LA NÉCESSITE, ^UNIVERSALITÉ , ETC
pas d'elles-mêmes certaines lueurs de vérités ; mais ces lueurs leur viennent , d'une manière imperceptible, du soleil de la révélation divine qui brille dans l'Église, et qui, rayonnant partout aux plus grandes distances, porte, dit l'Écriture Sainte, et maintient partout cette lumière, dont le résultat est la connaissance plus ou moins claire et la glorification plus ou moins pure du vrai Dieu ; Sol ilïuminans per omnia respexit, et gloria Domini plénum est. opus ejus (EcclL, xlii, 16).
Gomme donc, si le soleil venait à manquer, les ténèbres seraient universelles dans notre monde matériel ; de même, si le soleil des croyances et de l'enseignement de l'Église venait entièrement à s'éteindre, les ténèbres seraient universelles dans le monde intellectuel. Dans l'histoire divine de la création, il est dit qu'avant l'apparition de la lumière, d'épaisses ténèbres enveloppaient la terre, et que la terre, vide, stérile, désolée, n'était qu'un abîme ; Terra autem erat inanis etvacua, et tenebr ce erant super faciem abyssi (Gènes.) i, 2). Or, si la véritécatholique venait à manquer tout à fait sur la terre, cet affreux état du monde matériel, ce chaos de la création primitive, de Tordre terrestre se renouvellerait même de nos jours dans l'ordre spirituel, dans l'ordre des intelligences, dans tout le monde religieux ; et la terre serait vide de toute vérité, et par conséquent vide de toute vertu, car la vertu n'est que le rayonnement de la vérité. Les ténèbres de
toutes les erreurs l'encombreraient avec la fange de tous les vices, et le monde moral et le monde politique ne présenteraient que l'image d'un abîme ; tout y serait ignorance, confusion, désordre et horreur ; Terra aulem esset inanis et vacua , et tenebrœ essent super faciem abyssi.
Ainsi Dieu n'a jamais permis, il ne permettra jamais au génie du mal, aux portes de l'enfer, de toucher à cette lampe mystérieuse , de la renverser et l'éteindre; Et portœ inferi non prœvalebunt adversus eam. Tous les efforts de l'hérésie et de l'impiété ont été toujours vains pour cela, et ils le seront toujours. Ils feraient donc bien, les maîtres et les fabricants d'erreurs, de renoncer à leurs desseins aussi stupides que sacrilèges de détruire dans le monde la vérité catholique. Dieu a placé trop haut cette lumière divine pour pouvoir jamais être atteinte parla main de l'homme ; les fils de Satan, dont parle l'Évangile, en seront toujours pour leurs coupables efforts de coopérer, sans s'en douter, à la réalisation des vœux, des désirs de leur ignoble et hideux père, sans pouvoir jamais les accomplir; Vos ex pâtre diabolo estis ; desideria ejus vultis perficere ( Joa/i., vm, 44 ).
Mais ce n'est que le premier des caractères de l'enseignement catholique : sa nécessité ; en voici le second : X universalité. C'est le sujet de ma deuxième partie.