‹ La rage & st-HubertChapitre 73 sur 168 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

joue un grand rôle, la guérison de la peur est déjà un résultat utile 1 2 .

Mais il y a plus, et la cautérisation, surtout au fer rouge, est tellement considérée dans notre siècle comme le remède le plus efficace contre la rage, que certains pèlerins viennent à Saint-Hubert après avoir fait cautériser leur morsure. « Mais (dit M. l’abbé Bertrand) il y a des personnes qui font brûler leurs morsures avant d’aller à Sainl- Hubcrt? Effectivement, mais c’est bien rare; j’en ai vu deux en l’espace de trois années, et c’étaient des personnes assez instruites, me paraît-il ; oui, assez pour ne pas se reposer sur la cautérisation. Nous sommes loin de désapprouver la cautérisation ; et à Saint-Hubert on ne blâme pas les personnes mordues d’avoir fait brûler leurs plaies ou d’avoir employé quelque autre moyen naturel, au contraire ! On ne taille pas pour prouver que la taille seule peut guérir de la rage ; ce qu’on cherche, c’est le salut et la guérison des personnes 5. »

M. l’abbé Hallet, qui écrit un quart de siècle plus tard que M. l’abbé Bertrand, est moins dédaigneux pour la cautérisation. Il a un chapitre en quelque sorte médical (p. 12G et suiv.) où il parle, d’après des ouvrages de médecine, des indices de la rage chez les animaux, et des « moyens à employer après qu’une personne a été blessée par un animal enragé ». Il dit nettement : « Nous ne pouvons donc assez conseiller de se servir, en pareil cas, des moyens indiqués par les médecins, surtout quand les blessures reçues sont graves, et que, pour l’une ou l’autre cause, le voyage à Saint-Hubert ne peut s’effectuer immédiatement. » M. l'abbé

1. Les chiffres delà statistique, dit un des hommes les plus compétents en matière de rage, M. Bouley, « témoignent qu'une blessure rabique n'est pas fatalement mortelle, comme beaucoup sont trop portés à le croire; qu'au contraire, dans plus de la moitié des cas, elle ne donne lieu à aucune conséquence funeste ». ( Hevue Scientifique du 7 mai 1870, p. 365.)

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