La raison philosophique et la raison catholique
Le plus grand éloge qui se puisse faire des Conférences du Père Ventura , c'est assurément d'inscrire au frontispice de ce livre le nom de leur auteur.
Un Français ayant demandé au souverain pontife Grégoire XVI quel était le premier savant de Rome , Sa Sainteté, après un instant de réflexion, répondit : C'est le Père Ventura. « Nous avons sans doute, reprit le pape, des théologiens, des apologistes de la religion, des philosophes, des publicistes, des orateurs et des littérateurs très-distingués; mais il n'y a que le Père Ventura qui soit en même temps, et à lui seul, tout cela. » Amis et ennemis s'accordent à reconnaître que le Père Ventura et l'abbé Rosmini sont les deux plus fortes têtes de l'Italie. Pour que rien ne fit faute à leur gloire, ces deux hommes illustres, après avoir défendu l'Église pendant plus de trente ans, par la puissance du zèle et du génie, l'ont aussi édifiée naguère par la sublime docilité de leur soumission.
Comme orateur principalement , le Père Ventura n'a pas un rival dans son pays. Son Oraison funèbre d'O'Connell, en supposant qu'il n'eût'pas d'autre titre, suffirait pour justifier le nom de Bossuet italien que lui donne l'Europe. Ce chef-d'œuvre a été traduit dans toutes les langues.
Mais les titres du Père Ventura sont aussi nombreux qu'ils sont éclatants. Nous ne voulons pas les énumérer ici. Nous aimons cependant à signaler l'un des accidents les plus merveilleux de sa carrière oratoire. Chose inouïe dans l'histoire de la chaire sacrée à