CHAPITRE TROISIÈME
de choses : des allusions isolées dans les anciens écrivains, ou les souvenirs des personnes qui ont vu circuler dans nos provinces les derniers représentants de celte industrie sacrée, sont nos sources uniques de renseignements. Ainsi M. Bladé parlait récemment, en passant, des Sent-Jacaire de son pays (la Gascogne). « On nomme ainsi les marchands, chaque jour plus rares, vêtus d’une houppelande semée de coquilles, et porteurs d’un bourdon, qui courent les foires, en vendant des objets de piété. Us disent venir de Saint- Jacques de Compostelle (de là leur nom) ; mais ils sont généralement Béarnais h »
Le peuple appelait familièrement un Saint-Hubert le colporteur ou le ménétrier qu’il voyait fréquenter les foires ou courir les grandes routes en se réclamant du saint qui guérit de la rage. En voit-on encore? nous en doutons ; mais on nous les a décrits avant qu’ils aient disparus. « Les ménétriers ambulants, disait M. Charles Nisard1 2, qui chantent encore dans les foires le cantique de saint Hubert, portent son image et celle de la biche, en cire, dans un tryptique, sur lequel on bénit des bagues et des chapelets par un simple attouchement. » Laisnel de la Salle donne plus de détails sur les Saint-Hubert, du Berry :
On rencontre dans la plupart de nos foires et assemblées des charlatans que nous nommons saint Hubert ou Marchands de saint Hubert, qui promènent dans une petite boite l’image de saint, à laquelle ils font toucher des bagues, des chapelets bénits qui acquièrent à ce contact de grandes vertus préservatrices. Lorsque vous êtes muni d’un pareil talisman et lors que vous savez par cœur la fameuse oraison de saint Hubert qui commence par ces mots :
Grand saint Hubert, qu’êtez glorieux,
Du fils de Guieu (Dieu) qu’êtez amoureux ;