‹ La raison dans la folieChapitre 18 sur 84 · Annales médico-psydioLoçjiqaes, 1843, tome 11, p · texte numérisé non relu

Annales médico-psydioLoçjiqaes, 1843, tome 11, p

Les deux observations suivantes se rapportent, l'une à un cas de folie mystique avec hallucinations, l'autre à un cas de délire des persécutions.

« A... peintre sur verre... est atteint de délire mystique avec hallucinations. Tantôt il voit Moïse dans les nuag-es, tenant en ses mains ies- Tables de la loi; derrière lui passent saint Jean, puis le Christ portant sa croix. Tantôt il se sent soutenu dans les airs par une ombre dont il n'aperçoit qu'un bras, lequel supporte une lampe d'où se détachent des étincelles. Il se croit protégé du ciel, et regarde ses visions comme autant d'avertissements célestes. Un jour il entend une voix qui lui dit : Lève-toi, quitte ta blouse, prends ta redingote, travaille. Alors, croyant que ce mot signifie qu'il doit faire connaître aux hommes la vérité, il sort de chez lui pour obéir. Ses actes le font arrêter peu après et il est conduit à Bicètre. En dehors de ces idées. A..., qui est instruit et intelligent, s'exprime avec facilité; il est d'une conversation fort agréable; il n'exagère rien dans ses pratiques religieuses et se montre raisonnable en tous les points. — Il fallut les derniers actes extravagants qu'il fit, pour que sa famille eût connaissance de son délire'. »

« Le commissaire de police d'un des quartiers de Paris a fait interner un employé d'administration qui changeait à chaque instant de logement à cause des poursuites de ses ennemis. Cet homme, qui est malade depuis près de deux ans, cause très raisonnablement lorsqu'il n'est pas question de son idée fixe; et même lorsqu'on le met sur ce sujet, il explique avec beaucoup de vraisemblance les motifs qui font agir ses persécuteurs; si ce n étaient ses hallucinations, on croirait, en effet, à la réalité de ses griefs. La séquestration de cet employé a souffert beaucoup de difficultés. Supérieurs, officiers de police, médecins même,

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