CHAPITRE TROISIEME
du pèlerinage qui se fait continuellement à son église. Sous ce rapport, le Corps n’est pas, à nos yeux, la relique principale. La relique principale, selon nous, c’est la Sainte- Etole. Voilà ce don précieux que le Seigneur a fait à l'humanité souffrante ; voilà le premier objet de la vénération du pieux pèlerin ; voilà ce à quoi la ville de Saint- Hubert doit son origine, ses ressources et ses communications; voilà ce qui attire dans ses murs et sous son ciel glacé les étrangers de tous les pays. C’est à la Sainte-Etole à qui tant de malheureux doivent leur conservation ; c’est à elle que nous devons notre respect et notre vénération 1 2 »
Il est, en effet, digne de remarque que ce n’est pas le corps, ce ne sont pas les reliques directes de saint Hubert qui produisent le miracle séculaire, c’est l’élole du saint. Le lecteur sait qu’on nomme étole un ornement sacerdotal formé d’une bande d’étoffe qui descend du cou jusqu'aux pieds. Pour une relique aussi importante, puisqu’un ange l’aurait apportée directement du ciel en cadeau de la vierge Marie, on peut s’étonner qu’elle ne figure pas dans la vie primitive du saint. Cette vie nous apprend seulement que le saint fut enseveli avec ses ornements sacerdotaux, et que seize ans après cette inhumation ils furent retrouvés aussi intacts que le corps même de l’évêque. La légende elle-même n’est pas ancienne et l'impitoyable M. Demarteau se demande « si cet incident merveilleux n’est pas, comme celui du cerf, une plante parasite*. » Ici encore la légende paraît avoir été empruntée à la légende d'un autre saint, selon le principe instinctif des hagiographes qui les porte à bourrer de tous les miracles à eux connus la vie du saint qu’ils célèbrent. « Peut-être, dit M. Demarleau, faudrait-il faire honneur de cette légende, si honneur il y a, au génie inventif de notre bon Jean d’Outre-Meuse. Constatant à la fin du xive siècle, après bien d'autres déjà, les