O LA NÉCESSITÉ, L'UNIVERSALITÉ, ETC
SECONDE PARTIE
6.~1 a lumière matérielle étant si nécessaire, la |Jbonté de Dieu la fait luire indistinctement pour tous; aucune créature terrestre, bonne ou mauvaise, n'est exclue de son bienfait: Solem siuim oriri facit saper bonos et malos (Math.f v, 45). A de grandes distances les uns des autres , dans des climats divers, en des temps différents et en différentes manières, tous les peuples de la terre voient le soleil et jouissent des avantages de sa lumière. C'est Timage, la figure de ce qui arrive dans le monde intellectuel , par rapport au soleil de la révélation divine. Aucune nation , ainsi que l'avait prédit le Prophète, ne peut prétexter son éloignement ni sa condition pour se dérober à la clarté lumineuse de sa vérité, pas plus qu'à la chaleur vivifiante de sa grâce; Non est qui se abscondat a calore ejus{Psal. xvm, 7). Seul nécessaire, cet enseignement est donc aussi le seul qui soit universel , par sa nature, par son acceptation, par son existence. Par sa nature , parce que c'est le seui enseignement religieux établi pour tout le monde. Par son acceptation, parce que c'est le seul enseignement religieux librement reçu par tout le monde. Par son existence, parce que c'est le seul enseignement religieux subsistant par lui-même dans tout le monde. Reprenons. L'enseignement catho-
lique est le seul universel, parce que c'est le seul enseignement religieux établi pour tout le monde.
Et en effet, qu'est-ce que nous apprend l'histoire de cet enseignement? Elle nous apprend, comme la remarqué saint Paul dans le passage que nous avons cité plus haut, que, avec la même générosité avec laquelle le Dieu créateur avait ordonné que la lumière naturelle sortit des ténèbres pour éclairer tous les corps, le Dieu rédempteur, auteur de cet enseignement, a ordonné que la lumière spirituelle de la connaissance de Dieu sortit des ténèbres des erreurs, pour éclairer tous les cœurs : Deus qui j assit de tenebris lumen splendescere ipse illuxit in cordibus vestris ad iliuminatwnem scientiœ claritatis Dei.
Car, allez, a-t-il dit, cet aimable Sauveur, à ses premiers envoyés, allez par tout le monde, prêchez l'Évangile à toute créature; Euntes in mundurn universum prœdicate Evangelium omni crealurœ. N'en faites pas un monopole pour vous seuls, ne cachez rien de ce que je vous ai enseigné ; mais tout absolument ce que vous avez appris à mon école, je vous somme de le révéler, de l'enseigner à tons, sans distinction d'âge, de sexe, de condition ; Docentes omnia quœcumque mandavi vobis. La seule condition que vous devez exiger, c'est la soumission de l'esprit et la docilité du cœur. Tout homme, se décidant sincèrement à bien croire et à bien vivre, baptisez-le, sans vous inquiéter du
a 7 a LA NÉCESSITÉ, L UNIVERSALITÉ, ETC.,
reste; faites-Je chrétien, afin qu'il se sauve : Qui crediderit et baptizatus fuerit, s abus erit. La seule obstination de l'orgueil, la seule répugnance à croire votre parole qui est ma parole, à repousser votre lumière qui est ma lumière, est un obstacle à recevoir la grâce et la vérité, et attire sur l'homme présomptueux l'aveuglement, qui sera en même temps son crime et sa condamnation, son malheur et sa mort ; Qui vero non crediderit condemnabitur (Marc., xvi).
Fidèles à cette précieuse et magnifique mission, qu'ils reçurent du Fils de Dieu lui-même, les apôtres annoncèrent toute vérité à tout le monde ; //// auleni abeurUes prœdicaverunt ubique (Ibid.).
7. Le grand, le nouveau, l'étonnant prodige qui accompagna leur première prédication, a indiqué assez que l'enseignement dont ils avaient été chargés avait été établi nour tout le monde; car le jour de la Pentecôte, lorsque les apôtres prêchèrent pour la première fois l'Évangile, ils parlèrent toutes les langues : Loquebantur apostoli variis linguis. De sorte que, se trouvant alors à Jérusalem des hommes religieux de toutes les nations de la terre et de toutes les langues ; Erant viri religiosi in Jérusalem ex. ornni naiione quœ sub cœlo est (Act., n) ; ils entendirent les apôtres chacun dans sa propre langue : Audiebant unusquisque lingua sua iUos loque// tes. Or les apôtres annonçant, dès le
premier jour de leur apostolat, l'Évangile dans toutes les langues, signifièrent, dit saint Grégoire, que l'Église se répandrait par tout le monde: Linguœ illœ, quitus loquebaniur (àpostoli) per omnium gentium linguas, Jutùram Ecclesiam designabant. Et, en effet , qu'est-ce que nous voyons maintenant , disait aussi saint Grégoire ? Nous voyons que de nos jours, comme au premier jour, la même vérité catholique est annoncée dans toutes les langues , Sicut tune , ita nunc omnibus /inguis ipsa veritas loquitur.
Remarquez donc bien ceci, mes Frères; le Bouddhisme ne parle que le chinois; leBramisme ne parle que le sanscrit; l'Idolâtrie des peuples sauvages ne parle que des débris de langues aussi grossières que ceux qui les professent; le Mahométisme ne parle que l'arabe ; le Luthéranisme ne parle que l'allemand; l'Anglicanisme ne parle que l'anglais; le Calvinisme ne parle que moitié allemand et moitié français. Il n'y a que le catholicisme qui parle toutes les langues, qui prêche la même doctrine , le même enseignement dans les langues de tout le monde: Sicut tune, sie mine, omnibus Unguis ipsa veritas loquitur. C'est dire assez qu'il n'y a que l'enseignement catholique qui soit adapté à tout le monde, propre à tout le monde, établi pour tout le monde (1).
(1) Rousseau lui-même a reconnu et a avoué cette vérité • - Le christianisme, dit-il, est une religion universelle dans son
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Remarquez bien aussi, M. F. , les mystérieuses et profondes paroles par lesquelles Jésus-Christ a conclu le sublime mandat qu'il donna aux apôtres d'évangéliser tout le monde, en leur disant : « Et voici que , dès ce moment , je suis toujours avec vous jusqu'à la consommation des siècles : Ecce ego vobiscum su/u omnibus diebus usque ad consummationem seculi (Mat/fi., xxvm, 20). » Or, puisqu'il était certain que les apôtres ne devaient pas se perpétuer personnellement dans le monde jusqu'à la fin du monde , il est manifeste que par ces paroles, si pleines d'espérance et d'amour, le divin Sauveur a promis de rester sur la terre avec ses apôtres , en la personne de leurs successeurs , les pasteurs légitimes de son Église ; d'y rester toujours dans l'Église et avec l'Église, pour y renouveler toujours le même mandat, pour y conserver toujours le même esprit de son enseignement doublement catholique , d'enseigner tout à tous. C'est pour cela , M. F. , qu'il n'y a que l'Église catholique au monde qui enseigne tout à tout le monde.