‹ La rage & st-HubertChapitre 162 sur 168 · Apologie pour Hérodote, ch. xxxvm · texte numérisé non relu

Apologie pour Hérodote, ch. xxxvm

S. Collin de Plancy, Dictionnaire critique des reliques, t, 1, p. 383.

APPENDICE

il en est fait mention dans de vieux écrivains comme Grégoire de Tours. Celui-ci mentionne, dans l’église de Saint- Vénérand, à Clermont-Ferrand, le tombeau d’un religieux du nom d’Alexandre, tellement gratté qu'il en est tout troué1. Le tombeau de l'évêque Thaumastus, à Poitiers, est également percé par la même pratique 2. A Saint- Martin de Tours, lors d’une épidémie de dysenterie, on eut recours au même traitement avec la poussière du tombeau dit saint : Grégoire vit lui-même un dysentérique dont l’état était désespéré, amené à la basilique après une nuit sans sommeil. Après avoir bu du vin où l'on avait mis de la poussière du tombeau du saint, il s’en retourna uuéri 3. Gréo-oire raconte bien d’autres miracles de ce genre, et il n’y a pas à s’étonner qu’aux époques de foi, et de foi agissante, les tombeaux des saints aient été usés et troués par la piété des malades.

Grégoire de Tours avait une telle confiance dans cctle poussière, que partant en voyage pour aller voir sa mère, et craignant d’être malade en route, il emporta de la poussière du tombeau de saint Martin. Comme il était chez sa mère, on lui apprend qu’un enfant du voisinage est malade de la dysenterie et de fièvre, au point de ne pouvoir rien manger. Grégoire fait dissoudre un peu de cette poudre et la fait boire au « moribond » ; celui-ci guérit aussitôt. Avec le même remède, il guérit encore plusieurs fiévreux et se guérit lui-même d'un violent mal de dents qui lui avait fait enfler toute la tête; et dans la joie de cette guérison, il s’écrie : « O thériaque inénarrable ! O drogue ineffable! O antidote louable! O purgatif que j’appellerai céleste, qui vainc les inventions des médecins, qui dépasse les suavités des parfums, et qui l’emporte sur la puissance de tous les onguents ! qui nettoie le ventre comme Yciyri-

Page 1