‹ La raison philosophique et la raison catholiqueChapitre 8 sur 98 · LA RAISON PHILOSOPHIQUE CHEZ LES ANCIENS · texte numérisé non relu

LA RAISON PHILOSOPHIQUE CHEZ LES ANCIENS

Et vox de nube dicens : Hic est Filins meus dilectus, in guo mihi bene complucui ; ipsum uudite.

Et une voix se fit entendre du ciel : Celui-ci est mon Filsbien-aimé, en qui je me suis toujours plu; n'écoutez que lui.

{Évangile du 2e dimanche de carême, j

1 . /^1e n'est pas ainsi que parle la terre. Cette mer- V^ veilleuse voix, cette voix ineffable est donc partie vraiment du ciel; El vox de nube dicens. Celui qui se plaît dans son Évangile à s'appeler le Fils de l'homme est aussi le Fils bien-aimé, le Fils consubstaatiel de Dieu, l'objet des jouissances éternelles de Dieu, et Dieu lui-même ; Hicest Filiusmeus dikctm. Jésus-Christ , notre unique sauveur, est

aussi notre unique maître ; nous devons l'écouter ; Ipsum an dite.

Mais, hélas ! aujourd'hui, M. T. C. F., on dirait que , parmi les peuples chrétiens eux-mêmes , tout ce qui a de l'intelligence , de la science , de l'esprit, à des exceptions près, parait avoir honte de l'enseignement de ce Fils de Dieu , et lui préfère l'enseignement des fils des hommes ; il préfère la raison philosophique à la raison catholique : et dès lors que voyons-nous, M. F.? Ah! vous ne le savez que trop, toutes les idées sont confondues , tous les principes sont oubliés , toutes les vérités sont foulées aux pieds pour faire place à toutes les erreurs, à toutes les aberrations, à tous les délires de la raison humaine. Tout est vrai, excepté la vérité ; tout est vertueux, excepté la vertu ; tout est honorable, excepté l'honneur ; les doctrines spirituelles et morales ont perdu tout leur prix et toute leur importance : le doute est devenu philosophie comme l'égoïsme est devenu justice , l'intérêt est devenu loi , l'anarchie est devenue gouvernement, et l'athéisme est devenu religion.

Rien donc n'importe plus, rien ne presse plus, dans la triste condition où nous nous trouvons, que de combattre ce désordre de l'ordre intellectuel qui a amoncelé tant de ruines dans l'ordre politique , et qui menace d'en amener de plus grandes encore dans l'ordre social.

C'est pour cela que, appelé à remplacer celui

CHEZ LES ANCIENS. ô

dont la voix est si éloquente et si élevée (1), dans les conférences religieuses qui ont eu lieu ici tous les ans , je crois n'avoir rien de mieux à faire que de vous exposer, dans toute leur vérité , les principes, les progrès, les conséquences de la raison philosophique et de la raison catholique dans leur rapport avec la religion.

Aujourd'hui, je ne m'arrêterai qu'à la raison philosophique des temps anciens; c'est dans les prochaines conférences que je m'occuperai de la raison catholique et de la raison philosophique dfes temps modernes, et, dans la suite, de là manière dont l'une et l'autre a envisagé les principaux points du christianisme; afin que, convaincus delà vanité, de la misère, du danger de la raison philosophique, qui promet toute vérité et n'aboutit qu'à l'erreur, nous choisissions, pour notre part, la raison catholique, qui seule a le bonheur d'éviter l'erreur, de posséder la vérité, parce qu'elle se fonde avant ton! sur l'enseignement et les doctrines de J. C; Ipsum audite. C'est, M. T. G. F., le sujet de mes conférences et de celle d'aujourd'hui.

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