, tant qu'il était resté maître de

sa pensée. « Qui, je suis enragé ; voyez ces crachats, ce sont

ceux d’un enragé. Oui, j'ai été mordu par un chien là, là »

s’écrie-t-il, en montrant sa cuisse et en racontant les circon- .

stances de sa morsure.

Sa voix devient forte; il parle d’abondance et comme en déclamant ; sa sensibilité affective se développe. IL parle de sa famillle, de sa jeunesse, de sa fiancée. Il se demande pourquoi le prêtre lui a refusé la communion et si ce n’est pas là le traiter non plus en homme, mais en vrai chien.

La période d’excitation touche à sa fin. La figure est vultueuse, couverte de sueur ; la température paraît élevée, la poitrine se soulève difficilement ; la respiration s’embarrasse, la salive s’accumule dans sa bouche. Il déclame encore contre l’un et l’autre, contre nous en particulier. Mais la pensée est de plus en plus incertaine. Il dit à ses gardiens qu'il a envie de les mordre, mais qu'ils n'ont rien à craindre, qu'il saura bien s’en défendre. Il demande F os à

ronger avec insistance. Mort à 4 heures du soir.

OBSERVATION XXIX

(Paolo Galli. — Thèse de Giovanni, obs. XIX.) Paralysie bulbaire

P. N..., deux ans, mordu gravement à la face le 26 mars 1903 par un chien enragé. Cautérisé au fer rouge une demiheure après. |

28 mars. — Traitement qui ne présente rien d’anormal.

24 avril. — Vomissements de grand matin. Un peu de fièvre.

A l'entrée, prostration, somnolence, faibles plaintes. Pas le moindre signe d’excitation. Essoutilement sans dyspnée. Pas d’hydrophobie. Le petit malade peut boire à petites.

-gorgées, du lait et de l’eau. Système nerveux et cœur nor-

maux.

On pratique l'injection quotidiennne de moelle. Dans l'après-midi, l’état s'aggrave, l'enfant est déprimé, apathique. Appelé,il ouvre les yeux,pousse une plaïnte entrecoupée par la douleur puis referme les yeux. L’essoufflement augmente quand on loblige à se mouvoir. Pendant l'inspiration, dépression épigastrique et diminution de l’expansion thoracique.

Il doit donc exister une parésie, sinon une paralysie des

muscles respiratoires. Pouls 130, sialorrhée. Pas la moindre

hydrophobie, il boit même avec un certain plaisir mais le: liquide n’est pas dégluti : une partie est rejetée par le nez, l’autre s'écoule par les commissures. On examine alors la gorge et on constate une paralysie du voile du palais qui est

flasque et immobile. Même immobilité de tout le pharynx,

malgré les plus vives excitations. Pas de réflexe pharyngé.

Rien d’anormal aux nerfs craniens, ni parésie, ni paralysie, ni contracture des membres. Pas d’hyperesthésie sensitive ou sensorielle. Pas de troubles sphinctériens. Réflexes normaux, Pendant la nuït du 24 au 25 avril, il paraît sortir de son apathie, il est un peu excité. Puis il retombe de suite dans une grande prostration. :

25 avril. — Accentuation des phénomènes. Paralysie du voile et du pharynx, des muscles respiratoires et parésie du larynx. Sans être aphone, sa voix est rauque, cornage. Pas d’'hydrophobie, pas de photophobie, pas d’aérophobie. Mouvements passifs possibles de tous les membres ; mouvements actifs pénibles, ce qui semble plutôt dû à l’état d'obnubilation qu’à de la faiblesse musculaire.

L'état s'aggrave, l'enfant est assoupi. La paralysie augmente : respiration difficile et pénible; bronchoplégie.

Mort le 26 au mâtin par asphyxie.

Bregeon 7

en 102

OBSERVATION XXX

(Boston medical and Sargery Journal, 1887.)

2x avril 1879. — Le jeune W. R..., dix-sept ans, fut pris de violentes douleurs abdominales et sternales, de douleurs dans les jambes et les cuisses.

Deux jours après il eut de la dysphagie, et entra à l'hôpital le 24 avril 1879. | | Les douleurs abdominales persistent et s’accompagnent d’une perte partielle de la puissance motrice des deux jambes.

25 et 26 avril. — Délire,crachotement,dysphagie et hydro- ‘phobies = :

La paraplégie est complète.

Mort le 28 avril.

Après sa mort, on apprit du frère de W.R..., que ce jeune homme avait été mordu quelques mois auparavant par un écureuil qu'il avaitipris dans la forêt de Hill. Cet animal, très excité et «comme enragé », avait mordu cruellement

l'enfant au doigt et s'était échappé.

OBSERVATION. XXXI ’

F9! | (Van Gehuchten. — Népraxe. Louvain, 1907-1908.)

Un cas de rage humaine évoluant cliniquement comme une poliomyélite aiguë ascendante ou comme une paralysie ascendante de Landry. Ÿ

Où

Emile G..., quarante-sept ans, a été blessé à la figure le

3 mai 1907 par son chien atteint de paralysie du maxillaire inférieur. En voulant frictionner la mâchoire avec une pommade prescrite par le vétérinaire, il a été blessé légèrement par les dents du chien qui avait relevé brusquement la tête, blessure au niveau du menton, un peu à droite de la ligne médiane,et une autre au-dessus de l’arcade sourcilière droite. Le chien est mort le 6 mai de paralysie généralisée.

Comme on ne signalaïit dans la région aucun cas de rage canine, le chien a été enfoui,etle malade ne s’est plus occupé de ses blessures.

8 juin.— Soit trente-six jours plus tard. il rentre de voyage et se met à pleurer.Il se plaint de fatigue générale et déclare qu'il a le pressentiment d’une mort prochaine. Le lendemain, il consulte pour la première fois le D' Daelmann pour des névralgies de la face. Le 10 juin, il est sorti toute la journée en voiture. 1} rentre le soir exténué, et déclare que, probablement, il va devenir enragé. Son médecin le visite le lendemain 11 juin. À ce moment, il existe un certain degré d'hydrophobie : quand le malade veut boire de l'eau, il éprouve une certaine suffocation‘avec spasme pharyngé. Ces troubles de la déglutition n'existent pas pour les autres liquides, ni pour la salive, ni pour les solides. Interrogé par son médecin sur le point de savoir s’il n’a pas été mordu par up chien, il lui raconte comment il a été blessé au menton et au front le 3 mai dernier. Les cicatrices des plaies sont encore très visibles ; elles sont très superficielles et ne présentent aucune réaction inflammatoire. C'est au niveau de

ces cicatrices que le malade localise ses douleurs névral-

giques.

Le médecin se croit en présence d’un cas de rage hysté-

he lorsque, brusquement, le 13 juin,sans frisson ni fièvre, le malade se plaint de douleurs et de fourmiliements dans le membre supérieur gauche, avec parésie de la musculature. Cette parésie a envahi, au bout/de trois à quatre jours, le membre supérieur droit, le tronc et les membres inférieurs. C'est en présence de cette situation aggravante que j'ai vu le malade le mercredi 19 juin.

L'intelligence est entièrement intacte. Le malade répond avec calme à toutes les questions qu'on lui pose. Il est triste parce qu’il craintqueson affection ne soit incurable. Il ne pré- sente aucun symptôme d'hydrophobie. Il boit, en ma présence, sans difficulté, des boissons chaudes. IL paraît que la déglutition des boissons froides offre quelque difficulté, sans véritable hydrophobie cependant. Il n’y a ni hypersécrétion de la salive, ni phénomène de sputation. |

. Le symptôme prédominant est la paralysie flasque, parajui de la motilité volontaire et de la motilité réflexe.

La motilité volontaire est abolie dans tous les muscles de la ceinture pelvienne et de la cuisse des deux côtés, sauf la persistance à droite d’un léger degré de contraction volon-taire dans les muscles postérieurs ou fléchisseurs de la jambe sur la cuisse. |

Les muscles de la jambe et du pied sont normaux : le malade exécute avec facilité l'extension et la flexion du pied sur la jambe, l'extension etla flexion des orteils sur les métatarsiens. ï

Les muscles larges de l'abdomen sont complètement paralysés. Le diaphragme et les muscles intercostaux se contractent encore légèrement. Cependant le malade a beaucoup

de peine à faire des inspirations profondes. Il tousse diffici-

is

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