‹ La raison philosophique et la raison catholiqueChapitre 4 sur 98 · X AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

X AVERTISSEMENT

peler une splendide rencontre sur le terrain de la philosophie et de la politique. Ce fut largement à l'honneur des deux champions , jusqu'à la chute du premier. Vint à Rome la révolution que chacun sait. Ventura, l'ex-général des Théatins , y exerçait alors une influence plus notable que jamais. Il était positivement l'homme de l'Italie, comme il était aussi l'homme du saint pontife Pie IX. Le puissant écrivain se trouvait être un orateur non moins puissant. Il tenait sous l'empire de sa parole des multitudes comparables, pour le nombre et l'enthousiasme, à celles qui se pressaient autour d'Hortensius et de Cicéron dans l'ancien Forum. Il les tenait, pour ainsi parler, dans sa main. Un discours de lui avait l'importance d'un événement. La spacieuse église de Saint-André délia Vdlle , lorsqu'on y attendait Ventura, se remplissait tellement, que le concours des auditeurs aux Conférences de Notre-Dame n'en peut donner qu'une très-faible idée. Il semblait, dit un journal de Rome, un navire gigantesque envahi par tous les flots à la fois, et dont bientôt les sourds craquements s'apaisaient pour laisser entendre la voix d'une tempête majestueuse. Sur des motifs qu'il ne nous appartient pas de juger ici, le P. Ventura ne voulut jamais accompagner dans son exil l'auguste Pontife dont il était et dont il est encore le bien tendre ami. Était-ce une erreur de sa part ? plusieurs Font dit ; mais il crut donner au pape , en se séparant de lui, un gage d'intrépidité de cœur et de dévouement. Pour la formation du gouvernement nouveau, dès qu'il restait, on dut réclamer son concours. Loin de nous des reproches qui en définitive ne sont pas de notre compétence, ou une justification qui n'appartient qu'à lui! Nous constatons l'existence d'un gouvernement de fait , apprécié depuis long-

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