CHAPITRE DEUXIEME
vint peu à peu à la diviniser, pour ainsi dire, raconte Plutarque-, il débita que celte biche était un présent de Diane, et, connaissant l’empire delà superstition sur les Barbares, il leur lit accroire que cet animal lui découvrait bien des choses cachées. » On peut lire dans Plutarque1 les amusants arti lices par lesquels Serlorius corrobora cette croyance chez les Espagnols et les faux miracles oii le gentil animal joua un rôle.
Quoiqu’il en soit de notre explication, le souvenir du miracle a traversé les siècles, et c’est saint Kustache qui en a eu le premier l’honneur. 11 ne l’a pas perdu pour l’avoir partagé avec saint Hubert. A Yulturella, en Italie, le pèlerin va encore prier saint Eustache sur la roche escarpée sur le sommet de laquelle le cerf parut avec le crucifix. Et tandis que dans les plus anciennes statues saint Hubert est figuré en évêque sans le cerf , le cerf paraît toujours dans les anciennes images de saint Eustache. M. Demartcau pense qu’une coïncidence de dates a aidé à la confusion des deux légendes. « Ce qui achève d’expliquer la confusion de la conversion de l’officier païen avec celle que l’on prête à saint Hubert, c’est que dans notre pays — les vieux calendriers de Stavelol et de Tournai en font foi, comme ceux d’Angleterre, les martyrologes d’Usuard, d’Adon, et nos plusanciensbréviaires, — la fête desainlEuslache se célébra longtemps le 1er, le 2, le 4 ou le 3 novembre, à la même date que celle de saint Hubert. » Dans l’iconographie chrétienne, le cerf crucifère est l'attribut de quatre saints, saint Eustache2, saint Jean de Matha, saint Félix de Valois, et saint Hubert d’Àrdenne3.