‹ La rage & st-HubertChapitre 110 sur 168 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

main du diable et communion des reprouvez, en damnation perpétuelle, tant et si longuement, que contrits et repentants ils ayent. satisfait et prêté restitution.

En ce signe d’anatheme et malédiction, Nous prononçons avec le prophète David : Sicat finit cera a facie ignis , sic perçant peccatores a facie Dei , amen , amen , amen. C’est à dire : Tout comme la cire s'écoule en la présence du feu : que les pécheurs périssent de meme devant la face de Dieu , a insi soit-il , ainsi soit-il , ainsi soit-il. A quoi si l'on ajoute ce texte du Juillet envoyé du Ciel : IHc locus a Deo electus ad salutem animarum multarum : terra sancta est valde magnificanda, servorumque Dei pair i monium quod augebitur , et a Potestalibus protegetur ; varie tamen tribulabitur ; qui vero hune locum vexaverit, sic in rad.ice marcescat ut in ramis non florescat , aut ultrices ultionis lelernæ pœnas sustineat. C'est à dire : Ce lieu choisi de Dieu pour le salut de beaucoup) d'âmes , est une terre sainte , laquelle deviendra fort célèbre, c'est le patrimoine des serviteurs de Dieu, qui sera dans la suite beaucoup augmenté et protégé par les Puissances ; souffrira néanmoins plusieurs tribulations ; mais que celui qui molestera ce lieu , sèche tellement dans sa racine que les branches ne produisent pas de fleurs ou qu'il ressente la vengeance des peines éternelles.

Ensuite duquel le Monastère de saint Hubert a été fondé, on y remarquera un autre fondement de se persuader que l’on ne le moleste pas impunément et quêtant de châtiments visibles arrivez en divers temps à des personnes même de la première qualité qui avoient fait tort audit Monastère où à ses dépendances en justifient la vérité. Mais ce ne sont pas les châtiments que l’on doit rechercher auprès des saints : il faut les invoquer dans les nécessitez, et tâcher de se rendre digne des effets de leur intercession en imitant leurs vertus pour joüir un jour de leur heureuse compagnie.

Ainsi-soit-il.

On remarquera dans ce texte la mention du « billet envoyé directement du ciel en manière de brevet au Monastère de Monsieur saint Hubert». C'est le billet trouvé par Plectrade et expliqué par Bérégise (voir plus liant, p. 52). Ce billet n’esl-il pas une de ces fictions monastiques imaginées pour

SAINT HUBERT GUÉRISSEUR DE LA RAGE

lit

augmenter l’autorité d’une abbaye ou d’une église ? Il s’en rencontre sans doute d’analogues dans l’histoire du moyen âge.

Page 1