CHAPITRE TROISIÈME
taillée et qu’on ne puisse se rendre à Saint-Hubert, on a encore la ressource de la correspondance, à ce que nous apprend M. l’abbé ïlallet.
Quant aux personnes qui habitent les pays étrangers et pour lesquelles le voyage de Saint-Hubert serait momentanément fort difficile à effectuer, nous leur conseillons de s’adresser par lettre à M. le Curé-Doyen de Saint-Hubert qui pourra leur faire parvenir dans une enveloppe, l’un ou l’autre objet bénit ayant touché à la Sainte-Etole, que ces personnes devront porter sur elles pendant la neuvaine à faire.
C’est ainsi qu’en 1877 un prêtre anglais mordu par un chien et sentant déjà les atteintes du terrible mal, a été guéri et en reconnaissance de sa guérison a fait le pèlerinage des Ardennes1.
Le registre tenu par les aumôniers de Saint-Hubert permet de dresser une statistique de la taille et en juin 1845, le curé-doyen de Saint-Hubert écrivait à ce sujet : « Depuis le 12 octobre 1806 jusqu’au 1er janvier 1835, on en tailla plus de quatre mille huit cents. Depuis cette époque on taille annuellement cent trente à cent quarante personnes mordues à sang2. » S’il faut en croire les pieux écrivains que nous mettons à contribution, « les Annales de l’abbaye rapportent que vers 1561 le fameux réformateur Jean Calvin aurait envoyé à Saint-Hubert un de ses fils mordu par un chien enragé; après avoir abjuré les principes religieux de son père, ce jeune homme aurait été taillé et préservé de la rage3, »
Les pèlerins sont invités à donner les renseignements les plus circonstanciés sur leur morsure, et autant que