Hagiographie du diocèse d’Amiens, t. IV, p
LA CAUTERISATION SACRÉE
sait presque infailliblement de la morsure des chiens et des serpents, et qu’on l'appliquait en faisant le signe de la croix : quant à la provenance, il l’ignorait presque, ou du moins y croyait peu ‘.
En France, à Lacour-Saint-Pierre (Tarn-et-Garonne), on trouve la clef employée pour les animaux par cautérisation, tandis qu’un autre rite esL employé pour les hommes. Le nom de la commune indique que la paroisse est sous l’invocation de saint Pierre, et c’est une monstrance 1 2 où saint Pierre est figuré en relief, sa clef dans la main droite, que vont baiser les fidèles mordus. Il y a pour cela un cérémonial particulier, avec des oraisons pour la rage, et Mgr Barbier de Montault a donné le texte liturgique de ce cérémonial3 4. Après avoir dit les Orationes prorabie, le prêtre pose sur la tête du malade l’extrémité de son étole: il récite l’évangile de saint Marc où pouvoir est donné aux apôtres de guérir. Puis il fait baiser au fidèle la croix de son étole et la monstrance, invoquant sur lui la protection de saint Pierre; enfin il l’exhorte à déposer une aumône dans le tronc du Saint-Sacrement. L’ « Ordinaire consent » ( Ordi dinarii pariterque in licentia), dit le texte L
1. Mgr Barbier de Montault, loc. cit., p. 91, et Bollandistes, Acta, juin, t. V, p. 455. — Les Bollandistes et, après eux, Mgr Barbier de Montault, citent une clef de saint Pierre dans l’église de Saint-Servais à Maëstricbt, clef qui aurait été donnée à saint Servais par saint Pierre lui-même ; sa vertu consistait à chasser les mulots des champs. On cite encore, mais sans citer la localité, une clef de saint Pierre qui servait à guérir les brebis malades.
2. On donne ce nom à un reliquaire que sa forme permet de tenir à la main (de montrer) et de faire baiser aux fidèles.