Mémoires, éd. Jannet, p
SAINT HUBERT GUÉRISSEUR DE LA RAGE
Berry, au siècle dernier1. Le curé du village écrivait qu’il s’était élevé avec force contre ce projet, mais qu’il n'était pas toujours au pouvoir des pasteurs de persuader. Ailleurs, à Pavilly, près de Rouen, on veut faire périr une personne par la saignée2. « J’ai vu, ajoute Andry en 1780, bien des gens de ville et au-dessus du commun, imbus de ce préjugé et d’histoires qui viennent à l'appui. Une personne grave, revêtue du sacerdoce, et d’un vrai mérite, m’a assuré, à cette occasion, avoir vu fusiller un homme qui couroit dans les environs d’une grande ville ; et que dans une autre endroit une demoiselle empoisonna elle-même son père par un bouillon, en vertu d’une espèce d'arrêté de famille, et qu’il en fit des reproches à sa fille, en la remerciant néanmoins de mettre fin à son tourment 3. »
Nous pourrions multiplier ces témoignages : ils se rencontrent partout où il est question de la rage. Larmerye, dans son Dictionnaire françois-breton (1744), dit à l’article Rage : « C’est un crime qui mérite punition corporelle d’étouffer une personne enragée ; et on ne dit mot a un beau grand livre qui le conseille. Comment ! on n’oserait le nommer ! » Le mot de cette énigme est peut-être résolu par un autre passage du même dictionnaire au mot suffocation : « Ganeau répète ici qu’on fait périr les enragés par suffocation entre deux matelas. »
La souffrance des malheureux atteints de ce mal était encore accrue par d'aussi cruels usages. Voici des faits