Annales médico-psychologiques, 1844, tome III, p
(lisaient qu'on ne pouvait le conduire dans une maison de santé, à moins qu'il n'eût fait quelque acte répréhensible. Eli bien ! ce malade, trois jours après son entrée, a avoué qu'il avait aiguisé pendant huit jours un couteau pour tuer un de ses ennemis ^ »
Ajoutons enfin que même certains malades, qui présentent des désordres intellectuels généralisés, sont capables de conversations raisonnables. Pinel l'a signalé spécialement à propos de la folie maniaque.
« Dans plusieurs cas de manie, dit-il, quelques écarts de l'imagination n'empêchent point les aliénés de mettre de l'enchaînement dans la plupart de leurs idées, et de se concentrer avec force sur quelques-unes d'en tre elles ; ils raisonnent, ils discutent leurs intérêts, demandent souvent avec instance d'être rendus à leur famille, et ils répliquent avec justesse aux observations qui leur sont faites 2. »
Ce qui précède suffît pour montrer que bien des aliénés peuvent tenir des conversations raisonnables et qu'ils prouvent ainsi la persistance de leurs facultés mentales. Gela suffit également pour faire comprendre qu'il ne faut point nier l'existence de la folie ou de la démence sur le seul fait d'une conversation qui paraît intelligente et sensée.
Il nous reste, comme nous l'avons annoncé, à examiner ce sujet plus spécialement au point de vue des interrogatoires que les magistrats sont chargés de faire subir à des aliénés.
La première observation à faire à l'égard des interrogatoires judiciaires, c'est que parfois il y est procédé de la manière la plus défectueuse. On pose à l'aliéné des questions précises, déterminées, concrètes; on lui demande des renseignements sur lui-même, sur ses