‹ La rage & st-HubertChapitre 45 sur 168 · Dissertation de 1882. p · texte numérisé non relu

Dissertation de 1882. p

SAINT HUBERT GUÉRISSEUR DE LA RAGE

prodiges opérés par cet'ornement sacré, il aura voulu sans doute les expliquer en le faisant venir directement du ciel, et il aura appliqué encore une fois au saint liégeois une histoire racontée 'précédemment , soit de saint Bonnet, évêque de Clermont en Auvergne au temps de saint Hubert, soit de saint Ildephonse, archevêque de Tolède au vne siècle : on prétend, en effet, que chacun de ces deux prélats aurait reçu de la Vierge elle-même une chasuble pour célébrer le saint sacrifice1. »

Pourquoi la relique d’où dérive la guérison de la rage est-elle une étole plutôt que toute autre relique? L’étole a toujours joué un rôle dans le rite par lequel l’église exorcisait les possédés ou démoniaques, c’est-à-dire les fous, car on sait que la folie était expliquée par la possession ou la présence d’un démon; chasser le démon, c’était guérir le malade. L imposition de l’étole , c’est-à-dire le fait de passer 1 étole sacerdotale, objet bénit s’il en fût, au cou du possédé, forçait le démon à sortir de ce corps malheureux, car il ne pouvait supporter le contact d’un objet bénit. De même dans un grand nombre de légendes où un saint délivre un pays infesté par un dragon redoutable, le dragon devient doux comme un mouton dès que le prêtre lui a passé l’élole au cou, et il va docilement se noyer dans la rivière ou le lac que le saint lui indique. Or les enragés étaient confondus avec les possédés et les démoniaques; cette confusion existe encore aujourd’hui à Constantinople, nous dit le P. Victor de Buck2. D’après une lettre du pape Léon X, citée plus loin (p. 76) on traitait encore à Saint-Hubert les possédés et les « hérétiques », tout autant que les gens mordus, et cela au xvie siècle.

Un chapitre des Miracles met cette confusion en pleine lumière, et montre que, si l’insertion d’une parcelle de l'é-

1. Rappelons aussi que la Sainte-Chandelle d’Arras a été apportée par la sainte Vierge elle-même au commencement du xn° siècle, dans la cathédrale de cette ville.

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