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parce que, disait-il, la durée d’incubation est en rapport avec la longueur des nerfs, parce que la rage est habituellement paralytique après inoculation dans le domaine du sciatique et furieuse après contamination à la face, parce que les symptômes du début sont rapportés à la périphérie des nerfs,
Pasteur, di Vestea et Zagari, Roux, Bardach ont, par leurs expériences, confirmé cette manière de voir. re ee
Roux a vu que les nerfs de la région mordue sont virulents, que les centres nerveux s’infectent
de proche en proche.
Di. Vestea et Zagari inoculent du virus fixe dans le nerf sciatique d’un lapin et d’un chien. Ces animaux présentent, au bout de quelque temps, tous les symptômes de la rage par trépanation. À l’objection que le virus à pu suivre les lymphatiques qui accompagnent. le nerf, ces auteurs répondent que la réussite de l’opération est d'autant plus sûre et l’incubation d'autant moins longue que l’inocula- ‘tion reste mieux localisée dans le tissu nerveux :. que le résultat devient chanceux quand linoculation. est faite dans la gaîne ; enfin, qu’en excisant, après l'opération, le nerf sciatique au dessus du point : lésé, eten cautérisant l'extrémité du bout périphé- rique, on peut arrêter l’évolution de la maladie ou du moins la rendre beaucoup plus longue.
De même Helmann, après avoir fait une injection de bulbe virulent dans la queue d’un chien ou d’un
lapin, pouvait prévenir la rage en amputant douze
heures après.
Ces faits semblent bien démontrer que la voie nerveuse est celle que suit le virus rabique pour atteindre les centres. Est-ce la seule ? Les expériences de Pasteur prouvent qu'il peut ne pas loujours en être ainsi et que :e passage du virus de la périphérie au système nerveux central peut se faire par le système sanguin. La sûreté d’inoculation de la rage par l'injection intra-veineuse en est une preuve. On a objecté à Pasteur que, pour aller chercher la veine il fallait un traumatisme, couper la peau, dénuder le vaisseau. Qu’y aurait-il d’impossible à ce que le virus rabique introduit dans la circulation sanguine ne revienne aussitôt à la blessure et n’y trouve des nerfs ou des vaisseaux lymphatiques. À quoi Pasteur répondit victorieusement que, si après avoir inoculé le virus rabique dans une veine de l'oreille, on coupe aussitôt après cetle oreille au-dessous de la
piqûre à l'aide du thermocautère, la rage se déclare
quand même; toute la surface de la partie coupée étant brûlée, on ne peut plus invoquer ici - hypothèse d’une plaie.
Cependant ce mode de propagation semble avoir up rôle secondaire dans la genèse de la maladie et il y a tout liea de considérer la voie nerveuse comme de beaucoup la plus importante dans la transmission naturelle de l'infection rabique.
Elle explique un autre phénomène que l’on à l’occasion de rencontrer dans l’évolution de certains cas
de rage. On a remarqué que, parfois, il semble y avoir relation assez étroite entre la forme clinique de la rage et lé siège dé la morsure et que Jes troubles nerveux du début paraissent résulter de la lésion du segment médullaire dépendant anatomiquement de la porte d'entrée du virus. C’est ce qu’avaient observé di Vestea et Zagari dans deux cas de rage humaïne. Il s'agissait en fait de deux individas mordus lun au membre inférieur, l’autre à la maïn, et tandis que, chez le premier, le cadre clinique, commencé par/des symptômes spinaux, s’élait terminé par des symptômes bulbaires, la marche avait été parfaitement inverse dans le deuxième cas.
Ce rapport entre l’évolution de la maladie et le siège de la morsure s'explique facilement si l’on admet que la transmission du virus s'opère par voie nerveuse, mais se comprend difficilement si cette transmission a liéu par voie sanguine. ; |
A la question ainsi posée, di Vestea et Zagari ont répondu en inoculant des lapins tantôt dans le nerf sciatique, tantôt dans le nerf médian, soit avec du virus fixe, soit avec du virus de la rage des rues. Dans ces conditions, la durée d’incubation est un peu plus longue que dans la trépanation et semble davantage influencée par les variations de résistance individuelle, un peu plus longue également quand on emploie le virus de la rage des rues (dix-huit jours pour 9 cas d'inoculation contre neuf jours pour 25 inoculations de virus fixe). Elle est d’ail-
— Or —
leurs à peu près la même, qu’on opère sur le sciatique ou le médian.
A la fin de la période d’incubation, on constate des altérations de la motilité, de la paralysie du membre inoculé, suivie de la paralysie du membre correspondant. Chez un animal inoculé dans le sciatique, il y a donc paralysie du train postérieur, généralement accompagnée de paralysie dela vessie. Puis la paralysie gagnant la partie antérieure du corps avec début du côté de l’inoculation devient bientôt générale et finalement l’animal ne peut plus remuer. | AU contraire, si l’inoculation a porté sur le nerf médian, on constate tout d’abord la paralysie du membre inoculé; surviennent ensuite de violents phénomènes convulsifs précédant de peu la paralysie du train postérieur.
Bref, dans ce tableau, tout rappelle ane marche progressive du virus soit d’arrière en avant, soit d'avant en arrière,
Il y a plus. La marche des tone morbides chez L lapin inoculé dans le médian ressemble beaucoup à celle des lapins trépanés, particulièrement en ce qui concerne la marche de la température. Cependant l'oscillation fébrile qu’on observe du cinquième au septième jour chez les lapins trépanés et qui s’abaisse brusquement au moment où apparaissent les symptômes paralytiques, se continue après l'apparition de la paralysie chez le lapin inoculé dans le médian. Ce qui peut s'expliquer, selon
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di Vestea et Zagari par ce fait que le bulbe, agent régulateur de la chaleur, est pris plus tard.
Si, pendant la durée de l’oscillation fébrile, on inocule isolément le bulbe et le renflement lombaire de l’animal, on constate que le bulbe est parfois virulent alors que le renflement lombaire ñe l’est pas encore. Même résultat pour un lapin inoculé dans le nerf médian; ayant inoculé à trois cobages le bulbe, le renflement cervical et la queue de cheval d’un lapin tué six jours après son inoculalion par le virus fixe, di Vestea et Zagari ont vu mourir les deux premiers à un jour de distance tandis que le troisième resta indemne. De même, mais en sens inverse, on peut saisir, chez les lapins inoculés dans le sciatique, un moment où la queue de cheval est virulente alors que le bulbe ne l’est pas encore.
En résumé, on assiste à l’envahissement progressif du système nerveux. Un grand nombre de faits cliniques reçoivent ainsi une explication très simple. On comprend mieux, si les voies de pénétration sont purement nerveuses, qu’il y ait tant de morsures rabiques inoffensives, que les plus redoutables soient celles des mains ou de la face ou encore les blessures très profondes et multiples comme celles des loups ; que les premiers symptômes de la rage, prête à éclater, commencent par le membre mordu.
Mais tout ce qu'il semble légitime de conclure est. que, sila pénétration est régulière quand elle se fait, comme dans les expériences précédentes, uniquement par les filéts nerveux, elle est beaucoup plus
on
irrégulière quand elle emprunte la voie sanguine. Pasteur, dans un cas où il y avait eu inoculation par les veines, a précisément trouvé que la queue du cheval était virulente alors que le bulbe ne l'était pas encore. ‘
Quant à la vitesse de propagation du virus rabique, elle nous est tout à fait inconnue. Cependant Remlinger a montré que les centres nerveux sont virulents beaucoup plus tôt qu’on ne le croit en général. Pour cela, il pratique une inoculation sous-duremérienne de virus rabique chez le lapin, en évitant avec soin de blesser avec l'aiguille la surface des hémisphères. À partir du lendemain de l'opération, un animal est sacrifié chaque jour et, avec son bulbe, on inocule par trépanation un ou deux autres lapins. |
On voit que les animaux trépanés avec le bulbe des lapins sacrifiésle lendemain et le surlendemain restent indemnes. Le résultat est inconstant avec les butbes du troisième jour. Quant à ceux des quatrième, cin-
quième et sixième jours, ils se montrent toujours virulents. 2:
Poussant plus loin ses expériences, Remlinger a recherché à quel moment les centres nerveux étaient virulents chez des animaux inoculés par voie sous- * cutanée ou intra-musculaire, c’est-à-dire dans les conditions se rapprochant le plus de celles des morsures.
Il prend 25 cobayes ou 25 lapins de même poids
et leur inocule sous la peau ou dans les muscles, en
+ Bregeon < 4
D en
un point identique, une égale quantité d’émulision de virus fixe. Quelques jours après l'inoculation, on sacrifie un des animaux et son bulbe sert à inoeuler sous la dure-mère deux lapins témoins. La même opération est répétée chaque jour jusqu’à apparition des premiers symptômes de la rage chez les survivants. On surveille d’autre part léclosion de la maladie chez les lapins de passage et on note le numéro du cobaye ou du lapin auxquels ces passages correspondent.
De ces expériences, il résulte que les centres nerveux peuvent être virulents à une période relativement précoce de l'infection rabique. Dans un cas où la mort des premiers lapins est survenue vingt et un jours après une inoculation sous-cutanée, on a vu les lapins inoculés avec le bulbe d’un animal sacrifié au dixième jour, prendre la rage. | |
Dans un deuxième cas, des cobayes inoculés dans les muscles de la cuisse ont commencé à présenter les premiers symptômes de la rage au dix-huitième jour. Deux lapins inoculés sous la dure-mère avec le bulbe d’un cobaye sacrifié au neuvième jour ont contracté la maladie. Chez des animaux inoculés $ous la peau ou dans les muscles avec du virus fixe, les” centres nerveux peuvent donc être virulents onze et douze jours avant la mort de l’animal.
D'un autre côté, les expériences de Kraus ont montré que, dès le troisième jour, le bulbe était virulent, après une inoculation intra-cérébrale avec .