PREMIERE PARTIE
2.~j a plus belle, la plus riche, la plus noble, la I jplus mystérieuse de toutes les créations purement matérielles, la lumière, est aussi la plus nécessaire. Si toute lumière venait entièrement à
df l'enseignement df l'église. 259
manquer dans le monde, les hommes, ne sachanl plus rien les uns des autres, immobiles et cloués à leurs places par les ténèbres, comme par des fers, d'après le langage des livres saints , J'inculis lenebrarwn compediti (Sap., xvn, 2.), ne pourraient plus ni marcher, ni agir, ni se nourrir, ni subsister. En vain donc Dieu aurait créé le monde, dit saint Ambroise, s'il n'avait pas donné aux hommes et aux animaux le moyen de se voir. C'est pour cela qu'après avoir tiré du néant le ciel et la terre, la première chose que Dieu créa par sa toute-puissante parole, ce fut la lumière : Vnde Veraum Dei (lebuit inchoare, ni si a lumine? Frustra eni/n es set mundus, si non vider etur [E.ranteroii).
La première condition donc de la lumière matérielle, c'est qu'elle est nécessaire; et c'est aussi la première condition de renseignement divin de l'Église, formant le fondement de la raison catholique. D'après l'apôtre saint Pierre, cet enseignement divin est dans Tordre spirituel ce que le soleil est dans l'ordre naturel : c'est le flambeau, la lampe, le phare qui resplendit dans le désert caligineux de ce monde pour éclairer l'humanité ; Lucerna lucen in caliginoso loco (Il Petr., 1, 19). Car la foi, dit un grand interprète, est la lumière des âmes : Quia /ides lux est animorum {A Lapide). Et c'est pour cela que Jésus-Christ a appelé la lumière du monde les apôtres et leurs successeurs , qu'il a chargés de répandre cet enseignement e{