Hatlet, op. cit., p
LA RAGE. 5
On ne sera pas moins surpris qu’elle ait conservé son intégrité essentielle, malgré l’action de l’air et de l’humidité, malgré le contact et les déplacements continuels qu’elle a subis. Mais Celui qui au temps d’Élie et d’Elisée, n’a pas laissé diminuer la farine et l’huile de deux pauvres veuves, et qui a nourri lui-mème quatre mille hommes avec sept pains, peut faire et fait encore tous les jours des merveilles qu’il serait aussi ridicule à l’homme de vouloir comprendre qu’empêcher 1 .
On conserve encore d’autres reliques du saint dans le trésor de l’église abbatiale, reliques qui auraient également été retirées de son cercueil en 82o : un fragment de peigne en ivoire ; « une crosse d’ivoire d’un travail très soigné, peutêtre trop pour l’époque à laquelle on la fait remonter2 3 », le cor de chasse du saint, puisqu'il est le patron des chasseurs : c’est une trompe d’ivoire de cinquante-trois centimètres de longueur, garnie de larges plaques de cuivre'. « La Trésorerie contient aussi une chasuble donnée aux moines d'Andage, dit M. l’abbé Bertrand, par Louis le Débonnaire. Une anecdote montrera comme tout grandit dans l’imagination populaire, ou plutôt comme tout, dans l'obscur travail mental des masses, se groupe autour d'une idée unique et vient s’y rattacher : un marchand d'objets de piété à Saint-Hubert, nous parlant des reliques de saint Hubert conservées dans l’église, mettait dans son énumération « le manteau donné par Charlemagne à saint Hubert ! »